Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

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Lutte par le choix variétal

 

 

 

F. SILVESTRI, en 1917, affirme ne pas croire en l'efficacité des substances chimiques contre la mouche noire du Figuier et il propose une lutte indirecte basée sur le choix des variétés cultivées. Dans l'objectif d'éviter les attaques plutôt que d'avoir à les combattre.

Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bolletino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Au cours de son étude de la mouche noire du Figuier, l'auteur fait état d'intéressantes observations sur l'action de celle-ci au regard des variétés de caprifiguier et de figuier domestique, que j'ai rapportées dans le chapitre "Types de figuiers attaqués".

Il tire de ces observations deux préconisations.

La première : ne pas planter de variétés de figuier domestique sensibles à la mouche noire du Figuier. Au contraire, choisir des variétés connues pour être résistantes. Mener des observations locales complémentaires pour déterminer quelles sont les variétés sensibles à la mouche noire du Figuier.

La seconde : éviter de planter des caprifiguiers, sauf dans les endroits où leur présence est indispensable pour obtenir une production de figues de réelle importance économique. Et, dans ce cas, comme pour le figuier domestique, sélectionner les variétés de caprifiguier dont les fruits présentent des caractéristiques défavorables au développement de la mouche noire du Figuier.

L'application des préconisations de F. SILVESTRI est intéressante pour le caprifiguier, même si, en France, il est peu utilisé. En effet, la quasi-totalité des variétés de figuier domestique cultivées en France n'ont pas besoin du caprifiguier car elles produisent des fruits parthénocarpiques.

Les observations de F. SILVESTRI sont corroborées à notre époque par celles de Rémi PECOUT, technicien à la Chambre d'Agriculture du Var, qui conseille notamment les producteurs de la région de Solliès-Pont, premier verger commercial de figues en France.

Celui-ci a effectivement remarqué que les caprifiguiers qui ont été expérimentés dans le Var pour amplifier la seconde récolte de la variété commerciale de type San Pedro 'Boule d'Or' (synonyme 'Dauphine') constituent un réservoir pour les mouches noires du Figuier s'ils ne sont pas traités.

Rémi PECOUT a fait la même observation avec les figuiers abandonnés, qui ne font plus l'objet de soins sanitaires.

En ce qui concerne le figuier domestique, les préconisations de F. SILVESTRI sont intéressantes, mais leur application est difficile.

En effet, les producteurs de la région de Solliès-Pont ne sauraient arrêter de cultiver la bourjassotte noire, variété sélectionnée de longue date qui fait leur succès et qui bénéficie de l'AOP "Figue de Solliès", au motif qu'elle n'est pas résistante à la mouche noire du Figuier.

De même, les amateurs de figues ne sauraient se priver dans leur jardin ou leur verger de certaines variétés traditionnelles de très haut intérêt mais qui sont très sensibles à la mouche de la figue, telles 'Grise de la Saint-Jean' (selon moi, la meilleure variété pour la région méditerranéenne, toutes qualités confondues) ou 'Bellone' (figue de caractère, que je juge de qualité exceptionnelle).

Mais il est vrai que quand la mesure d'enjeu rend le choix variétal possible, tant en culture commerciale qu'en verger d'amateur, on peut utilement prendre en compte les préconisations de F. SILVESTRI.

A la date de dernière modification du présent chapitre (2019), je n'ai pas connaissance d'existence en France de variétés de figuiers résistantes à Silba adipata McAlpine cultivées en vergers commerciaux.

Mais la classification des variétés françaises et étrangères selon une échelle de sensibilité à ce ravageur, ainsi que le recensement des variétés insensibles à celui-ci (variétés d'amateur et variétés présentant un potentiel commercial), constitueraient déjà un travail très utile.

J'ai regroupé les informations dont je dispose à ce sujet dans le chapitre "Types de figuiers attaqués".

Au-delà de ce recensement, il pourrait être envisagé de lancer un programme d'hybridation pour essayer de créer des variétés qui résisteraient à la mouche noire du Figuier et qui présenteraient une bonne valeur commerciale ou un grand intérêt pour la culture en jardin ou verger d'amateur.

 

 

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