Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
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Lutte par ensachage des figues

 

 

 

J'ai pensé à ce procédé au cours de mes longues heures de traque photographique au pied des figuiers.

Il concerne la culture du figuier par les amateurs. Pour les professionnels, il semble engendrer un coût de main d'oeuvre prohibitif, mais je laisse y réfléchir les plus concernés d'entre eux, notamment ceux qui pratiquent la culture en mode biologique.

A ma connaissance, ce procédé n'est pas pratiqué pour les figues.

Je livre ci-après mes réflexions et les résultats des premiers tests selon le plan suivant : spécifications, temps de traitement, essai n° 1.

 

SPECIFICATIONS

 

Il ne s'agit pas de l'ensachage avec des sachets opaques, qui est à proscrire car il ne permet pas de connaître le niveau de maturité des figues et il ne laisse pas passer le soleil.

La technique employée pour les pommes et les poires consistant à ouvrir le sac opaque quinze jours avant la récolte pour que le fruit se colore correctement est inadaptée pour la figue, à maturité très échelonnée sur le même arbre.

De plus, ce procédé permettrait à la mouche noire du Figuier d'attaquer les figues immatures et conduirait à une attaque de 100 % des figues par la mouche méditerranéenne des fruits, qui commence ses attaques virulentes dès le stade de la véraison (figue ayant juste tourné vers la couleur de maturité et à peine amollie).

L'idéal serait l'utilisation de sachets à maille très fine, laissant pénétrer le soleil. (gaze ou tout matériau d'utilisation plus récente : polyéthylène, polypropylène, polyamide, polyoléfine...).

La maille doit être assez fine pour éviter que l'ovipositeur ne puisse passer au travers. C'est la différence avec le filet anti-insectes, dont le maillage empêche la mouche noire d'entrer dans l'arbre, mais ne lui interdit pas de pondre si l'ostiole est en contact avec le filet.

L'avantage de ce type d'ensachage vaudrait aussi contre les attaques des mouches qui pondent dans l'infrutescence de la figue à travers l'épiderme (tout en pondant aussi  dans l'ostiole).

Il s'agit principalement de Ceratitis capitata Wiedemann et, dans une moindre mesure, de Drosophila suzukii Matsumura car celle-ci n'attaque que les figues en surmaturité, même si elle peut attaquer les figues saines et mûres de certaines variétés.

Je ne sais pas si un matériau à maille aussi fine existe, mais, dans la négative, il faudrait envisager de le fabriquer...

Je m'interroge toutefois sur le degré de filtrage du soleil par un maillage aussi fin. Laisserait-il passer assez de soleil pour assurer un bon développement de la figue ? Et serait-il assez transparent pour que l'on puisse déterminer le degré de maturité de la figue ?

Dans un article paru sur le site de la SNHF, Daniel Veschambre, ingénieur horticole, propose pour l'ensachage des fruits tels pomme, poire, raisin, la confection de sacs en intissé soudé, à réaliser soi-même.

La feuille d’intissé de 30 cm x 60 cm est pliée en deux et soudée avec un fer à repasser à sec réglé sur « coton », l’intissé étant protégée par du papier sulfurisé. Le sac ainsi formé est bloqué sur le rameau portant le fruit, avec un lien ou une attache plastique bien serrée.

La méthode pourrait être transposée au figuier et permettrait d'ensacher les figues individuellement.

Je m'interroge toutefois sur la résistance de l'intissé au passage de l'ovipositeur et sur l'effet de surchauffe à l'intérieur des sachets pendant la période estivale.

La solution la plus simple serait peut-être d'utiliser des sachets en plastique transparent assez solide pour résister à l'ovipositeur et munis de micro-perforations en partie basse (hors zone de contact avec la figue) pour l'aération.

La difficulté serait alors de concevoir un système de lien adapté à la pose rapide sur figues.

Quel que soit le matériau utilisé pour le sachet, l'ensachage pourrait s'effectuer figue par figue, avec un dispositif de fermeture pratique de type adhésif, "scratch" ou de type fil solide coulissant, dans tous les cas assez souple pour supporter l'accroissement du col de la figue jusqu'à la maturité.

Le sachet doit évidemment être assez gros pour permettre l'accroissement maximal de la figue, même si la pose s'effectue sur de toutes petites figues de diamètre 1,5 cm, taille minimale que j'ai constatée pour que Silba adipata McAlpine attaque la figue.

Il serait peut-être possible de mettre au point un appareil, manuel ou électrique, de pose de sachets réutilisables.

Pour Silba adipata McAlpine, la fermeture du sachet au niveau du col de la figue suffirait car elle ne pond que dans l'ostiole.

Ce procédé (par exemple un élastique, qui serait facile à poser sur les toutes petites figues) ne suffirait pas pour Ceratitis capitata Wiedemann car, compte tenu de ce que j'observe sur sa frénésie de ponte dans les figues, je n'ai aucun doute sur le fait qu'elle pondrait systématiquement sur la partie extrême du col de la figue non protégée par le sachet, même sur une longueur de 1 à 2 mm.

Pour l'en empêcher, on pourrait songer à un dispositif qui engloberait le col de la figue en totalité et se fermerait autour du rameau, le sachet protecteur se glissant entre la figue et le pétiole de la feuille.

Compte tenu du mode de fructification du figuier, qui fait naître les figues au fur et à mesure de l'allongement de la partie supérieure du rameau, l'ensachage de groupes de figues semble difficile, sous réserve tout de même d'une expérimentation sur des rameaux à certains stades de développement.

J'ai toutefois relevé sur l'Internet de l'hémisphère sud des expériences de protection par enveloppement de rameaux de figuier incluant des feuilles, que je n'ai pas encore étudiées.

