Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
Tous droits réservés 

 

 

L'obturation de l'ostiole

Expérimentation 1

 

 

 

Les principes de l'obturation de l'ostiole pour lutter contre Silba adipata McAlpine, les temps de traitement définis en objectifs, ainsi que les spécifications et la commande des pastilles autocollantes certifiées "Contact alimentaire direct" ont été traités au chapitre précédent.

Dès réception du rouleau de pastilles autocollantes (7 avril 2017), j'ai mené à bien la première des deux expérimentations prévues de l'obturation de l'ostiole : un chantier de test destiné à m'entraîner et à définir un mode opératoire assurant une pose rapide et fiable des pastilles autocollantes.

J'avais choisi de traiter une centaine de figues fleurs d'un arbre de la variété 'Grise de la Saint-Jean', âgé de 15 ans et conduit sur tronc.

Initialement, je souhaitais obturer l'ostiole des figues immatures dès que celles-ci sont proches de la taille critique pour l'attaque de Silba adipata McAlpine (diamètre de 1,5 cm).

Mais, à la date de réception du rouleau d'étiquettes autocollantes, un grand nombre de figues fleurs de la variété 'Grise de la Saint-Jean' avaient déjà dépassé cette taille. Elle présentaient presque toutes un diamètre de l'ordre de 2 cm ; certaines légèrement plus ; un faible nombre entre 1 et 1,5 cm de diamètre. J'ai donc posé les étiquettes autocollantes sur des figues immatures de différentes tailles.

L'opération de pose initiale des pastilles autocollantes s'est déroulée en une seule séquence, sans interruption, et a duré 1 h 06 mm.

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(pastille autocollante certifiée "contact alimentaire direct")

 

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(pastille autocollante certifiée "contact alimentaire direct")

Cette séance initiale de pose m'a permis de définir un mode opératoire, mais les observations des figues traitées ont soulevé un certain nombre de problématiques auxquelles je ne m'attendais pas, qui ont justifié des réflexions et tests complémentaires.

Je livre le déroulement et les enseignements du chantier de test selon le plan suivant : mode opératoire, temps de traitement, décollement partiel des pastilles posées, deuxième tentative d'obturation des ostioles, troisième tentative d'obturation des ostioles, une hypothèse prometteuse, inadéquation de l'adhésif avec la pose sur figue, conclusions.

 

MODE OPERATOIRE

 

Voici les enseignements que je tire de ce chantier de test en ce qui concerne le mode opératoire.

J'ai pu constater que pour éviter des pertes de temps il faut garder en mains en permanence le rouleau de pastilles autocollantes.

Pour effectuer la pose des pastilles sur les figues sans se départir du rouleau, j'ai déterminé que celui-ci doit être tenu dans la main gauche (pour un droitier), sur l'axe constitué par trois doigts (majeur, annulaire, minuscule).

Ainsi, le pouce et l'index de la main gauche sont laissés libres pour maintenir la figue au moment de la pose de la pastille autocollante sur l'ostiole par la main droite.

La pastille est décollée du rouleau avec l'ongle de l'index de la main droite, au bout duquel elle se colle en partie, et déposée sur l'ostiole.

La pastille ne se décolle pas du rouleau en un seul coup d'ongle. Généralement, il en faut trois, voire quatre ou cinq, sur la même pastille pour la décoller en la laissant positionnée correctement au bout de l'ongle. Cela ralentit la pose.

Lors du décollement des pastilles du rouleau, il arrive que des pastilles se collent sur d'autres sur le rouleau ou se collent sur la main. Lors de la manipulation de pose, il arrive que des pastilles se collent sur une feuille du figuier ou, assez souvent, tombent au sol.

Ainsi, une prévision de 5 % de perte (1 pastille sur 20) était justifiée.

J'ai pu constater que les pastilles résistent bien à l'eau et sont solides car, en en ayant oublié deux collées sur le tranchant d'une main, je me suis savonné, rincé et essuyé les mains, et j'ai alors découvert les deux pastilles toujours collées sur ma main et intactes.

Le centrage de la pastille sur l'ostiole est assez facile. Sur la centaine de pastilles posées, j'ai centré insuffisamment seulement trois pastilles, ce qui a nécessité la pose d'une deuxième pastille sur l'ostiole, en recouvrement partiel avec la première.

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(noter que la pastille autocollante certifiée "contact alimentaire direct" est bien centrée sur l'ostiole)

J'ai pu vérifier que la couleur vert clair choisie permet de bien repérer les figues dont l'ostiole est déjà obturé, ce qui facilite la pose des pastilles autocollantes ainsi que le contrôle de leur tenue sur l'arbre dans le temps.

