Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
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Mouches sosies

 

 

 

Je  présente ci-après diverses mouches sosies de Silba adipata McAlpine, que j'ai rencontrées sur le Figuier.

Nyctia halterata Panzer est une petite mouche noire fréquentant le figuier, qui n'attaque pas les figues mais qui peut prêter à confusion avec Silba adipata McAlpine.

J'ai repéré une autre espèce sosie (plusieurs individus), plus proche de Silba adipata McAlpine du point de vue morphologique, lors des relevés des pièges que j'ai mis en place à titre expérimental sur certains de mes figuiers (pièges de type McPhail chargés avec une solution aqueuse à 40 g/l de phosphate diammonique). Elle n'appartient pas à la famille des Lonchaeidae et je ne l'ai pas identifiée.

J'ai par contre identifié facilement lors des relevés des captures dans les pièges quelques individus appartenant à l'espèce Lamprolonchaea smaragdi  Walker, très proche morphologiquement de Silba adipata McAlpine (quoique plus petite et de couleur verte au soleil) et qui appartient à la même famille que celle-ci (Lonchaeidae).

D'autre part, lors des observations (à l'oeil nu ou photographiques) sur mes figuiers, des individus à caractères atypiques ont retenu mon attention. Ils relèvent de la même famille que Silba adipata McAlpine (Lonchaeidae), mais leur l'appartenance à cette espèce me paraît poser question.

Il convient de souligner que parmi les mouches sosies précitées seule l'espèce Lamprolonchaea smaragdi  Walker attaque la figue (ponte), mais de façon secondaire.

Par ailleurs, je pense qu'il se peut que le figuier soit occasionnellement fréquenté par d'autres espèces de la famille des Lonchaeidae pouvant être confondues avec Silba adipata McAlpine et signalées en France (telle Silba fumosa Egger). Mais, selon mes observations et mes tests d'émergence (rejoignant ceux d'autres observateurs), elles n'attaquent pas (ponte) la figue.

 

NYCTIA HALTERATA Panzer

 

Il me semble utile d'indiquer que j'ai rencontré plusieurs fois sur des figuiers, en des lieux différents, une petite mouche noire qui n'attaque pas les figues mais qui peut prêter à confusion.

Par expérience, je sais qu'elle peut être prise pour la mouche noire du Figuier par des personnes n'ayant jamais vu cette dernière.

Il s'agit de Nyctia halterata Panzer, appartenant à la famille des Sarcophagidae.

Cette mouche ne pond pas dans la figue, mais on peut l'observer se déplaçant sur les feuilles du figuier et sur les figues.

Nyctia halterata Panzer sur figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'

Nyctia halterata Panzer sur figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

En fait, elle est légèrement plus grande que Silba adipata McAlpine (la mouche noire du Figuier) et elle se déplace plus rapidement. Contrairement à la mouche noire du Figuier, elle garde les ailes écartées en marchant.

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier, marchant ailes écartées

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier, marchant ailes écartées
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

Son abdomen paraît plus long et il porte de longs poils à son extrémité. Ses ailes aux nervures noires prononcées sont partiellement fumées alors que celles de la mouche noire du Figuier sont plus finement nervurées et sont uniformément translucides.

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

 

ESPECE SOSIE NON IDENTIFIEE

 

Fabian COUSINIÉ, qui a effectué en 2017 son stage de licence professionnelle au CIVAMBIO 66 avec pour sujet l'expérimentation du piégeage de masse de Silba adipata McAlpine, m'a indiqué au printemps 2017 avoir trouvé cette espèce dans les différents pièges qu'il relevait.

Silba adipata McAlpine (à gauche) et mouche sosie non identifiée (à droite)

Silba adipata McAlpine (à gauche) et mouche sosie non identifiée (à droite)
(crédit : Fabian COUSINIÉ,
CIVAMBIO 66)

Il a remarqué que la nervation de l'aile de l'espèce sosie est différente de celle de Silba adipata McAlpine au niveau du bord antérieur (cellules costale et sous-costale) et m'a fait parvenir une photographie de l'aile prise sous loupe binoculaire.

