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Présentation Biologie Mode de vie Infestation Nuisance Moyens de lutte |
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Auteur : François DROUET. |
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Description détaillée : la tête
Généralités, yeux, antennes
La description détaillée de Silba adipata McAlpine, qui fait l'objet de différents chapitres, est inspirée de celle fournie par Filippo SILVESTRI, à laquelle j'ajoute mes observations personnelles et des informations trouvées dans la littérature spécialisée. Référence : SILVESTRI F., Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico
e del
fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, 1917, vol.12, pp. 123 -146. Dans le présent chapitre, je traite la description détaillée de la tête, selon le plan suivant : jonction tête-thorax, les soies, les yeux, les antennes. Sachant que la description détaillée de la trompe buccale figure dans un chapitre complémentaire et que le cas du ptilinum non entièrement rétracté fait l'objet d'un chapitre spécifique.
Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine, 1956) : adulte femelle.
JONCTION TÊTE-THORAX
La jonction entre la tête et le thorax de Silba adipata McAlpine n'est pas visible à l'œil nu et elle n'apparaît que très rarement sur les photographies et les vidéos. Lorsque j'ai pu l'apercevoir, j'ai été frappé par sa finesse qui contraste avec l'aspect compact et massif de la partie avant de la mouche.
Silba adipata McAlpine : finesse de la jonction tête-thorax.
SOIES
J'observe des soies noires peu nombreuses sur le haut de la tête, au niveau de l'espace interoculaire.
Silba adipata McAlpine : présence de soies noires sur le dessus de la tête.
LES YEUX
COULEUR F. SILVESTRI indique que les yeux sont rouge brique lorsque l'insecte est vivant (ou mort et encore frais) et qu'ils deviennent brun plus ou moins sombre lorsque l'insecte est mort et sec. C'est ce que j'ai observé, mais je précise que la couleur des yeux est difficile à déterminer à l'œil nu compte tenu de la petitesse de l'insecte. Pour y parvenir, il faut que la mouche soit en plein soleil et qu'on puisse l'observer à quelques centimètres. Même dans ces conditions, il faut avoir une très bonne vue et l'aide d'une loupe peut être utile. Silba adipata McAlpine : les yeux sont de couleur rouge brique (plein soleil).
Silba adipata McAlpine : les yeux sont de couleur rouge brique (mi-ombre).
ESPACE INTEROCULAIRE Pour Eugène SÉGUY, qui décrit Silba adipata McAlpine sous le nom de Lonchaea aristella Beck. comme l'a fait Filippo SILVESTRI (qu'il cite et dont il reproduit certaines figures), l'espace interoculaire est différent selon le sexe de l'individu : chez la femelle, l'espace interoculaire est égal au quart de la largeur de la tête ; chez le mâle, il est plus étroit (le cinquième de la largeur de la tête). Référence : SÉGUY E. - Diptères (Brachycères), Faune de France, vol. 28, page 176, Paul LECHEVALIER et fils, Paris, 1934. Selon mes propres observations (sur des photographies et des vidéos, car cela n'est pas perceptible à l'œil nu...), l'espace interoculaire est en effet plus étroit chez le mâle que chez la femelle. Les mesures que j'ai pu réaliser font apparaître que pour l'individu femelle de Silba adipata McAlpine l'espace interoculaire est égal à un peu plus d'un tiers de la largeur de la tête. Pour l'individu mâle, je n'ai pas pu pour le moment mesurer de façon assez précise la largeur de l'espace interoculaire par rapport à celle de la tête. Les photographies suivantes montrent l'espace interoculaire d'un individu mâle (étroit) et celui d'un individu femelle (plus large). Silba adipata McAlpine : espace interoculaire d'un individu mâle (étroit).
Silba adipata McAlpine : espace interoculaire d'un individu femelle (plus large que celui d'un individu mâle). La vidéo ci-après permet d'observer l'étroitesse de l'espace interoculaire d'un individu mâle de Silba adipata McAlpine (l'extrémité de l'abdomen, visible pendant les trois dernières secondes de la vidéo, permet de confirmer qu'il s'agit bien d'un individu mâle).
Silba adipata McAlpine : observation de l'espace interoculaire d'un individu mâle.
ANTENNES
ASPECT La tête de Silba adipata McAlpine est pourvue de deux antennes noirâtres, courtes et pendantes. Silba adipata McAlpine : deux courtes antennes noirâtres sur le devant de la tête.