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(noter que la pastille autocollante se distingue bien tout en ne détonnant pas)

Et cette couleur est assortie aux feuilles et aux figues. Pour moi, ce point n'est pas négligeable car il assure la plus grande discrétion possible au traitement de lutte contre Silba adipata McAlpine et permet donc de préserver au mieux la beauté naturelle du figuier.

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(noter que la pastille autocollante se distingue bien sur la figue, tout en étant assortie à la couleur de celle-ci)

Mais j'ai rapidement découvert que la pose présente une difficulté majeure : une fois la pastille autocollante déposée sur l'ostiole, je constate qu'elle n'est pas plaquée sur la figue en raison du relief marqué formé par les écailles ostiolaires des jeunes figues immatures.

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(noter que le bord supérieur de la pastille est relevé et mérite un lissage supplémentaire)

Il convient de faire adhérer complètement la pastille à la figue.

Dans un premier temps, j'ai enfoncé avec le bout de l'index le centre de l'ostiole, pour qu'il présente une surface plane.

Cela ne suffisant pas, j'ai ensuite appuyé rapidement et assez profondément en tous sens sur la pastille autocollante avec l'ongle de l'index, pour obtenir une adhérence parfaite.

Pastille posée sur l'ostiole d'une figue immature pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Pastille autocollante posée en adhérence complète sur l'ostiole d'une figue immature
(pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine ;
pastille certifiée "contact alimentaire direct")

 

Pastille posée sur l'ostiole d'une figue immature pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Pastille autocollante posée en adhérence complète sur l'ostiole d'une figue immature
(pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine ;
pastille certifiée "contact alimentaire direct")

Toutefois, en examinant les figues les jours suivants, j'ai remarqué que la partie autour de l'ostiole avait noirci et présentait des meurtrissures, par réaction à l'écrasement de l'ostiole lors de la pose et aux multiples pressions effectuées autour de l'ostiole du bout de l'ongle pour faire adhérer la pastille.

Zone noircie et meurtrie autour d'un ostiole qui a été obturé de façon trop brutale

Zone noircie et meurtrie autour d'un ostiole qui a été obturé de façon trop brutale
(la méthode initiale de pose de la pastille autocollante a été réformée après ce constat)

A la réflexion, je me rends compte qu'il est normal que les tissus de la zone de l'ostiole soient meurtris par suite du traitement que je leur ai infligé...

Zone noircie et meurtrie autour d'un ostiole qui a été obturé de façon trop brutale

Zone noircie et meurtrie autour d'un ostiole qui a été obturé de façon trop brutale
 (la méthode initiale de pose de la pastille autocollante a été réformée après ce constat)

Il faut donc s'abstenir de toute meurtrissure de l'ostiole et de la zone qui lui est périphérique lors de la pose des pastilles autocollantes : pour cela, s'interdire l'aplatissement de l'ostiole et remplacer le tassement dur et répété avec l'ongle de l'index par un lissage doux avec le dessous de l'index ou du pouce.

Pendant la pose de la pastille autocollante, il faut tenir fortement la figue entre le pouce et l'index de la main gauche pour limiter le risque de détachement.

Lorsque cela était possible, j'ai également calé le rameau où se trouve fixée la figue en faisant passer derrière lui le majeur de la main gauche (qui ressort en axe du rouleau de pastilles autocollantes, avec l'annulaire et le minuscule de cette main). Le volume réduit du rouleau permet de le faire aisément.

Globalement, les dommages collatéraux pendant la pose des pastilles autocollantes sont faibles : sur la centaine de figues manipulées, j'ai fait tomber une seule figue ; en pénétrant parmi les branches et rameaux du figuier pour atteindre certaines figues, j'ai cassé à deux reprises un petit rameau d'une dizaine de centimètres (l'un des deux rameaux brisés était porteur d'une figue).

 

TEMPS DE TRAITEMENT

 

Lors de la pose des pastilles autocollantes, j'ai pu déterminer que du fait de la difficulté à obtenir l'adhérence complète, il faut 15 secondes pour faire adhérer une pastille en totalité à la figue.

Ce temps élevé traduit deux faiblesses des pastilles autocollantes que j'utilise : l'adhésif ne paraît pas assez puissant (ou est insuffisamment adapté à la nature chimique de la surface de la figue) et la surface couvrante de la pastille sur la zone en relief de l'ostiole est insuffisante.

D'autre part, sachant que j'ai traité 100 figues en 1 h 06 mm, le temps moyen de traitement d'une figue est d'environ 40 secondes.

Il comprend les mouvements autour du figuier, le déplacement d'une figue à l'autre dans l'arbre, le rapprochement vers soi des rameaux situés en hauteur pour atteindre les figues, le dégagement des figues par rapport aux feuilles, le décollement de la pastille du rouleau, les fausses manoeuvres avec les pastilles et la mise en adhérence complète de la pastille sur l'ostiole (qui prend 15 secondes...).

