Silba adipata McAlpine

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Auteur : Bernard PEYRE.
Photographies : l'auteur.

Tous droits réservés.

 

 

Capture, transfert, marquage des mouches adultes

 

 

 

Communication de Bernard PEYRE, ancien producteur de figues, consultant-formateur pour la culture commerciale de la figue. Septembre 2024.

 

CAPTURE ET TRANSFERT

 

Voici mon procédé pour capturer des individus adultes de Silba adipata McAlpine sur les figuiers, afin de les observer ex situ, ou de constituer un élevage sans avoir à partir de larves issues de figues parasitées. J'utilise un aspirateur à main sans fil (voir photographies ci-après). Pour que la mouche se laisse aspirer, deux conditions doivent être réunies. Il faut que l'on approche d'elle l'aspirateur lentement, sans effectuer de mouvements brusques. Et, surtout, qu'elle soit profondément absorbée par son activité sur le figuier. Cela se produit dans deux cas : femelle en train de pondre, ou individu totalement immobile depuis au moins 15 secondes se nourrissant sur un point de suintement de latex, ou sur le revers d'une feuille.

Précisions concernant le mode opératoire : l'aspirateur doit être approché à 1 à 4 cm de la mouche, sachant que dans le cas d'une femelle pondeuse, celle-ci est fortement fixée à la figue, et il faut parfois pratiquement plaquer l'aspirateur contre elle. Veiller à couper l'aspiration immédiatement après l'entrée de la mouche dans le réservoir, pour éviter que celle-ci ne soit endommagée en étant projetée contre le filtre. L'aspirateur peut être utilisé pour des aspirations successives de plusieurs mouches. Pour le transfert des mouches, séparer le réservoir du bloc d'aspiration et le placer 2 à 3 heures au réfrigérateur, afin de rendre les mouches totalement inactives. Puis enlever le filtre du réservoir, et déverser les mouches immobiles dans le contenant souhaité. Attention, hors du réfrigérateur, l'engourdissement des mouches disparaît au bout de quelques minutes.
 

Silba adipata McAlpine : utilisation d'un aspirateur à main pour la capture et le transfert d'individus adultes.

Silba adipata McAlpine : utilisation d'un aspirateur à main pour la capture et le transfert d'individus adultes.
 Crédit : Bernard PEYRE.

 

Silba adipata McAlpine : utilisation d'un aspirateur à main pour la capture et le transfert d'individus adultes.

Silba adipata McAlpine : utilisation d'un aspirateur à main pour la capture et le transfert d'individus adultes.
 Crédit : Bernard PEYRE.
 

Autre procédé de transfert (source : François DROUET).

Pour ceux qui voudraient tenter l'expérience d'observation de mouches noires du Figuier ex situ, j'indique comment les récupérer dans une boîte d'émergence pour les placer dans le lieu d'observation ou de photographie souhaité (verre ou bocal à paroi très fine, par exemple). Les photographies à travers le film plastique alimentaire transparent qui ferme les boîtes d'émergence ont un rendu insuffisant. J'utilise une paille à sirop de gros diamètre. Je fais entrer la mouche dans la paille en présentant un orifice de celle-ci face à elle, tout en bouchant avec le plat d'un doigt l'orifice opposé. La mouche finit toujours par pénétrer dans la paille, même s'il faut parfois insister assez longtemps. On peut accélérer son entrée dans la paille en l'aspirant, mais on s'expose alors à du gobage de mouches...

J'attends que la mouche remonte à la marche la paille sur environ 5 cm (on la voit par transparence), et je la transfère à l'endroit souhaité où je la dépose en soufflant dans la paille par l'orifice opposé à celui par lequel elle est entrée. Attention qu'elle ne remonte pas trop dans la paille, car elle peut se retrouver rapidement dans la bouche... Cela m'est arrivé une fois, et cela a été assez désagréable, même si la mouche s'est immédiatement noyée dans la salive. Pendant le trajet éventuel avec la mouche emprisonnée dans la paille, boucher les orifices de la paille en pinçant les extrémités de celle-ci avec les doigts.

Si d'autres mouches sont présentes dans les contenants d'origine, le point délicat du transfert est l'insertion et le retrait de la paille, tant au départ qu'à l'arrivée. S'il existe la moindre ouverture, une ou plusieurs mouches s'échappent compte tenu de la vivacité de leur vol, difficile à imaginer tant qu'on ne l'a pas expérimentée. Un espace ou un trou éventuel, même minuscule, apparaît très grand à la mouche de la figue, qui fait moins de 2 mm de largeur, et aucune faille ne lui échappe... Dans le cas de boîtes d'émergence en plastique fermées par un film alimentaire, il faut bien enserrer la paille dans le film alimentaire avec les doigts au départ, et veiller à ce qu'il n'existe aucun espace autour du point d'insertion de la paille à l'arrivée. Je n'ai jamais eu à recourir à ce procédé, mais j'ai pensé à la possibilité, pour boucher les points de passage de la paille, de découper un  bout de carton au travers duquel on fait passer la paille par un trou assez étroit pour que l'ait à forcer pour le faire traverser par la paille. En tout état de cause, il faut faire tomber au bas des contenants (en frappant de façon sèche) les mouches non transférées éventuelles qui se trouvent en haut de ceux-ci, ou sur le revers du film alimentaire.