Mouche sosie observée à la loupe binoculaire (nervation de l'aile)

Mouche sosie observée à la loupe binoculaire (nervation de l'aile)
(crédit : Fabian COUSINIÉ,
CIVAMBIO 66)

 

Mouche sosie observée à la loupe binoculaire (nervation de l'aile)

Mouche sosie observée à la loupe binoculaire (nervation de l'aile)
(crédit : Fabian COUSINIÉ,
CIVAMBIO 66)

J'ai été surpris de l'annonce de l'existence de cette mouche sosie car, pour ma part, je ne l'avais jamais observée sur un figuier, tant à l'oeil nu que parmi les milliers de photographies de Silba adipata McAlpine réalisées au cours de plusieurs saisons d'observation de cette espèce.

Mais, lors des relevés des pièges que j'ai mis en place à titre expérimental sur certains de mes figuiers en fin d'été 2017 (pièges de type McPhail chargés avec une solution aqueuse à 40 g/l de phosphate diammonique), j'en ai trouvé moi aussi quelques individus...

Espèce sosie à identifier (individu mâle)

Espèce sosie à identifier ; individu mâle
(noter la nervation de l'aile)

 

Espèce sosie à identifier (individu mâle)

Espèce sosie à identifier (individu mâle)

 

Espèce sosie à identifier (individu mâle)

Espèce sosie à identifier (individu mâle)

J'en déduis que cette espèce n'est nullement attirée par le Figuier (feuille, figue, bois, latex...) et se trouve dans les pièges posés sur les figuiers au même titre que la mouche de l'olivier (que je n'ai jamais observée sur les figuiers...), c'est à dire par suite de l'attractivité non sélective du phosphate diammonique.

Le critère principal permettant de distinguer l'espèce sosie de Silba adipata McAlpine étant la nervation du bord antérieur de l'aile, j'ai porté une attention particulière à celle-ci lors des comptages des captures par type de mouches que j'ai effectués pendant ma campagne de tests du piégeage de masse avec des pièges de type McPhail.

Pour observer la nervation de l'aile, il faut recourir à une loupe et examiner l'aile déployée à plat à la surface du liquide contenu dans le piège. Ce n'est pas toujours visible car le liquide attractif est trouble. D'autre part, un certain nombre d'individus ne sont plus en surface, mais au fond du piège.

En cas de doute (assez fréquent), je retire les individus du piège pour les examiner.

Mais, dans la plupart des cas, au moment où la mouche quitte le liquide du piège, les ailes mouillées s'enroulent sur elles-mêmes dans le sens de la longueur et se collent au corps, rendant impossible l'examen de leur nervation.

Je place les mouches mouillées quelques instants sur du papier essuie-tout pour les débarrasser de l'essentiel de l'eau dont elles sont chargées, notamment au niveau des ailes.

Lorsque les mouches sont pratiquement sèches, je les place délicatement sur la surface de l'eau contenue dans une coupelle plate. Au moins une aile se déploie alors à plat progressivement et je peux orienter le corps avec une pince pour obtenir l'angle de photographie que je souhaite.

Deux mouches à la surface de l'eau, dans une coupelle plate

Deux mouches à la surface de l'eau, dans une coupelle plate
(pour observation de la nervation de l'aile)

Sur la photographie ci-dessous, la nervation de l'aile de l'espèce sosie apparaît distinctement et il est facile d'observer que cette nervation n'est pas celle de la famille des Lonchaeidae, dont fait partie Silba adipata McAlpine (voir la nervation de l'aile des Lonchaeidae dans le chapitre "Description détaillée").

En effet, chez l'espèce sosie, je note au moins trois différences : la première nervure radiale (R1) s'écarte nettement de la nervure sous-costale (SC) à mi-longueur pour aller rejoindre assez loin la nervure costale ;  R1 est plus épaisse que SC ;  la courbe de SC n'est pas régulière.

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée
(noter la nervation de l'aile au niveau des cellules costale et sous-costale)

La photographie ci-dessous met en évidence qu'il existe, comme chez Silba adipata McAlpine, une fracture de la nervure costale juste avant la jonction de Sc et de C, avec la présence d'une épine au niveau de cette fracture costale, plus longue que les spinules qui bordent la nervure costale.