POSITION Les deux antennes sont implantées entre les yeux, à la jonction entre le dessus de la tête et la face. Silba adipata McAlpine : deux courtes antennes entre les yeux, à la jonction entre le dessus de la tête et la face.
Silba adipata McAlpine : deux courtes antennes entre les yeux, à la jonction entre le dessus de la tête et la face.
STRUCTURE GÉNÉRALE Selon la description de F. SILVESTRI, l'antenne est composée de trois articles. Le deuxième article porte une longue soie supérieure. Le troisième article est allongé, environ deux tiers plus long que large, avec une extrémité arrondie. Il est muni d'une arista plumeuse, plus longue que lui d'un peu moins d'un tiers. En page 125 de son article, F. SILVESTRI fournit une figure (II-1) de l'antenne, que je reproduis ci-après.
Silba adipata McAlpine : structure d'une antenne. La photographie suivante montre les deux aristas et on peut distinguer aussi la soie du deuxième article de l'antenne. Silba adipata McAlpine : arista et soie du deuxième article de l'antenne. En fait, la structure générale de l'antenne en 3 articles décrite et dessinée par F. SILVESTRI est commune à l'ensemble des diptères brachycères, qui comprennent de nombreuses familles, dont celle des Lonchaeidae à laquelle appartient Silba adipata McAlpine. Le premier article se nomme le scape, le second le pédicelle et le troisième le flagelle.
DÉTAILS En janvier 2026, CARDEÑA-BASILIO I. et al. ont publié dans la revue Southwestern Entomologist un article relatif à la différentiation des antennes chez le mâle et la femelle de Silba adipata McAlpine. Référence : CARDEÑA-BASILIO I., CIBRIÁN-TOVAR J., SALOMÉ-ABARCA L. F., VALDEZ-CARRASCO J. M., 2026, Morphological differentiation of the antennae of males and females of the black fig fly (Silba adipata), Southwestern Entomologist 51(1), 131-147. Ils fournissent la photographie ci-après (microscope électronique à balayage) et ils indiquent que les antennes sont couvertes d'abondantes soies sensorielles (sensilles), qui jouent un rôle clé dans la détection de la nourriture, la sélection des partenaires et l'identification de sites propices à la ponte. Note : la sensille se distingue d'une soie non sensorielle (pleine) par le fait qu'elle est creuse et reliée à un ou plusieurs neurones sous-jacents. Silba adipata McAlpine : détails d'une antenne (individu mâle). Les auteurs soulignent les éléments suivants. Le scape présente de grandes sensilles trichoïdes (c'est à dire en forme de filaments) longitudinales, robustes, articulées, accompagnées d'abondants microtriches (petits poils) dans sa partie médiane. Le pédicelle triangulaire porte à la jonction avec le flagelle une touffe de sensilles trichoïdes mécanoréceptrices robustes. Le flagelle est un segment allongé ovale, noirâtre et pubescent, qui présente une grande diversité sensorielle (l'étude a recensé neuf types de sensilles sur celui-ci). L'arista est longue et fine, et, sur toute sa longueur, présente des rugosités et porte des sensilles de Böhm (poils mécanorécepteurs en rapport avec les mouvements et la position de l'antenne).
Antenne de Silba adipata McAlpine : détails du scape (noter les microtriches et le début des sensilles trichoïdes).
Antenne de Silba adipata McAlpine : détails du pédicelle (noter les sensilles trichoïdes à la jonction avec le flagelle).
Antenne de Silba adipata McAlpine : détails de l'arista (noter les sensilles de Böhm et les rugosités).
DIMORPHISME SEXUEL Les mesures pratiquées sur les antennes des individus constituant l'échantillon étudié (10 mâles et 10 femelles) ont révélé un dimorphisme sexuel, qui pourrait être lié aux fonctions écologiques différentes des mâles et des femelles. Chez les mâles, l'antenne dans son ensemble, le flagelle et l'arista étaient plus longs que chez les femelles. Les sensilles trichoïdes et certaines sensilles basiconiques (c'est à dire en forme de doigt de gant - pièce usinée utilisée pour protéger une sonde) étaient significativement plus longues, ce qui suggère une chimiosensibilité accrue chez les mâles.
TROMPE BUCCALE
La mouche noire du Figuier dispose d'une trompe buccale, repliée au repos et qu'elle déplie lors de ses activités de nutrition (réalisées par léchage et succion). Voir description détaillée de la trompe buccale dans un chapitre complémentaire.
Silba adipata McAlpine ayant déplié sa trompe buccale.
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