Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
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Absence d'attaques

Deux cas particuliers

 

 

 

Selon le plan suivant : cas des figues ayant subi la touche ; cas des figues pollinisées.

 

CAS DES FIGUES AYANT SUBI LA TOUCHE

 

F. SILVESTRI a constaté dans la province de Naples que les figues ayant subi la touche ne sont pas attaquées par Silba adipata McAlpine.

La touche de la figue est l'opération qui consiste à déposer avec une pointe, par exemple celle d'une plume, une goutte d'huile dans l'ostiole des figues proches de la maturité, mais pas encore mûres, pour en hâter de quelques jours la maturité. Elle se pratique en août dans la région de Naples.

Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

F. SILVESTRI considère donc qu'il s'agit d'un moyen de lutte indirect et involontaire contre la mouche noire du Figuier.

Cependant, il fait remarquer que cette pratique n'est pas encouragée par les producteurs de figues car elle donne des fruits mûrs de moindre qualité et plus sensibles aux altérations. Il ajoute qu'elle ne pourrait pas être utilisée sur les petites figues immatures car elle les ferait rapidement tomber.

Cette observation de F. SILVESTRI, que je trouve très intéressante au plan de l'observation des moeurs de Silba adipata McAlpine, me paraît cependant n'avoir qu'une portée pratique très limitée, voire nulle, pour la lutte contre celle-ci.

En effet, la touche de la figue ne se pratique que sur des figues qui ont commencé à mollir et à virer vers la couleur de maturité et, à ce stade, les figues ne sont plus attaquées par Silba adipata McAlpine (voir chapitre "Absence d'attaques des figues mûres ").

 

CAS DES FIGUES POLLINISEES

 

Hassen AFLI, ingénieur agronome, a étudié en 2016 la dynamique des populations pré-imaginales de Silba adipata McAlpine dans deux biotopes de la Tunisie : Djebba (nord-ouest, altitude 404 m) et Chott Meriem (littoral centre est, altitude 22 m).

Référence : AFLI H., 2016, Dynamique des populations pré-imaginales de la mouche noire du figuier Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae) dans les régions de Djebba et Chott Meriem, mémoire de fin d’études, Institut Supérieur Agronomique de Chott Meriem, Tunisie.

L'auteur indique que les variétés de figuier plantées dans ces biotopes nécessitent la caprification et, qu'au cours de son étude, il a vérifié l’effet de la caprification sur les attaques de Silba adipata McAlpine.

Il a marqué 105 figues pollinisées des variètés unifères et de deuxième récolte des variétés bifères dans les deux biotopes d’étude (70 à Djebba et 35 à Chott Meriem).

Marquage des figues pollinisées (étude de Silba adipata McAlpine)

Marquage des figues pollinisées (crédit : Hassen AFLI)

La reconnaissance des figues immatures pollinisées s'est effectuée en utilisant le paramètre de couleur, selon la méthode indiquée par Jacques VIDAUD.

Référence : VIDAUD J., BACCAUNAUD M., BAUD P., CARAGLIO Y., HONORÉ F., HUTIN C., PÊCHEUR G., ROGER J. P., 1997, Le Figuier, Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes, Paris, 264 p.

Selon les indications de Jacques VIDAUD (page 55 de l'ouvrage), il existe une correspondance étroite entre la couleur de la figue d'été et son état.

Lorsque la surface extérieure de la figue est brillante et de couleur vert clair, elle correspond à des fleurs femelles vierges (absence de blastophages à l’intérieur de la figue).

Alors que lorsque la surface de la figue est mate et de couleur vert foncé, les fleurs sont pollinisées (présence de blastophages à l'intérieur de la figue).

Les figues pollinisées marquées ont été comptées au cours de visites hebdomadaires, jusqu'à l'approche de la maturité.

Et Hassen AFLI  a constaté que les figues immatures pollinisées ne sont pas attaquées par Silba adipata McAlpine.

Il a remarqué aussi pour toutes les observations effectuées au laboratoire sur les figues infestées des variétés unifères que celles-ci se caractérisent par l’absence de blastophages.

Il faut noter que cette observation conforte la précédente, mais ne lui est pas équivalente.

En effet, l'auteur constate pour les variétés unifères l'absence de blastophages pour les figues attaquées, mais l'absence de blastophages peut se constater aussi dans des figues non attaquées. Il existe trois cas : présence de blastophages = figues non attaquées, absence de blastophages = figues attaquées ou figues non attaquées.

Hassen AFLI considère la caprification comme un mode de résistance contre l’attaque de Silba adipata McAlpine.

En effet, toute figue non visitée par le blastophage est destinée à chuter au sol du fait de l'absence de pollinisation, qu'elle ait été attaquée ou non par Silba adipata McAlpine.

Mais parmi les figues visitées par le blastophage, donc pollinisées, une partie serait attaquée par Silba adipata McAlpine et chuterait aussi au sol si la pollinisation n'empêchait pas les attaques de celle-ci.

Hassen AFLI conseille de fournir un nombre important de fruits de caprifiguier au niveau de chaque figuier domestique pour assurer la pollinisation.

Remarque : rapport entre le taux de caprification (taux de figues pollinisées) et le taux d'infestation (taux d'attaques de SiIlba adipata McAlpine).

Le taux d’infestation (taux d’attaques) n’influe pas sur le taux de caprification. Un faible taux de caprification (taux de figues pollinisées) ne peut pas s’expliquer par le taux d’infestation (taux d’attaques).

Alors que le taux de caprification influe sur le taux d’infestation (taux d’attaques). Ainsi, un faible taux d’attaques (taux d’infestation) peut s’expliquer par un fort taux de caprification. 

Il faut aussi garder à l'esprit que n % de taux d’infestation ne signifie pas (100 - n) % de figues pollinisées, mais nettement moins le cas échéant. 

En effet, les n % de figues infestées sont non pollinisées, mais les (100 - n) % de figues non infestées regroupent les figues pollinisées (qui n’ont pas chuté et qui évoluent vers la maturité) et les figues non pollinisées et non attaquées (qui ont chuté au sol du fait de l’absence de pollinisation).

Ainsi, un taux d’infestation de 62 % peut correspondre à 20% de figues pollinisées et 80 % de figues non pollinisées, dont 62 % infestées (attaquées) et 18 % non infestées (non attaquées).

Et un taux d’infestation de 96 % peut correspondre à 1 % de figues pollinisées et 99 % de figues non pollinisées, dont 96 % infestées et 3 % non infestées.

 

 

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