Fin de la communication de François DROUET.

 

MARQUAGE

 

Au cours de mes observations de Silba adipata McAlpine sur les figuiers, j'ai éprouvé la nécessité de repérer une femelle observée en train de pondre, pour essayer de déterminer si elle restait sur le figuier après la ponte, et si elle revenait sur celui-ci le même jour ou les jours suivants (pour pondre ou  pour se nourrir). Un autre objectif était de mieux observer l'occurrence des pontes de la femelle considérée dans une même figue (le même jour, ou d'un jour à l'autre).

Mon idée a alors été de marquer la femelle pondeuse par un point de peinture (gouache), déposé sur la face supérieure du thorax de celle-ci avec la pointe d'une fine baguette à brochette.

Procédé 1 : sur le figuier, vérification que la femelle est bien absorbée dans sa tâche de ponte ; approche lente de la pointe de la baguette ; marquage par contact  doux - réussite un fois sur deux seulement.

Procédé 2 : aspiration et placement au réfrigérateur de la femelle en train de pondre, comme exposé au sous-chapitre précédent ; après 3 heures dans le réfrigérateur, libération de la mouche engourdie du réservoir de l'aspirateur ; marquage de celle-ci, en la tenant délicatement entre les doigts.; placement dans une boîte en plastique de la mouche marquée, pour la transporrter (une fois sa vitalité retrouvée - quelques minutes) à proximité du figuier d'origine, où elle est relâchée.

J'ai également envisagé de marquer des femelles absorbées dans leur tâche de nutrition sur un point de suintement de latex (immobilité de plus de 15 secondes). Le procédé 1 précité est sans objet, car on ne peut pas distinguer à l'oeil nu s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Je l'ai quand même testé, pour d'éventuelles études futures qui ne nécessiteraient pas le sexage des mouches marquées. Il fonctionne, mais dans les mêmes conditions que lorsqu'il est appliqué à une femelle en cours de ponte : réussite une fois sur deux. Le procédé 2 peut être utilisé, si l'on sexe les mouches avant marquage (loupe forte, stéréomicroscope, photographie en gros plan...). Attention aux contraintes de délai de reprise de la vitalité, qui peuvent entraîner de devoir remettre les femelles sexées au réfrigérateur (boîte en plastique) pour prolonger l'engourdissement.
 

Marquage d'une femelle de Silba adipata McAlpine engourdie par un séjour au réfrigérateur.

Marquage d'une femelle de Silba adipata McAlpine engourdie par un séjour au réfrigérateur.
 Crédit : Bernard PEYRE.

 

Marquage d'une femelle de Silba adipata McAlpine engourdie par un séjour au réfrigérateur.

Marquage d'une femelle de Silba adipata McAlpine engourdie par un séjour au réfrigérateur.
 Crédit : Bernard PEYRE.
 

Lors de mes premiers essais de la méthode de marquage (saison 2024), j'ai constaté que sur les 8 couleurs à ma disposition en sus du noir, seuls le blanc, le jaune, et l'orangé, me paraissaient suffisamment visibles au niveau du thorax de la mouche marquée. D'autre part, pour une même génération de Silba adipata McAlpine, l'utilisation d'un nombre de couleurs inférieur au nombre de femelles marquées me semble introduire un risque de confusion important. Celles porteuses d'une même couleur peuvent se croiser sur un groupe de figues, ou revenir d'un jour à l'autre sur le figuier, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit du même individu ou d'individus différents.

Exemple 1.
 

Silba adipata McAlpine marquée d'un point jaune.

Silba adipata McAlpine marquée d'un point jaune, consommant du latex (base d'un pétiole de feuille de figuier arrachée).
  Crédit : Bernard PEYRE.

 

Silba adipata McAlpine marquée d'un point jaune.

Silba adipata McAlpine marquée d'un point jaune, consommant du latex (base d'un pétiole de feuille de figuier arrachée).
  Crédit : Bernard PEYRE.
 

Exemple 2.
 

Ponte d'une femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc.

Ponte d'une femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc.
  Crédit : Bernard PEYRE.

 

Ponte d'une femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc.

Ponte d'une femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc.
  Crédit : Bernard PEYRE.

 

Femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc.

Femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc, consommant du latex le 6 novembre 2024.
(cette femelle a été marquée au cours d'une ponte sur le même figuier le jour précédent - 5 novembre 2024).
 Crédit : Bernard PEYRE.
 

Exemple 3.

La vidéo ci-dessous montre une femelle de Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc en train de pondre. On peut constater que ce marquage permet de la distinguer aisément, même d'assez loin, des femelles non marquées, telle celle qui figure aussi sur la vidéo.

 

Ponte d'une femelle Silba adipata McAlpine marquée d'un point blanc.
  Crédit : Bernard PEYRE.

 

 

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