Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
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Mouches sosies

 

 

 

Je présente ci-après mes observations de diverses mouches sosies de Silba adipata McAlpine.

Nyctia halterata Panzer est une petite mouche noire fréquentant le figuier, qui n'attaque pas les figues mais qui peut prêter à confusion avec Silba adipata McAlpine.

J'ai repéré une autre espèce sosie (plusieurs individus), plus proche de Silba adipata McAlpine du point de vue morphologique, lors des relevés des pièges que j'ai mis en place à titre expérimental sur certains de mes figuiers. Elle n'appartient pas à la famille des Lonchaeidae et je ne l'ai pas identifiée.

J'ai en revanche identifié facilement lors des relevés des captures dans les pièges quelques individus appartenant à l'espèce Lamprolonchaea smaragdi  Walker, très proche morphologiquement de Silba adipata McAlpine (quoique plus petite, et de couleur verte au soleil). Les deux espèces appartienent à la même famille (Lonchaeidae).

Il convient de souligner que, parmi les mouches sosies précitées, seule l'espèce Lamprolonchaea smaragdi  Walker attaque la figue (ponte), mais de façon secondaire.

Par ailleurs, je pense qu'il se peut que le figuier soit occasionnellement fréquenté par d'autres espèces de la famille des Lonchaeidae pouvant être confondues avec Silba adipata McAlpine et signalées en France (telle Silba fumosa Egger). Mais, selon mes observations et mes tests d'émergence (rejoignant ceux d'autres observateurs), elles n'attaquent pas (ponte) la figue.

 

NYCTIA HALTERATA Panzer

 

Il me semble utile d'indiquer que j'ai rencontré plusieurs fois sur des figuiers, en des lieux différents, une petite mouche noire qui n'attaque pas les figues mais qui peut prêter à confusion.

Par expérience, je sais qu'elle peut être prise pour la mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) par des personnes n'ayant jamais vu cette dernière.

Il s'agit de Nyctia halterata Panzer, appartenant à la famille des Sarcophagidae.

Cette mouche ne pond pas dans la figue, mais on peut l'observer se déplaçant sur les feuilles du figuier et sur les figues.

La première différence avec Silba adipata McAlpine est qu'elle se tient exclusivement sur la face supérieure des feuilles. On ne la trouve jamais sur la face inférieure des feuilles du Figuier, lieu de résidence privilégié de Silba adipata McAlpine.
 

Nyctia halterata Panzer sur figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'

Nyctia halterata Panzer sur figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)
 

En fait, elle est légèrement plus grande que Silba adipata McAlpine et se déplace plus rapidement. Contrairement à la mouche noire du Figuier, elle garde les ailes écartées en marchant.
 

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier, marchant ailes écartées

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier, marchant ailes écartées
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)
 

Son abdomen paraît plus long et il porte de longs poils à son extrémité. Ses ailes aux nervures noires prononcées sont partiellement fumées alors que celles de la mouche noire du Figuier sont plus finement nervurées et sont uniformément translucides.
 

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier

Nyctia halterata Panzer sur feuille de figuier
(une petite mouche noire à ne pas confondre avec la mouche noire du Figuier)

 

ESPECE SOSIE NON IDENTIFIEE

 

Fabian COUSINIÉ, qui a effectué en 2017 son stage de licence professionnelle au CIVAMBIO 66 avec pour sujet l'expérimentation du piégeage de masse de Silba adipata McAlpine, m'a indiqué au printemps 2017 avoir trouvé cette espèce dans les différents pièges qu'il relevait.

Il a remarqué que la nervation de l'aile de l'espèce sosie est différente de celle de Silba adipata McAlpine au niveau du bord antérieur (cellules costale et sous-costale) et m'a fait parvenir la photographie suivante.
 

Silba adipata McAlpine (à gauche) et mouche sosie non identifiée (à droite)

Silba adipata McAlpine (à gauche) et mouche sosie non identifiée (à droite)
(crédit : Fabian COUSINIÉ,
CIVAMBIO 66)
 

J'ai été surpris de l'annonce de l'existence de cette mouche sosie car, pour ma part, je ne l'avais jamais observée sur un figuier, tant à l'oeil nu que parmi les milliers de photographies de Silba adipata McAlpine réalisées au cours de plusieurs saisons d'observation de cette espèce.

Mais, lors des relevés des pièges que j'ai mis en place à titre expérimental sur certains de mes figuiers en fin d'été 2017 (pièges de type McPhail chargés avec une solution aqueuse à 40 g/l de phosphate diammonique), j'en ai trouvé moi aussi quelques individus...