Le temps global moyen de traitement d'une figue est quatre fois plus élevé que le temps que je m'étais fixé en objectif (10 secondes).

Néanmoins, à raison de 40 secondes par figue, je peux traiter 500 figues en 5 h 30 et 1.000 figues en 11 h. Sachant que j'ai procédé à la pose calmement, sans m'imposer une pression de rendement.

La charge de travail engendrée par l'obturation des ostioles est donc tout à fait acceptable en culture d'amateur.

Rappelons que, compte tenu du mode de fructification du figuier, l'opération doit s'effectuer de façon échelonnée et non en une seule fois ; rappelons aussi que la couleur vert clair choisie pour les pastilles autocollantes permet un bon repérage des figues déjà traitées.

Et, si l'on pouvait résoudre les difficultés d'obtention de l'adhérence complète de la pastille sur la figue et ramener le temps nécessaire à 3 secondes (au lieu de 15), le temps moyen de traitement d'une figue serait 28 secondes, soit un rendement de 2 figues par minute.

Le rendement pour 1 heure de travail d'obturation des ostioles serait donc de 120 figues et, pour une journée de travail, il serait de 1.000 figues (temps de traitement : 8 h 20 mn).

Note : le temps de traitement moyen de 120 figues à l'heure a été atteint, sans amélioration de l'adhérence, lors de la deuxième expérimentation menée sur un nombre de figues immatures plus élevé de la variété unifère 'Bellone' (voir chapitre suivant du site).

 

DECOLLEMENT PARTIEL DES PASTILLES POSEES

 

Le 8 avril 2017, jour suivant la pose des cent pastilles autocollantes, je suis passé dans l'après-midi examiner les figues à l'ostiole obturé.

Déception : à quelques exceptions près, les pastilles étaient partiellement décollées, relevées sur un côté.

Pastilles partiellement décollées après pose sur l'ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Pastilles partiellement décollées après pose sur l'ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(sur la figue du bas, le décollement est trahi par la couleur plus claire de la partie supérieure de la pastille)

 

Pastille partiellement décollée après pose sur l'ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Pastille partiellement décollée après pose sur l'ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Il semble que ce soient les écailles ostiolaires en relief qui sont en grande partie la cause du décollement, en reprenant leur position initiale après avoir été aplaties lors de la pose, le décollement étant rendu possible parce que l'adhérence de la pastille est insuffisante sur les parties de la figue en relief.

Pastille partiellement décollée après pose sur l'ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Pastille partiellement décollée après pose sur l'ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(noter les écailles ostiolaires en relief sous la pastille décollée)

Mais une autre observation me conduit à penser qu'il ne faut pas se limiter aux reliefs pour expliquer le décollement.

J'ai remarqué que lorsque l'ostiole de la figue est dans un sommet en creux, la pastille qui adhérait initialement au fond du creux a perdu son adhérence à l'ostiole et a repris une forme plane.

Pastille autocollante posée pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine et ayant perdu son adhérence le jour suivant

Pastille autocollante posée pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine et ayant perdu
son adhérence au sommet creux de la figue

J'ai observé que c'est aussi le cas lorsque l'ostiole se trouve dans une cavité en fente (cas d'une figue pas tout à fait bien formée).

Ainsi, ce ne sont pas seulement les reliefs, mais aussi les parties creuses, qui rendraient difficile l'adhérence des pastilles lors de la pose et qui feraient perdre l'adhérence sur la durée.

En conclusion, il semblerait que c'est l'adhérence sur les parties non planes qui pose problème pour les pastilles autocollantes.

Mais, en toute rigueur, on ne peut l'affirmer que si l'on est sûr que l'adhérence est bonne sur les parties planes de la figue, ce que rien ne prouve à ce stade de l'expérimentation.

Si l'adhérence sur les parties planes de la figue est mauvaise, les reliefs ou les creux de la région de l'ostiole ne font qu'accentuer la mauvaise adhérence, mais n'en sont pas l'origine.

Il faudrait alors remettre en question l'adéquation spécifique de l'adhésif acrylique de la pastille à la nature chimique de la surface de la figue (qui comporterait des composants gras ? Ceux-ci étant déclarés incompatibles avec l'utilisation des pastilles autocollantes, selon la documentation du fabricant...).

Un test de l'adhérence des pastilles autocollantes sur les parties planes des figues s'avère donc nécessaire.

J'ai décidé de réaliser le test (dont je rends compte en fin de chapitre) et de poursuivre parallèlement l'expérimentation par une deuxième tentative d'obturation des ostioles.

 

DEUXIEME TENTATIVE D'OBTURATION DES OSTIOLES

 

Le 8 avril 2017, après avoir constaté le décollement partiel de la quasi-totalité des pastilles autocollantes, j'ai effectué une tentative de correction du problème d'adhérence sur une vingtaine de figues dont l'ostiole avait été obturé.

