Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

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Le vol

 

 

 

Je présente ci-après mes observations relatives au vol de Silba adipata McAlpine, selon le plan suivant : caractéristiques du vol, vol en groupe, observation d'essaims.

 

CARACTERISTIQUES DU VOL

 

F. SILVESTRI note que la mouche noire du Figuier vole vivement.

Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Je l'observe moi aussi. Et j'ai remarqué que l'on ne l'entend pas lorsqu'elle vole (je le précise car c'est une question que l'on se pose quand on ne connaît pas la mouche noire du Figuier).

On arrive cependant à déceler sa présence en vol malgré sa très petite taille car son vol, très vif, est fait de va-et-vient de 30 à 50 cm de longueur dans tous les sens, ce qui induit beaucoup de mouvements que l'on ne peut pas manquer à la périphérie du figuier.

 

Silba adipata McAlpine : vol à la périphérie d'une touffe de figuier

 

Arrivée très près du feuillage ou du rameau, Silba adipata McAlpine effectue des va-et-vient beaucoup plus courts (de l'ordre de 5 cm) et progressivement plus lents, avant de finir par se poser.

Ci-après, exemple d'un vol d'approche avant pose sur le revers d'une feuille de figuier.

 

Silba adipata McAlpine : vol d'approche et pose sur le revers d'une feuille de figuier

 

Second exemple sur vidéo : une mouche noire du Figuier vole très vivement autour d'un rameau brisé, avant de ralentir pour se poser mais, sans doute effarouchée, elle s'enfuit très rapidement au loin par la droite.

 

Silba adipata McAlpine : vol à proximité d'un rameau brisé, avant de s'enfuir au loin

 

Dans le figuier, Silba adipata McAlpine utilise souvent de courts vols de quelques centimètres pour se déplacer d'un point à l'autre d'un rameau (voir chapitre "Déplacements dans le figuier").

 

VOL EN GROUPE

 

Je n'ai jamais observé plus de trois adultes volant ensemble. Le vol par trois est rare, le vol par deux l'est moins, et le vol isolé est le plus fréquent.

Le vol en groupe est un entremêlement des tourbillons de va-et-vient de chacun des individus, qui densifie la zone des mouvements par laquelle on repère les mouches noires du Figuier.

Je peux rapporter deux observations de type différent concernant le vol en groupe de Silba adipata McAlpine (deux à trois individus).

La première concerne l'activité courante de nutrition à la périphérie du Figuier. Silba adipata McAlpine a un comportement grégaire. Ainsi, lorsqu'un individu en vol en frôle un autre posé sur un rameau ou sur le revers d'une feuille, ce dernier s'envole le plus souvent et se joint à lui en un duo tourbillonnant. Cela est visible sur la première vidéo de la présente page.

La seconde est une observation ponctuelle. En juin 2019, j'étais sur mon poste d'observation près de mon figuier 'Bellone', afin de contrôler l'efficacité de mico-pièges pourvus de glu et appâtés par du latex de figuier frais.

J'ai alors été surpris par l'arrivée de deux individus de Silba adipata McAlpine que j'ai distinctement vus venir de l'extérieur du figuier. Avec leur façon de voler caractéristique, ils ont plongé à haute vitesse vers un micro-piège.

Ils ont semblé toucher le piège, mais se sont écartés brusquement au dernier moment, sans se poser sur celui-ci. Puis, partant d'une distance d'environ 1 m, ils ont strictement répété la même opération, avant de quitter le figuier sans se séparer.

J'en ai déduit que la glu avait joué un rôle répulsif, mais j'étais impressioné par la parfaite synchonisation des vols de ces deux mouches noires du figuier.

Silba adipata McAlpine : vol lors d'activités de nutrition sur un figuier

Silba adipata McAlpine : vol lors d'activités de nutrition sur un figuier

 

Silba adipata McAlpine : vol lors d'activités de nutrition sur un figuier

Silba adipata McAlpine : vol lors d'activités de nutrition sur un figuier

 

OBSERVATION D'ESSAIMS

 

OBSERVATIONS DE B. I. KATSOYANNOS

B. I. KATSOYANNOS, qui étudiait  la formation d'essaims de Lamprolonchaea smaragdi  Walker dans l'île de Chios (Grèce), en 1982, a eu l'opportunité d'observer un  essaim de Silba adipata McAlpine, seulement une seule fois, le 20 août 1982 à 17 h.

Référence : KATSOYANNOS B. I., 1983, Swarming of Lamprolonchaea smaragdi Walker (Diptera, Lonchaeidae) and a few other Diptera observed in Chios, Greece, Bulletin de la Société Entomologique Suisse, vol. 56, pp. 183-185.

Le vol en essaim s'est produit dans un espace libre d'environ 2 m entre deux grosses branches d'un figuier. L'essaim était constitué d'environ 20 individus volant très rapidement. 

L'essaim a dansé principalement dans l'ombre et a été difficile à observer en raison de la rapidité du vol et, contrairement au cas des essaims de Lamprolonchaea smaragdi Walker qui ont été observés au soleil, de l'absence de brillance des corps.