 Aile d'une mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée

Aile d'une mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée
(noter la fracture costale à la jonction de Sc et de C, avec présence d'une épine plus longue que les spinules costales)

D'autre part, j'observe (photographie ci-dessous) que la mouche sosie présente des différences avec Silba adipata McAlpine au niveau des soies et de la pillosité : soies plus nombreuses sur le dessus de la tête ; présence de nombreuses soies sur le dessus du préscutum et du scutum ; pilosité sur l’abdomen nettement plus longue ; soies sur le bas de la face (au-dessous des antennes), vers l’avant et sur le dessous.

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée
(noter les différences au niveau des soies et de la pilosité avec Silba adipata McAlpine)

J'ai noté aussi que les pattes de la mouche sosie semblent plus longues que celles de Silba adipata McAlpine.

La taille d'un individu de l'espèce sosie (longueur du corps : 5 mm) est plus importante que la taille courante des individus de Silba adipata McAlpine (4 mm).

Mouche sosie ; espèce non identifiée

Mouche sosie ; espèce non identifiée
(noter la taille de 5 mm du corps, ainsi que la longueur des pattes)

 

Taille de la mouche sosie ; espèce non identifiée

Taille de la mouche sosie ; espèce non identifiée
(à gauche, mouche sosie : 5 mm ; au centre Silba adipata McAlpine : 4 mm ; à droite, Lamprolonchaea smaragdi : 3 mm)

Mais il m'est arrivé à quelques reprises de trouver dans les pièges des individus de l'espèce sosie plus petits, comme le montrent les deux photographies ci-dessous.

Deux individus de l'espèce sosie à la surface de l'eau

Deux individus de l'espèce sosie à la surface de l'eau
(noter la différence de taille)

 

Espèce sosie : individu de petite taille

Espèce sosie : individu de petite taille
(noter la taille du corps de 4 mm ; la taille la plus fréquente étant de 5 mm)

Les recherches que j'ai effectuées sur Internet en différentes langues ne m'ont pas permis d'identifier l'espèce sosie que je viens de présenter.

Fabian COUSINIÉ et son maître de stage (Marie SINGER, technicienne en arboriculture au CIVAMBIO 66) m'ont indiqué ne pas l'avoir identifiée non plus.

 

LAMPROLONCHAEA SMARAGDI Walker

 

Lamprolonchaea smaragdi  Walker est une espèce de la même famille que Silba adipata McAlpine (Lonchaeidae).

Selon  Eugène SÉGUY, qui la décrit sous le synonyme Lonchaea aurea Macquart 1851 : "la larve se développe surtout dans les fruits déjà attaqués par les Ceratitis ou les Carpocapses (poires, prunes, pèches, oranges, figues) : c'est un agent destructeur secondaire qui hâte leur décomposition et favorise leur invasion par les Drosophiles".

Référence : Diptères (Brachycères), Faune de France, E. SÉGUY, 1934, vol. 28, page 178, Paul LECHEVALIER et fils, Paris.

On peut donc en déduire que Lamprolonchaea smaragdi Walker pond dans les figues déjà fragilisées par une attaque de la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann).

J’ai noté qu’Eugène SÉGUY indique déjà en 1934 que l'espèce a été signalée dans le Var (à Caillan), ainsi qu'en Corse.

Pour ma part, je n’ai jamais pu en observer un individu vivant, ni sur les figuiers, ni sur d’autres fruitiers.

Je n'en ai pas identifié non plus sur les milliers de photographies de Silba adipata McAlpine que j'ai réalisées, dans lesquelles cette espèce aurait pu se glisser par non identification de visu avant photographies.

Et je n'ai pas détecté d'individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker parmi les naissances dans mon élevage de Silba adipata McAlpine ou lors de mes tests d'émergence à partir de figues attaquées.

Pourtant, cette espèce est présente dans mon verger car j’en ai capturé 5 individus entre le 12 août et le 22 septembre 2017, dans des pièges posées sur mes figuiers 'Grise de la Saint-Jean’ et ‘Col de Dame Noire’ contre la mouche noire et la cératite (pièges McPhail chargés avec une solution aqueuse à 40 g/l de phosphate diammonique).

Trois individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker

Trois individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker
(noter la morphologie générale, la couleur verte et la taille)

Les années suivantes, j'en ai capturé sur les deux figuiers précités, ainsi que sur la touffe de la variété 'Bellone'. Aussi bien dans des pièges appâtés au phosphate diammonique que dans des pièges appâtés avec du sulfate d'ammonium.