En examinant attentivement les pastilles autocollantes juste après leur pose, j'avais remarqué que, pour certaines, seul le bord d'une moitié de la pastille présentait une emprise large sur la partie plate du sommet de la figue.

Cela pouvait expliquer le décollement partiel.

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Figue immature avec l'ostiole obturé pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine
(noter que le bord gauche de la pastille autocollante n'a pas une large emprise sur la partie plate du sommet)

J'ai donc ajouté une à deux pastilles autocollantes sur la zone ostiolaire, en recouvrement partiel avec la pastille posée initialement, et j'ai lissé à nouveau l'ensemble pour le plaquer contre la figue.

L'ostiole était à nouveau obturé sur les figues concernées, les groupes de deux ou trois pastilles adhérant sur une plus grande surface du sommet de figue, de part et d'autre des écailles ostiolaires.

J'espérais ainsi augmenter l'intensité de l'adhérence.

Deux jours après, le 10 avril 2017, je suis allé examiner les ostioles obturés de la sorte.

Deuxième déception : tous les groupes de deux ou trois pastilles étaient décollés et relevés sur un côté.

Décollement d'un groupe de trois pastilles posées sur un ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Décollement d'un groupe de trois pastilles posées en recouvrement partiel sur un ostiole
pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

 

Décollement d'un groupe de trois pastilles posées sur un ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Décollement d'un groupe de trois pastilles posées en recouvrement partiel sur un ostiole
pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Le décollement, sans être total, était tel qu'il laissait le champ libre aux pontes de Silba adipata McAlpine entre les écailles ostiolaires.

Décollement d'un groupe de trois pastilles posées sur un ostiole pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Décollement d'un groupe de trois pastilles posées en recouvrement partiel sur un ostiole
pour empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

 

TROISIEME TENTATIVE D'OBTURATION DES OSTIOLES

 

Constatant l'échec de ma deuxième tentative, réalisée avec deux ou trois pastilles en recouvrement partiel, je me suis demandé s'il ne conviendrait pas de couvrir une surface encore plus grande autour de l'ostiole.

Mon idée étant que la pastille ne doit pas vraiment adhérer à l'ostiole lui-même, mais simplement le recouvrir en le touchant plus ou moins. C'est la surface d'emprise de la pastille autour de l'ostiole, sur la partie lisse du sommet de la figue, qui doit servir de zone d'adhérence de la pastille sur la figue.

Pour choisir la taille des pastilles autocollantes, il faudrait donc ne pas considérer le diamètre de l'ostiole au sens strict, comme je l'ai fait, mais faire en sorte que la pastille déborde largement en tous sens sur la partie plane du sommet de la figue, et suffisamment pour que l'adhérence perdure (ce qui augmente notablement le diamètre requis pour la pastille autocollante).

D'après les mesures que j'ai effectuées sur les figues immatures obturées, un diamètre de 25 mm serait la taille de pastille adéquate pour atteindre cet objectif.

Pour tester cette taille optimale de pastille, j'ai procédé dès le 10 avril 2017 à une nouvelle tentative sur une quinzaine de figues dont l'ostiole avait été obturé.

J'ai confectionné au niveau de leur zone ostiolaire l'équivalent d'une pastille ronde de 25 mm de diamètre, en disposant en cercle des pastilles de 8 mm posées en recouvrement partiel. Et j'ai lissé l'ensemble soigneusement jusqu'à obtenir une adhérence qui me paraissait complète.

Pastilles autocollantes de 8 mm disposées en cercle avec recouvrement partiel sur un ostiole

Pastilles autocollantes de 8 mm disposées en cercle avec recouvrement partiel sur un ostiole
 (l'objectif est de simuler une pastille autocollante de 25 mm de diamètre)

Cinq jours plus tard, le 15 avril 2017, je suis allé examiner les ostioles obturés de la nouvelle façon.

Troisième déception : les groupes de pastilles se sont tous décollés, bien qu'aucun ne soit tombé.

Décollement d'un groupe de pastilles autocollantes posé sur l'ostiole d'une figue

Décollement d'un groupe de pastilles autocollantes posé sur l'ostiole d'une figue
pour
empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

 

Décollement d'un groupe de pastilles autocollantes posé sur l'ostiole d'une figue

Décollement d'un groupe de pastilles autocollantes posé sur l'ostiole d'une figue
pour
empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Je constate que la plupart des groupes de pastilles sont très largement décollés, n'offrant plus aucune protection contre les pontes de Silba adipata McAlpine.

Décollement d'un groupe de pastilles autocollantes posé sur l'ostiole d'une figue

Décollement d'un groupe de pastilles autocollantes posé sur l'ostiole
d'une figue pour
empêcher la ponte de Silba adipata McAlpine

Mais je remarque que, pour un certain nombre de groupes de pastilles, il existe de fortes traces d'adhésif acrylique dans la région de l'ostiole.