Sur les 8 spécimens pris par un coup de filet, un seul était une femelle.

B. I. KATSOYANNOS précise que cet essaim répondait au modèle de ceux observés pour Lamprolonchaea smaragdi Walker.

Je reproduis ci-après la description de ce modèle.

Les mouches dans l'essaim se déplacent extrêmement vite, en un vol tourbillonnant en forme de spirale. L'axe du mouvement est dans le plan horizontal plutôt que dans le plan vertical. La forme globale de l'essaim est plutôt elliptique, occupant un espace de 1 à 2 m de diamètre.

L'essaim est habituellement plus ou moins stationnaire, cependant, de temps en temps, il change légèrement d'emplacement, en se déplaçant horizontalement ou verticalement.

B. I. KATSOYANNOS ne fournit pas d'explication pour la formation des essaims, évoquant simplement un comportement des mâles en relation avec l'accouplement, hypothèse développée par ailleurs par plusieurs auteurs.

Quelques informations complémentaires sur les essaims de Lamprolonchaea smaragdi Walker.

Ils se situaient entre 1 et 3 m du sol, presque toujours en plein soleil. La plupart d'entre eux ont été observés par temps calme, avec des températures de 22 à 28°C.

Mais les essaims ont été visibles aussi les jours de vent léger à modéré. Ils ne sont pas apparus un jour de vent fort et lors de deux journées de temps nuageux.

Les individus capturés par coups de filet dans les essaims au cours de deux années d'observation étaient des mâles, à l'exception d'une seule femelle.

Il me paraît intéressant de souligner que l'auteur a observé les essaims de Lamprolonchaea smaragdi Walker aux mêmes endroits, d'un jour à l'autre. Et de noter que ses observations principales portaient sur deux essaims voisins de 5 à 10 m, et situés dans un espace libre entre, et sous, les branches d'un gros figuier et de deux gros mûriers, le feuillage du figuier touchant celui d'un des mûriers.

 

MES OBSERVATIONS

Je réalise régulièrement des observations de groupes de mouches moires du Figuier qui volent entre deux arbres de façon similaire à celle décrite par B. I. KATSOYANNOS, mais je ne les qualifie pas d'essaims car ces groupes ne comportent que deux à trois individus.

Les individus du groupe réalisent des vols répétitifs, plus ou moins dans le plan horizontal et limités à un espace elliptique d'amplitude d'environ 2 m, à 1,50 m de hauteur.

Le groupe est plutôt stationnaire, mais à l'intérieur de celui-ci les mouches noires conservent en permanence leur façon de voler caractéristique, très rapide et en zigzags.

Je peux observer le phénomène pendant de longs moments, parfois plus d'une heure, à la fin de l'après-midi, lorsque le crépuscule est avancé.

Au cours de la saison, je réalise ces observations à deux endroits : entre mon figuier de la variété 'Bellone' et un plaqueminier du Japon (en juin), et entre un olivier et un Grevillea robusta A.Cunn. ex R.Br., près d'une haie, à 30 m de mes figuiers (à certaines périodes de l'été).

Je pense que les individus de Silba adipata McAlpine regroupés en vol sont des mâles qui attendent des femelles, ou des mâles et des femelles juste avant l'accouplement (ou en cours d'accouplement).

 

OBSERVATIONS DE LAMPROLONCHAEA SMARAGDI WALKER

Je n'ai jamais observé un individu vivant de Lamprolonchaea smaragdi Walker dans mes figuiers, ou sur d'autres fruitiers (directement ou par photographies). Il serait pourtant facile à identifier, notamment sur les photographies, les parties supérieures et latérales de son thorax et de son abdomen étant vert métallique.

Mais j’en capture tous les ans quelques individus dans les pièges de type McPhail posés sur mes figuiers (chargés avec une solution aqueuse à 40 g/l  de phosphate diammonique ou de sulfate d'ammonium).

Lamprolonchaea smaragdi Walker

Lamprolonchaea smaragdi Walker

J’ai noté qu’Eugène SÉGUY indique déjà en 1934 que l'espèce Lonchaea aurea Macquart, 1851 (synonyme de Lamprolonchaea smaragdi Walker, 1849) a été signalée dans le Var, à Caillan.

Référence : SÉGUY E., 1934, Diptères (Brachycères), Faune de France, vol. 28, page 178, Paris.

L'auteur indique que l'espèce dépose ses oeufs dans divers fruits déjà infestés par d'autres insectes, par exemple les figues attaquées par la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann).

D'autre part, Fabian COUSINIÉ, qui a effectué en 2017 son stage de licence professionnelle au CIVAMBIO 66 avec pour sujet l'expérimentation du piégeage de masse de Silba adipata McAlpine, m'a indiqué qu'il avait identifié une dizaine d'individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker dans les pièges posés.

 

La marche de Silba adipata McAlpine est décrite, avec vidéos, dans un chapitre spécifique.

 

 

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