Toutefois, quel que soit le figuier et avec l'un ou l'autre des deux attractifs alimentaires précités, le nombre de captures d'individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker est très faible : au maximum trois à cinq par mois (femelles et mâles confondus), souvent moins.

En quoi l'espèce Lamprolonchaea smaragdi Walker est-elle un sosie de Silba adipata McAlpine ?

Son aspect morphologique général est identique à celui de Silba adipata McAlpine.

Et la nervation de l'aile est la même pour les deux espèces car elle est commune à toutes les espèces de la famille des Lonchaeidae (à laquelle appartiennent ces deux espèces).

Mais la couleur vert émeraude métallique du thorax et de l’abdomen permet d'identifier aisément Lamprolonchaea smaragdi Walker.

Lamprolonchaea smaragdi Walker : individu à la surface de l'eau dans une coupelle d'observation

Lamprolonchaea smaragdi Walker : individu à la surface de l'eau dans une coupelle d'observation
(noter les reflets verts sur le thorax)

 

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur verte ; nervation du bord antérieur de l'aile spécifique des Lonchaeidae

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur verte ; nervation du bord antérieur de l'aile spécifique des Lonchaeidae

J'ai remarqué qu'en plein soleil et selon l'incidence de la lumière, l'abdomen peut apparaître de couleur dorée, en partie ou en totalité.

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur et nervation de l'aile

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur et nervation de l'aile
(noter : l'abdomen apparaît partiellement doré ; la nervation du bord antérieur de l'aile est celle des Lonchaeidae)

Attention : pour que la couleur verte soit visible, il faut des conditions d'intensité et d'incidence de lumière favorables sans lesquelles un individu de Lamprolonchaea smaragdi Walker apparaît de couleur noire comme les individus de Silba adipata McAlpine (à l'oeil nu et sur les photographies).

Mais souvent, même noir, il apparaît à un oeil averti plus brillant que ces derniers (notamment à la surface du liquide des pièges).

D'autre part, les individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker sont nettement plus petits que ceux de Silba adipata McAlpine (sauf cas particulier assez rare d'un individu plus grand que le standard comparé à un individu de Silba adipata McAlpine nettement plus petit que le standard).

Je fournis d'autres observations détaillées de Lamprolonchaea smaragdi Walker dans un article traitant des mouches qui attaquent les figues.

 

INDIVIDU ATYPIQUE A IDENTIFIER (CAS N° 1)

 

J'ai rencontré cet individu une seule fois (été 2016). J'ai pu l'observer assez longuement à l'oeil nu et le photographier en gros plan.

Je le dénomme individu atypique car son appartenance à l'espèce Silba adipata McAlpine pose question, comme nous le verrons ci-après, sans que je puisse affirmer, comme c'est le cas avec l'espèce sosie présentée précédemment, qu'il s'agit d'une espèce différente.

La mouche se tenait sur le revers d'une feuille de figuier en partie retournée vers le haut et présentait le dos pratiquement vers le ciel.

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

La morphologie générale et la couleur étaient celles de Silba adipata McAlpine, comme en témoignent les trois photographies ci-après.

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

 

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

 

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Ainsi, dans un premier temps, j'ai cru reconnaître une mouche noire du Figuier, mais, en la fixant, j'ai été surpris par la taille de la mouche : elle était nettement plus grosse que les individus de Silba adipata McAlpine. En fait, elle faisait au moins la taille d’une grosse cératite (Ceratitis capitata Wiedemann).

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

J'ai remarqué aussi qu’elle restait plus longtemps immobile que ne le fait habituellement Silba adipata McAlpine et qu’elle s'est laissée approcher de très près plus facilement que celle-ci.

Enfin, son envol, quoique rapide, a été moins vif que celui de Silba adipata McAlpine.

Intrigué, j'ai décidé d'étudier de plus près cette mouche avec les photographies en gros plan que j'avais réalisées.

Sur mes photographies, la nervation de l'aile n'apparaît pas aussi distinctement que je l'aurais souhaité. Mais, d'après ce que je peux voir de celle-ci, l'individu paraît présenter les caractéristiques de la famille des Lonchaeidae, dont fait partie Silba adipata McAlpine.

