Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
Tous droits réservés 

 

 

Expérience d'attractivité

Latex versus phosphate d'ammonium

 

 

 

Pour montrer l'intensité de l'attractivité du latex pour la mouche noire du Figuier, je rapporte ci-après une expérience comparative entre l'attractivité du latex et celle du phosphate d'ammonium.

 

OBJECTIF

Le 23 juillet 2016, j'ai procédé au renouvellement mensuel des sticks jaunes englués posés sur mes figuiers pour limiter la pression de la mouche noire du Figuier.

Au moment de poser le stick neuf sur la touffe de la variété 'Bellone', j'eus l'idée de le placer dans une zone de fréquentation habituelle de la mouche noire du Figuier. Jusqu'alors, il était placé à l'opposé, plus haut en périphérie de la touffe.

Sachant par mes expériences précédentes que je pouvais regrouper par le latex dans cette zone jusqu'à six mouches noires, je me suis demandé quelle pouvait être l'interférence de l'appât alimentaire en poudre contenu dans le stick jaune englué (phosphate d'ammonium) sur l'attractivité du latex.

Et j'en suis venu à me demander lequel des deux composants, latex ou phosphate d'ammonium, serait le plus attractif. Je décidai alors de procéder à une nouvelle expérience.

 

DISPOSITIF

J'ai ouvert au maximum les trous situés en haut du sick jaune et j'ai suspendu celui-ci à un rameau de la jeune tige de périphérie utilisée pour mes expériences précédentes, à une hauteur d'environ 0,60 m.

Ce n'était pas la bonne hauteur requise pour les sticks (environ 2 m), mais cela me permettait de placer le stick sur la tige périphérique particulièrement fréquentée par les mouches de la figue.

Suspension d'un stick jaune englué sur la jeune tige périphérique

Suspension d'un stick jaune englué neuf sur la jeune tige périphérique

Il était environ 17 heures et la tige périphérique était à la mi-ombre.

Suspension d'un stick jaune englué sur la jeune tige périphérique

Suspension d'un stick jaune englué neuf sur la jeune tige périphérique
(les feuilles vont être arrachées pour créer des suintements de latex)

Le stick en étant à sa première utilisation, je savais qu'il pouvait être particulièrement attractif. J'avais pu m'en rendre compte l'année précédente, lorsque j'avais posé un stick jaune neuf sur un Kaki sur lequel j'avais compté six mouches méditerranéennes des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann). Au bout d'une heure, j'avais constaté que cinq d'entre elles étaient engluées sur le stick, ce dernier étant exempt de toute autre mouche.

Une fois le stick jaune suspendu à un court rameau de la jeune tige périphérique, j'ai arraché pratiquement toutes les feuilles (encore vertes) qui restaient sur celle-ci, de façon à créer des points de suintement de latex au niveau de leurs zones d'attache. En particulier sur le rameau où était suspendu le stick jaune.

J'ai ensuite déposé sur ce rameau le latex perlant à la base des pétioles des feuilles arrachées, à 5 cm du crochet du stick jaune.

Dépôt de latex sur le dessus du rameau auquel est suspendu le stick jaune

Dépôt de latex sur le dessus du rameau auquel est suspendu le stick jaune
(noter que les feuilles ont été arrachées pour créer en sus des suintements de latex)

 

PARCOURS DU RAMEAU PAR DEUX MOUCHES

A ma relative surprise, aucune mouche noire du Figuier ne s'est précipitée immédiatement sur la jeune tige périphérique.

J'ai dû attendre un quart d'heure pour en voir apparaître une, qui s'est posée sur la zone d'attache d'une feuille arrachée, au niveau de la région apicale du rameau portant le stick jaune. Une seconde mouche noire l'a rapidement rejointe.

Les deux mouches ont commencé à consommer le latex suintant sur la zone d'attache de la feuille arrachée, ignorant le stick jaune ainsi que le dépôt de latex sur le dessus du rameau.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement dans
 la zone apicale du rameau, au-dessus du stick jaune englué (grossissement : x 1,5)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement dans
 la zone apicale du rameau, au-dessus du stick jaune englué (grossissement : x 4)

Les deux mouches ont consommé du latex sur ce point de suintement pendant plusieurs minutes, puis, nullement attirées par le stick jaune, elles se sont dirigées à la marche en direction de la base du rameau.

Elles se sont arrêtées sur le point de suintement de latex suivant, au niveau du crochet du stick jaune où une feuille avait été arrachée. Elles y ont consommé du latex à nouveau quelques minutes.

Bien que positionnées dans le cercle du crochet de suspension du stick, à moins de 5 cm des trous grands ouverts diffusant du phosphate d'ammonium, les deux mouches ont ignoré totalement le stick jaune.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement au niveau
du crochet de suspension du stick jaune englué (grossissement : x 2)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur un point de suintement au niveau
du crochet de suspension du stick jaune englué (grossissement : x 4)

Les deux mouches, confirmant leur non attirance pour le stick jaune, ont ensuite continué à se diriger à la marche vers la base du rameau, en s'éloignant du crochet du stick.