 

TEMPS DE TRAITEMENT

 

La première idée qui vient à l'esprit en entendant "ensachage" pour les figues est qu'il s'agit d'un travail important, difficile à mettre en oeuvre.

C'est vraisemblablement le cas pour les professionnels, mais je pense qu'il n'en est rien pour les amateurs.

J'ai l'habitude d'examiner la totalité des figues une à une sur mes touffes de figuier pour y observer les trois principales espèces de mouches qui y sévissent. Et cela n'a rien d'interminable.

Il est vrai que mes arbres sont conduits en touffe ou en gobelet très ouvert de 3 m de hauteur et que je circule assez rapidement autour de la touffe ou du gobelet sur tronc court.

Considérons un figuier portant 300 figues, ce qui est déjà une récolte satisfaisante pour un amateur si tous les fruits sont sains.

La meilleure configuration est le figuier conduit de façon à ce que tous les fruits soient accessibles à partir du sol, soit directement, soit en tirant vers soi les rameaux souples avec l'instrument traditionnel du sud, un crochet de fer fixé au bout d'une canne de Provence.

Dans le cas où le figuier est conduit en hauteur, on peut choisir de ne traiter que les figues situées entre le sol et la hauteur de 3 m.

Si je compte 30 secondes en moyenne pour ensacher une figue, déplacement d'une figue à l'autre compris, je traite les 300 figues en 9.000 secondes, soit 150 minutes. C'est à dire 2 h 30.

Ce temps de travail apparaît négligeable à tout amateur qui souhaite sauver sa récolte de la mouche de la figue...

Et je pense que s'il vise une récolte encore plus importante, il consacrera volontiers l'équivalent d'une journée de travail de 8 h 30 pour sauvegarder 1.000 figues.

Naturellement, compte tenu du mode de fructification du figuier, le temps de travail est à répartir sur plusieurs interventions au fur et à mesure de l'accroissement du nombre de fruits, mais il n'en est pas augmenté pour autant.

 

ESSAI N° 1 : SACS EN PAPIER BLANC AVEC LIENS EN PLASTIQUE ARME

 

Produit "Fruitsac", acheté chez Baumaux.

Il s'agit de sacs en papier sulfurisé blanc microperforé, assez fin (légèrement transparent) mais relativement rigide, de dimensions 17 cm x 21 cm (c'est la plus petite des deux tailles de produit proposées).

Les liens séparés sont en plastique blanc armé de longueur 15 cm et de largeur 0,4 cm.

Tests d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine : sacs et liens pour essai n° 1

Tests d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine : sacs et liens pour essai n° 1

J'ai testé dans un premier temps l'ensachage d'une dizaine de figues au stade de la véraison.

Elles ont mûri correctement à l'intérieur des sacs et j'ai pu les consommer mûres à point 4 jours après.

Puis, j'ai testé l'ensachage de figues immatures de grandes dimensions.

Mais, compte tenu de la difficulté de pose des sacs, intrinsèquement rédhibitoire, je n'ai pas poursuivi l'expérimentation.

Essai n° 1 d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine

Essai n° 1 d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine

 

Essai n° 1 d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine

Essai n° 1 d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine

Les dimensions du sac, très importantes par rapport au volume de la figue même à complet développement, font que la pose n'est pas pratique pour les figues séparées les unes des autres par de très courts entre-noeuds.

Les dimensions des sacs devraient être réduites de façon significative pour la pose sur figues.

Mais c'est la rigidité relative du papier et le système de fermeture qui rendent la pose vraiment malaisée.

Le papier étant relativement rigide, au niveau du col où l'on doit poser le lien, il s'écarte et il faut le maintenir serré pour parvenir à poser le lien.

Il faut aussi maintenir serré le lien au niveau où on le ferme, sinon il est difficile à enrouler sur lui-même.

Réaliser les deux opérations en même temps n'est pas chose facile d'autant plus que l'espace entre la figue et le rameau est réduit.

De ce fait, il faut s'y reprendre à plusieurs fois et cela consomme beaucoup de temps. J'ai même fait tomber la figue à deux reprises en voulant effectuer la manipulation de façon trop rapide.

Toutefois, la masse de papier au niveau du col une fois le lien bien serré dépasse largement celui-ci. Cela pourrait éviter que Ceratitis capitata Wiedemann ne puisse pondre dans l'épiderme au niveau du col lorsque la figue a atteint le stade de véraison.

Mais, compte tenu que le papier fait beaucoup de plis au niveau de la fermeture, je ne suis pas certain que l'on puisse serrer suffisamment le lien pour qu'il ne reste pas des micro-espaces qui permettent à Silba adipata McAlpine (figue immature) et à Ceratitis capitata Wiedemann (figue au stade de la véraison ou mûre) de pénétrer dans le sac et de pondre dans la figue.

La rigidité relative du papier pourrait pourtant être considéré comme un point fort car elle évite qu'il ne se plaque sur la figue, en donnant un effet bouffant au sac.

Ainsi, les mouches qui se poseraient sur celui-ci se trouvent trop éloignées de la figue pour qu'elles puissent y pondre, dans le cas où l'ovipositeur pourrait transpercer le papier ou être introduit par les micro-perforations de celui-ci (ce que je n'ai pas pu vérifier).

Je ne connaissais pas le degré de transparence exact des sacs avant de réaliser le test. Je constate que ceux-ci sont translucides, mais insuffisamment pour que l'on puisse juger de la maturité de la figue.

Essai n° 1 d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine

Essai n° 1 d'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine
(le sac est insuffisamment translucide pour que l'on puisse juger de la maturité de la figue)

En conclusion, le produit "Fruitsac" testé ne me paraît pas adapté à l'ensachage des figues contre Silba adipata McAlpine (ni contre Ceratitis capitata Wiedemann).

 

 

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