Traces d'adhésif acrylique sous pastille autocollante qui s'est décollée de l'ostiole

Traces d'adhésif acrylique sous pastille autocollante qui s'est décollée de l'ostiole

Et je me demande si les traces d'adhésif acrylique ne pourraient pas constituer un obstacle à la ponte de Silba adipata McAlpine...

Dernière observation.

Dix jours plus tard, soit le 25 avril 2017, je suis allé à nouveau examiner la totalité des figues incluses dans l'expérimentation (100 figues fleurs de la variété 'Grise de la Saint-Jean').

Pratiquement toutes les pastilles posées sur les ostioles sont tombées, seule une demi-douzaine de figues porte encore des pastilles, mais très largement décollées.

Mais, à ma relative surprise, 18 jours après la pose initiale des pastilles (7 avril 2017), une seule des figues ayant porté des pastilles autocollantes a été attaquée par la mouche noire du Figuier...

Les autres figues dont l'ostiole avait été obturé, reconnaissables aux traces noires autour de l'ostiole engendrées par mon traitement trop brutal lors de la pose des pastilles autocollantes, ont continué à se développer et augurent (peut-être) d'une récolte inespérée.

 

UNE HYPOTHESE PROMETTEUSE

 

Lors de ma dernière observation, rapportée ci-dessus, j'ai immédiatement pensé à un éventuel rôle répulsif joué par les traces d'adhésif acrylique laissées sur les ostioles.

J'ai exclu que l'obstacle éventuel à la mouche noire du Figuier soit d'ordre physique car je n'en ai trouvé aucun individu pris au piège dans les traces d'adhésif, alors que j'ai noté sur plusieurs figues que des fourmis étaient collées sur le dessous des pastilles relevées.

Si l'hypothèse du rôle répulsif des traces d'adhésif venait à se confirmer, la pose des pastilles autocollantes serait indirectement efficace contre la mouche noire du Figuier.

J'ai donc décidé d'observer le devenir des cent figues ayant eu l'ostiole obturé, sachant qu'il s'agit de figues fleurs de la variété 'Grise de la Saint-Jean' qui atteignent généralement leur maturité la dernière semaine de juin.

Pendant le mois de mai, je n'ai observé aucune attaque de la mouche noire du Figuier sur celles-ci, en les examinant tous les quatre jours.

Les 6 et 12 juin 2017, je les examine à nouveau et je fais le même constat positif. Le 12 juin, certaines des figues dont l'ostiole a été obturé mais qui ont perdu leur étiquette autocollante ont un diamètre de 4 cm et plus. Je remarque que trois de ces figues ont amorcé le changement de couleur vers la maturité et ont commencé à s'amollir.

Le 15 juin 2017, récolte de 12 figues fleurs mûres dont l'ostiole avait été obturé. Elles ont un bon diamètre pour la variété (5 cm pour quatre d'entre elles, de 4 à 4,5 cm pour les autres). Trois autres figues fleurs dont l'ostiole avait été obturé sont parvenues à maturité mais ont été attaquées par les pies.

Je note que la maturité a été atteinte pour ces 15 figues dix jours avant la date habituelle pour la variété. Mais une observation unique ne permet pas d'établir un lien de cause à effet avec l'obturation de l'ostiole, d'autant plus que la saison 2017 a été une saison de récolte précoce pour l'ensemble des fruits.

Figues fleurs 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenues à maturité

Figues fleurs 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenues à maturité
 (l'étiquette autocollante posée sur leur ostiole est tombée depuis plusieurs semaines)

 

Figues fleurs 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenues à maturité

Figues fleurs 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenues à maturité
 (l'étiquette autocollante posée sur leur ostiole est tombée depuis plusieurs semaines ; au-dessus des
figues mûres, groupe de figues de deuxième récolte dont les étiquettes autocollantes sont décollées)

Les traces noires laissées par les coups d'ongles lors du lissage trop énergique de l'étiquette autocollante sur l'ostiole restent visibles sur la figue mûre, mais elles sont plus discrètes que lorsque la figue est encore verte. Un oeil exercé remarque aussi un éclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole qui a été obturé.

Figues fleurs 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenues à maturité

Figues fleurs 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenues à maturité
(noter l'éclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole sur la figue mûre et sur celle encore verte)

 

Figue fleur de la variété 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenue à maturité

Figue fleur de la variété 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé et parvenue à maturité
(noter les traces noires et l'éclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole)

L'éclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole persiste bien que la figue ait perdu son étiquette autocollante depuis deux mois.

Eclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole qui a été obturé par une pastille autocollante

Eclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole qui a été obturé par une pastille autocollante
(figue fleur mûre de la variété 'Grise de la Saint-Jean')

 

Eclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole qui a été obturé par une pastille autocollante

Eclaircissement de l'épiderme autour de l'ostiole qui a été obturé par une pastille autocollante
(figue fleur mûre de la variété 'Grise de la Saint-Jean')

Comme déjà indiqué, j'ai revu ma façon de lisser l'étiquette autocollante autour de l'ostiole, en prenant soin d'appuyer avec le dessous (et non l'ongle) du pouce et de l'index.

Mais, pour moi, les figues mûres ne sont pas dépréciées en l'état, tant pour la consommation par l'amateur que pour une éventuelle commercialisation.

L'intérieur des 15 figues fleurs parvenues à maturité était sain : pas de pourrissement et aucune trace de présence de larves.

Lors de la consommation des figues, je n'ai constaté aucune altération de goût ou de texture.

Les étiquettes autocollantes ont été posées le 7 avril 2017 (pour quelques figues, une nouvelle pose a été réalisée les 8 et le 10 avril 2017). Le 15 avril 2017 j'ai observé que toutes les étiquettes posées étaient soit largement décollées, soit tombées.

Les 15 figues parvenues à maturité sont donc restées exposées à la mouche noire du Figuier du 15 avril au 15 juin 2017, soit pendant deux mois, et elles n'ont subi aucune attaque.

Au cours des jours qui ont suivi, les autres figues fleurs de la variété 'Grise de la Saint-Jean' ayant eu l'ostiole obturé lors du chantier de test ont progressivement mûri à leur tour. Elles étaient totalement saines et, comme pour les quinze premières figues, je n'ai constaté lors de la consommation aucune altération de goût ou de texture.

J'ai récolté la dernière d'entre elles le 26 juin 2017.

Ces observations semblent conforter l'hypothèse d'un rôle répulsif des traces d'adhésif acrylique laissées autour de l'ostiole.

Toutefois, il convient de rester prudent et d'attendre les résultats de la seconde expérimentation prévue en 2017 (obturation de l'ostiole sur environ 500 figues proches de la taille critique d'attaque de Silba adipata McAlpine, variété unifère 'Bellone').

D'autre part, une autre hypothèse est envisageable : l'ostiole serait devenu répulsif non pas du fait des traces de l'adhésif acrylique, mais consécutivement à une réaction physico-chimique engendrée par les pressions fortes exercées sur ses écailles lors du lissage énergique des étiquettes autocollantes.

C'est par association d'idée avec la technique de "la touche de la figue" (utilisée pour avancer la date de maturité) que cette hypothèse m'est venue à l'esprit.

En effet, la touche de la figue peut s'effectuer en piquant l'ostiole avec la pointe d'une plume (simple contact physique).

Or, F. SILVESTRI indique en page 146 de son étude de la mouche noire du Figuier que celle-ci n'attaque pas les figues ayant subi "la touche".

Référence : SILVESTRI, F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico", Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Toutefois, F. SILVESTRI  précise que la technique de la touche de la figue utilisée dans la province de Naples est celle du dépôt d'une goutte d'huile dans l'ostiole (qui n'est pas un simple contact physique...).

 

INADEQUATION DE L'ADHESIF ACRYLIQUE AVEC LA POSE SUR FIGUE

 

HYPOTHESE

L'échec de la troisième tentative réalisée au cours du chantier test (groupes de pastilles de 25 mm de diamètre) me conduit à suspecter une faiblesse de l'adhésif acrylique, soit intrinsèque, soit provoquée spécifiquement par le collage sur figue.

J'incline pour la deuxième hypothèse.

En effet, en parallèle avec mon expérimentation d'obturation des ostioles, j'ai procédé à de nombreux essais de pose des pastilles autocollantes sur des pommes (surface lisse), des citrons et des avocats (surfaces tourmentées). En intérieur, dans des coupes de fruits.

Sur les trois fruits, la pose s'effectue facilement et l'adhérence persiste au bout de plusieurs jours. Les pastilles sont difficiles à décoller des pommes, plus faciles à décoller (avec l'ongle) des citrons et surtout des avocats.

Concernant les citrons, la pose d'une pastille autocollante sur la pointe d'un des fruits s'est traduite le lendemain par un décollement partiel. 

Je me demande si les difficultés d'adhérence rencontrées lors du chantier de test ne seraient pas spécifiques à la pose sur figue. Plus précisément, s'il n'existe pas une interaction chimique entre l'adhésif acrylique et du latex qui exsuderait à la surface de la figue de façon microscopique.

Dans le même ordre d'idée, me souvenant que la notice technique des étiquettes autocollantes proscrit la pose sur aliments gras, je me demande également si la peau de la figue n'est pas recouverte d'une pellicule de substance "grasse" au sens chimique, non détectable au toucher (qui pourrait d'ailleurs être le latex si celui-ci est du point de vue chimique un corps gras, ce que j'ignore...).