L'une d'elles s'est arrêtée sur un troisième point de suintement de latex, sur le dessous du rameau, et l'autre est montée sur le dessus du rameau et a atteint le latex que j'avais déposé en surface. Toutes deux ont commencé une nouvelle phase de consommation de latex.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 3)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 7)

 

CONSOMMATION DU LATEX PAR TROIS MOUCHES

Une dizaine de minutes après, une troisième mouche noire a rejoint les deux autres en se posant près du dépôt de latex sur le dessus du rameau, ignorant elle aussi le stick jaune situé juste au-dessous.

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 2,5)

 

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex

Trois mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau
auquel est suspendu le stick jaune englué (grossissement : x 7)

Les trois mouches moires du Figuier ont consommé du latex pendant environ un quart d'heure.

 

BALLET DE QUATRE MOUCHES

Un ballet qui a duré trois quarts d'heure s'est ensuite ouvert.

Une des mouches a quitté l'endroit, alors que les deux autres continuaient à consommer côte à côte le reliquat du dépôt de latex de façon particulièrement appliquée.

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(noter que l'amas de latex déposé a considérablement diminué ; grossissement : x 3)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(noter que l'amas de latex déposé a considérablement diminué ; grossissement : x 9)

Les mouches se sont envolées et sont revenues à tour de rôle au même niveau du rameau, ce dernier n'étant jamais exempt de mouches. J'ai pu en permanence observer de une à trois mouches consommant du latex.

Sur les photographies en gros plan, j'ai pu identifier tantôt deux mâles, tantôt deux femelles, posés simultanément. Cela indique, qu'en fait, quatre mouches étaient impliquées dans le ballet (deux mâles et deux femelles).

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(noter que l'amas de latex déposé a pratiquement disparu ; grossissement : x 3)

 

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex

Deux mouches noires du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(pendant le ballet des quatres mouches ; grossissement : x 13)

Vers 19 heures, soit deux heures après le début de l'expérience, lorsque j'ai décidé de quitter la touffe de figuier, une mouche consommait encore le reliquat du latex, sans être attirée par le stick jaune.

Mouche noire du Figuier consommant du latex

Mouche noire du Figuier consommant du latex sur le rameau auquel est suspendu le stick jaune englué
(19 h, après deux heures d'observation ; grossissement : x 3,5)

 

RECAPITULATIF DES OBSERVATIONS

Pendant deux heures, de une à trois mouches noires du Figuier ont consommé le latex avec application, parfois un quart d'heure sans discontinuer, en ignorant totalement le stick jaune englué dont les trous de diffusion du phosphate d'ammonium, grands ouverts, se situaient à quelques centimètres au-dessous.

Sur le rameau auquel était suspendu le stick jaune, deux mouches ont visité successivement trois points de suintement de latex et le dépôt de latex sur le dessus, en partant de la région apicale et en marchant vers la base du rameau. Sans jamais prêter attention au stick jaune.

Au cours des envols et des retours successifs sur le rameau auquel était suspendu le stick jaune, qui ont impliqué quatre mouches, aucune mouche ne s'est approchée du stick jaune en vol, a fortiori ne s'est posée dessus.

 

CONCLUSIONS

Il ressort donc de cette expérience que le latex de figuier est beaucoup plus attractif que le phosphate d'ammonium pour Silba adipata McAlpine. En présence de latex, celle-ci ignore le phosphate d'ammonium.

Pour autant, il ne faut pas déduire de l'expérience que le phosphate d'ammonium contenu dans les sticks jaunes n'est pas attractif pour Silba adipata McAlpine.

En effet, avant de partir, j'ai suspendu le stick jaune à un rameau périphérique situé à 2 m de hauteur, au-dessus de la jeune tige sur laquelle j'avais conduit l'expérience.

Je suis passé vérifier le stick jaune deux jours après et j'ai constaté qu'une mouche noire du Figuier y était engluée.

Le jour suivant, soit trois jours après l'expérience, j'ai relevé la présence sur le stick jaune d'une deuxième mouche de la figue.

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif

Mouche noire du Figuier engluée sur un stick jaune attractif (au centre, en bas)
(les ailes ont conservé leur position caractéristique fermée et en recouvrement ; grossissement x 1,5)

Ainsi, lorsque le latex disparaît par consommation ou parce qu'il sèche, le stick jaune redevient attractif, comme le montre l'engluement sur le stick jaune de deux mouches noires du Figuier dans les trois jours suivant l'expérience.

Mais il ressort que l'attractivité du stick jaune n'est pas optimale, car, dans le cas contraire, j'aurais dû constater un nombre plus élevé de mouches noires engluées dans les trois jours qui ont suivi l'expérience, sachant que quatre mouches ont été impliquées dans l'expérience relatée et que la zone avait été fréquentée par six mouches noires deux jours avant.

Ce constat rejoint mes observations plus générales concernant l'efficacité des sticks jaunes.

En effet, selon mon expérience, je considère le stick jaune englué diffusant du phosphate d'ammonium comme un outil de limitation de la pression de la mouche de la figue et non comme un moyen de lutte efficace permettant de l'éliminer.

 

 

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