Sachant que la nervation de l'aile est commune à toutes les espèces de cette famille et ne peut donc pas caractériser Silba adipata McAlpine de façon exclusive (voir détails de la nervation de l'aile dans le chapitre "Description détaillée").

Nervation de l'aile de la mouche sosie à identifier

Nervation de l'aile de la mouche sosie à identifier

Du point de vue morphologique, les photographies en gros plan révèlent des caractéristiques curieuses par rapport à celles de Silba adipata McAlpine (invisibles à l'oeil nu...).

D'une part, l'espace interoculaire (bande noire) du dessus et du devant de la tête est de la largeur courante chez Silba adipata McAlpine, mais la forme et le positionnement des yeux donnent une impression de convexité et d'allongement de la face par un curieux “effet museau” qui n'existe pas chez Silba adipata McAlpine (photographie ci-dessous)

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier
(noter la forme et le positionnement des yeux, donnant un effet museau à la face)

D'autre part, j'observe (photographie ci-dessous) que la mouche sosie présente des différences avec Silba adipata McAlpine au niveau des soies et de la pillosité : soies plus nombreuses sur le dessus de la tête ; présence de nombreuses soies drues et assez courtes sur le dessus du préscutum et du scutum ; pilosité sur l’abdomen nettement plus longue ; soies sur le bas de la face (au-dessous des antennes), vers l’avant et sur le dessous.

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier
(noter la pillosité et les soies)

Ma conclusion concernant cette mouche sosie, dont je fourmis ci-après une ultime photographie, est qu'il s'agit soit d'une forme atypique rare de Silba adipata McAlpine, soit d'une espèce différente de la famille des Lonchaeidae que je ne sais pas identifier.

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

Mouche sosie à identifier, sur feuille de figuier

 

INDIVIDU ATYPIQUE A IDENTIFIER (CAS N° 2)

 

J'ai rencontré cet individu à la mi-septembre 2015 sur les feuilles de ma touffe de figuier de la variété 'Col de Dame Noire'.

J'ai pu l'observer trois jours consécutivement, à peu près à la même heure et dans la même zone de la touffe. Il séjournait toujours sur feuilles, je ne l'ai jamais vu sur fruits.

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier de la variété 'Col de Dame Noire'

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier de la variété 'Col de Dame Noire'

Il a attiré immédiatement mon attention par sa forme plus compacte que celles des individus de Silba adipata McAlpine, dont j'ai une grande habitude.

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

A l'examen attentif, la nervation de l'aile permet de classer cette mouche parmi les Lonchaeidae, mais plusieurs particulatités morphologiques et comportementales me font douter de son appartenance à l'espèce Silba adipata McAlpine.

Elle paraît de même taille de corps que cette dernière, mais les ailes semblent légèrement plus courtes. Ce qui explique le ressenti d'une forme compacte inhabituelle.

Les ailes plus courtes donnent l'impression que l'abdomen est plus long que chez Silba adipata McAlpine.

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier
(les ailes plus courtes font paraître l'abdomen plus long que chez Silba adipata McAlpine)

 

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier
(les ailes plus courtes font paraître l'abdomen plus long que chez Silba adipata McAlpine)

Je suis également surpris par un autre caractère atypique présenté par l'individu : un espace inter-oculaire exceptionnellement large qui ne me paraît pas dans la norme observée chez Silba adipata McAlpine.

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier
(noter le très large espace inter-oculaire)

 

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier
(noter le très large espace inter-oculaire)

Dernière particularité que je remarque : le plus souvent, les extrémités des ailes du sujet observé se chevauchent en débordant (à la manière de doigts croisés), alors que chez Silba adipata McAlpine le recouvrement de l'extrémité des ailes s'effectue sans débordement.

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier
(noter que les extrémités des ailes se chevauchent en débordant)

L'examen photographique en plan rapproché a permis de déterminer que c'était une femelle.

Mouche atypique femelle de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier

Mouche atypique femelle de la famille des Lonchaeidae, sur feuille de figuier
(noter l'ovipositeur partiellement sorti entre les pattes arrières relevées)

Au-delà des particularités morphologiques, c'est le comportement de cette mouche qui me font douter qu'il s'agisse de Silba adipata McAlpine.