Si l'exsudation de latex est en cause, j'ai peut-être aggravé la situation par les manoeuvres trop brutales effectuées lors de la première tentative d'obturation des ostioles, mettant en oeuvre une seule pastille autocollante par ostiole.

En effet, j'ai observé que lors de l'aplatissement des écailles ostiolaires pour conforter l'adhérence de la pastille autocollante (opération que j'ai supprimée par la suite) un peu de latex perlait par les bords de la pastille sur certaines figues et humidifiait la zone de contact.

J'ai remarqué aussi un suintement de latex à la surface de la peau en périphérie de l'ostiole, au-delà de la pastille, lorsque la peau était tranchée par l'ongle qui tassait les bords de la pastille et débordait de celle-ci (autre opération brutale initiale que j'ai supprimée).

Dans ce cas, le latex perlait autour de la pastille, mais il était ramené sur celle-ci lors du lissage et, comme la pastille était alors incomplètement collée, il se peut que du latex ait pénétré sous celle-ci.

En tout état de cause, les suintements de latex observés ne m'avaient pas empêché de parvenir à faire adhérer la pastille en la lissant.

Mais j'ignore si cela n'a pas contribué à une moindre efficacité de l'adhésif acrylique et diminué en conséquence l'adhérence de la pastille sur la durée.

Pour vérifier l'hypothèse d'une faiblesse de l'adhésif spécifique au collage sur figue, j'ai décidé de tester l'adhérence des pastilles autocollantes sur les surfaces planes de la figue.

Celles-ci ne présentent pas de reliefs et n'ont pas subi de ma part  les meurtrissures à l'origine de traces éventuelles de latex.

 

TEST D'ADHERENCE DES PASTILLES SUR SURFACES PLANES DES FIGUES

Lors d'essais préliminaires de pose des pastilles autocollantes sur le bois lisse du rebord de mon bureau, j'ai constaté que celles-ci se collent très facilement en une seconde et adhèrent fortement à la surface plane du bois (il faut forcer ensuite pour les décoller...).

Il en est de même lorsque les pastilles se collent sur les mains.

Et, comme indiqué précédemment, les tests de pose des pastilles autocollantes sur des pommes, citrons et avocats ont été positifs.

Pour tester l'adhérence sur les surfaces planes de la figue, j'ai posé le 10 avril 2017 une pastille autocollante sur le flanc de certaines figues à l'ostiole obturé, en prenant soin de bien lisser avec le dessous du pouce (temps de pose : 2 secondes).

Test de pose d'étiquettes autocollantes sur la surface plane des figues

Test de pose d'étiquettes autocollantes sur la surface plane des figues
(figue fleur de la variété 'Grise de la Saint-Jean')

J'avais décidé d'attendre au moins deux semaines avant d'aller examiner les pastilles posées. Mais, trois jour après la pose, en passant près du figuier pour aller photographier la croissance des rameaux de mes feijoas, il ne m'a pas échappé que les pastilles avaient déjà commencé à se décoller.

Pastille autocollante décollée sur la partie plane d'une figue

Pastille autocollante décollée sur la partie plane d'une figue, 3 jours après la pose
(l'ombre portée sous la pastille indique un décollement partiel)

Le 30 avril 2017, soit 20 jours après la pose, je suis allé examiner attentivement les pastilles autocollantes posées sur le flanc des figues. J'ai constaté qu'elles étaient toutes décollées, certaines légèrement, d'autres plus largement (mais aucune n'était tombée).

Pastille autocollante partiellement décollée sur la partie plane d'une figue

Pastille autocollante partiellement décollée sur la partie plane d'une figue, 20 jours après la pose
(la partie décollée de la pastille apparaît en clair par transparence)

 

Pastille autocollante partiellement décollée sur la partie plane d'une figue

Pastille autocollante partiellement décollée sur la partie plane d'une figue, 20 jours après la pose
(la partie décollée de la pastille apparaît en clair par transparence)

Le 30 mai 2017, un mois après ce premier constat, nouvel examen attentif des pastilles autocollantes posées sur la surface plane des figues : le décollement s'était aggravé mais aucune étiquette n'était tombée.

Cependant, un léger coup d'ongle répété deux ou trois fois a suffi pour les faire tomber, ce qui n'a jamais été le cas pour des étiquettes autocollantes posées sur des pommes.

Pastille autocollante largement décollée sur le flanc d'une figue

Pastille autocollante largement décollée sur le flanc d'une figue
(un mois et demi après la pose)

La présence de côtes sur certaines des figues en formation ne saurait expliquer à elle seule le décollement, même si l'on peut supputer qu'elle joue un rôle d'aggravation de la perte d'adhérence.