J'ai noté trois indices comportementaux : immobilité, accessibilité, envol.

Le comportement de cette mouche m'a étonné car elle restait totalement immobile de façon exceptionnellement longue. A tel point que je me suis demandé si elle n'était pas à l'agonie.

Elle s'est secouée sur place, a lissé ses ailes avec ses pattes arrières, mais elle n'a pas parcouru la feuille à la marche.

Et, après que j'aie tiré la feuille de la mi-ombre pour améliorer la luminosité photographique, la mouche est restée immobile en plein soleil sur le dessus de celle-ci. Ce qui n'est pas l'habitude de Silba adipata McAlpine, qui ne reste pas longtemps au soleil et même le plus souvent le fuit rapidement, préférant s'en protéger en se positionnant sur le revers de la feuille ou sur la partie de l'avers située à l'ombre.

En m'aidant de la nervation de la feuille de figuier, j'ai bien repéré l'endroit où la mouche se tenait immobile (début, côté doit, de la quatrième nervure secondaire du lobe gauche). Une fois qu'elle s'est envolée, j'ai photographié plusieurs fois en très gros plan cet endroit et je n'ai rien trouvé sur les photographies qui aurait pu justifier l'immobilité de la mouche, en particulier des amas de miellat de pucerons.

Un autre indice comportemental qui me fait douter de son appartenance à l'espèce Silba adipata McAlpine est le niveau de proximité (main) que la mouche m'a laissé établir sans s'envoler.

Enfin, lorsque j'ai fait s'envoler la mouche, son vol, bien que rapide, m'a paru moins vif que celui de Silba adipata McAlpine.

Concernant l'accessibilité, je donne quelques précisions.

Au cours des séances de photographie in situ, au pied des figuiers, ou partiellement à l'intérieur de ceux-ci, je suis amené à tirer de la main gauche une feuille ou une tige sur lesquels se trouve un individu de Silba adipata McAlpine, tout en tenant l'appareil photographique de la main droite (pour dégager le champ de vision, améliorer un angle de prise de vue,  sortir de l'ombre la partie de la feuille ou du rameau où se trouve la mouche, stabiliser la feuille ou la tige par vent fort pour obtenir une image nette...).

Je commence à tirer assez loin de la mouche, puis je fais progresser lentement et sans à-coups ma main le long du rameau ou de la feuille en direction de celle-ci, sans lâcher la feuille et en continuant à tirer.

La main arrivée très près de la mouche, si celle-ci reste calme et si elle ne s'envole pas, je puis accentuer doucement mais significativement le tirage dans la direction souhaitée sans approcher plus ma main.

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae à identifier : approche de la main en tenant continuellement la feuille

Mouche atypique de la famille des Lonchaeidae à identifier : approche de la main en tenant continuellement la feuille
(ce procédé demande une certaine habitude ; grossissement : x 3,5 )

En général, je dois m'arrêter à 10 - 20 cm de la mouche pour éviter qu'elle ne s'envole.

Pourtant, avec la mouche atypique j'ai pu approcher le pouce jusqu'à pratiquement la toucher.

Selon mon expérience, même avec l'habitude, la possibilité d'approcher la main aussi près de Silba adipata McAlpine me paraît impossible...

Mouche atypique à identifier (Lonchaeidae), sur feuille de figuier par grand vent

Mouche atypique à identifier (Lonchaeidae), sur feuille de figuier par grand vent
(la possibilité d'approcher la main aussi près est très rare ; grossissement : x 2)

 

Mouche atypique à identifier (Lonchaeidae), sur feuille de figuier par grand vent

Mouche atypique à identifier (Lonchaeidae), sur feuille de figuier par grand vent
(la possibilité d'approcher le doigt aussi près est très rare ; grossissement : x 10)

Mais, il se peut que ce soient les circonstances d'un vent violent qui sévissait alors, faisant fortement bouger le feuillage, qui ont permis que l'approche du pouce, très progressive et extrêmement lente, se termine si près du sujet.

Malgré tous les indices étayant mes doutes sur l'appartenance de l'individu observé à l'espèce Silba adipata McAlpine, en toute rigueur, je ne puis écarter l'hypothèse qu'il s'agisse d'un individu atypique de cette espèce.

 

 

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