Pastille autocollante largement décollée sur le flanc d'une figue

Pastille autocollante largement décollée sur le flanc d'une figue, un mois et demi après la pose
(noter la trace blanchâtre de l'adhérence initiale de l'étiquette autocollante, de part et d'autre de celle-ci)

J'ai remarqué sur des photographies en gros plan (telle celle ci-dessus) les traces circulaires de l'adhérence initiale de la pastille autocollante, déportées assez largement de part et d'autre de celle-ci du fait de l'accroissement de volume de la figue en formation.

Cet étirement de l'épiderme consécutif à la croissance de la figue pourrait aussi jouer un rôle dans la perte d'adhérence de la pastille autocollante.

Toutefois, nous avons vu que le décollement sur surfaces planes de la figue apparaît dans les jours qui suivent la pose, comme c'est le cas pour le décollement des pastilles posées sur l'ostiole.

Ainsi, la cause principale du décollement des pastilles est l'inadéquation de l'adhésif acrylique avec une utilisation sur la surface des figues.

 

CONCLUSIONS DU TEST D'ADHERENCE SUR SURFACES PLANES DE LA FIGUE

Je tire comme conclusion de ce test que l'adhérence des étiquettes autocollantes est également faible et insuffisante sur les parties planes de la figue, ce qui entraîne ma conviction d'une inadéquation spécifique de l'adhésif acrylique des étiquettes autocollantes avec une utilisation sur la figue.

Ainsi, le problème de perte d'adhérence ne provient pas des reliefs et creux de la région de l'ostiole.

En tout état de cause, si l'inadéquation spécifique précitée venait à être résolue par une modification de nature de l'adhésif utilisé, il faudrait se pencher sur le problème de l'étirement de l'épiderme au-dessous de la pastille autocollante engendré par le développement de la figue.

En effet, contrairement aux reliefs et creux de la région de l'ostiole, qui pourraient n'être que des facteurs aggravants, l'étirement de l'épiderme sous la pastille autocollante consécutivement au développement de la figue pourrait s'avérer un obstacle rédhibitoire même en cas d'utilisation d'un éventuel adhésif compatible avec la nature chimique de la surface de la figue. 

 

CONCLUSIONS DU CHANTIER DE TEST

 

1. L'obturation de l'ostiole avec les pastilles autocollantes utilisées est un échec (inadéquation spécifique de l'adhésif acrylique avec la nature chimique de la surface de la figue entraînant un défaut d'adhérence rédhibitoire). Existe-t-il un adhésif adapté au collage sur figue et certifié "contact alimentaire direct" ?

2. Dans le cas de suppression de l'inadéquation précitée, il conviendrait de choisir des pastilles autocollantes de 25 mm de diamètre et de vérifier leur tenue sur l'ostiole dans le temps, lors de l'étirement de l'épiderme sous la pastille du au développement de la figue.

3. On peut avancer l'hypothèse d'un rôle répulsif des traces d'adhésif laissées autour de l'ostiole par les pastilles décollées ou tombées. Une seconde hypothèse étant que l'effet répulsif serait dû à une modification physico-chimique de l'ostiole résultant des pressions fortes et répétées qui lui sont imposées lors de la pose des pastilles. Mais ces hypothèses ne sauraient être vraiment envisagées que si les résultats de la seconde expérimentation de 2017 les confirment...

4. La charge de travail engendrée par l'obturation des ostioles est tout à fait acceptable en culture d'amateur (rendement de 100 figues traitées à l'heure, pouvant atteindre 120 figues avec un adhésif adapté à la nature chimique de la surface de la figue). Note : le temps de traitement moyen de 120 figues à l'heure a été atteint, sans amélioration de l'adhérence, lors de la deuxième expérimentation menée sur un nombre de figues immatures plus élevé de la variété unifère 'Bellone' (voir chapitre suivant du site).

5. Les dommages collatéraux à la pose des pastilles autocollantes (chute des petites figues immatures lors de la manipulation, bris de rameaux...) sont négligeables.

6. Il convient de respecter un mode opératoire facile de mise en oeuvre, supprimant les pertes de temps et évitant les meurtrissures de la zone de l'ostiole.

7. L'obturation de l'ostiole n'a engendré aucune dégradation de goût ou de texture des figues lors de leur consommation, ni provoqué de variation du calibre habituel des figues mûres. Mais l'obturation totale de l'ostiole par les pastilles ayant été de courte durée du fait du rapide décollement partiel de celles-ci, ces résultats qualitatifs sont à réévaluer en cas d'obturation totale de l'ostiole jusqu'au stade de maturité.

 

Le chapitre suivant rend compte de la deuxième expérimentation de l'obturation de l'ostiole, menée au cours de la même saison sur un nombre de figues immatures plus élevé de la variété unifère 'Bellone'.

 

 

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