J'en déduis que cette espèce n'est nullement attirée par le Figuier (feuille, figue, bois, latex...) et se trouve dans les pièges posés sur les figuiers au même titre que la mouche de l'olivier (que je n'ai jamais observée sur les figuiers...), c'est à dire par suite de l'attractivité non sélective du phosphate diammonique.

Le critère principal permettant de distinguer l'espèce sosie de Silba adipata McAlpine étant la nervation du bord antérieur de l'aile, j'ai porté une attention particulière à celle-ci lors des comptages des captures par type de mouches que j'ai effectués pendant ma campagne de tests du piégeage de masse avec des pièges de type McPhail.

Pour observer la nervation de l'aile, il faut recourir à une loupe et examiner l'aile déployée à plat à la surface du liquide contenu dans le piège. Ce n'est pas toujours visible car le liquide attractif est trouble. D'autre part, un certain nombre d'individus ne sont plus en surface, mais au fond du piège.

En cas de doute (assez fréquent), je retire les individus du piège pour les examiner.

Mais, dans la plupart des cas, au moment où la mouche quitte le liquide du piège, les ailes mouillées s'enroulent sur elles-mêmes dans le sens de la longueur et se collent au corps, rendant impossible l'examen de leur nervation.

Je place les mouches mouillées quelques instants sur du papier essuie-tout pour les débarrasser de l'essentiel de l'eau dont elles sont chargées, notamment au niveau des ailes.

Lorsque les mouches sont pratiquement sèches, je les place délicatement sur la surface de l'eau contenue dans une coupelle plate. Au moins une aile se déploie alors à plat progressivement et je peux orienter le corps avec une pince pour obtenir l'angle de photographie que je souhaite.
 

Deux mouches à la surface de l'eau, dans une coupelle plate

Deux mouches à la surface de l'eau, dans une coupelle plate
(pour observation de la nervation de l'aile)
 

Sur la photographie ci-dessous, la nervation de l'aile de l'espèce sosie apparaît distinctement et il est facile d'observer que cette nervation n'est pas celle de la famille des Lonchaeidae, dont fait partie Silba adipata McAlpine (voir la nervation de l'aile des Lonchaeidae dans le chapitre "Description détaillée").

En effet, chez l'espèce sosie, je note trois différences : la nervure sous-costale (SC) s'écarte nettement de la première nervure radiale (R1) pour aller rejoindre la nervure costale nettement avant R1 ; R1 est nettement plus épaisse que SC ;  la courbe de SC n'est pas régulière.
 

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée
(noter la nervation de l'aile au niveau des cellules costale et sous-costale)
 

La photographie ci-dessous met en évidence qu'il existe, comme chez Silba adipata McAlpine, une fracture de la nervure costale juste avant la jonction de Sc et de C, avec la présence d'une épine au niveau de cette fracture costale, plus longue que les spinules qui bordent la nervure costale.
 

 Aile d'une mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée

Aile d'une mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée
(noter la fracture costale à la jonction de Sc et de C, avec présence d'une épine plus longue que les spinules costales)
 

D'autre part, j'observe (photographie ci-dessous) que la mouche sosie présente des différences avec Silba adipata McAlpine au niveau des soies et de la pillosité : soies plus nombreuses sur le dessus de la tête ; présence de nombreuses soies sur le dessus du préscutum et du scutum ; soies plus fournies au niveau du scutellum ; pilosité sur l’abdomen nettement plus longue ; soies sur le bas de la face (au-dessous des antennes), vers l’avant et sur le dessous.
 

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée

Mouche sosie à la surface de l'eau ; espèce non identifiée
(noter les différences au niveau des soies et de la pilosité avec Silba adipata McAlpine)
 

J'ai noté aussi que les pattes de la mouche sosie semblent plus longues que celles de Silba adipata McAlpine.

La taille d'un individu de l'espèce sosie (longueur du corps : 5 mm) est plus importante que la taille courante des individus de Silba adipata McAlpine (4 mm).
 

Mouche sosie ; espèce non identifiée

Mouche sosie ; espèce non identifiée
(noter la taille de 5 mm du corps, ainsi que la longueur des pattes)
 

Mais il m'est arrivé à quelques reprises de trouver dans les pièges des individus de l'espèce sosie plus petits, comme le montrent la photographie ci-dessous.
 

Deux individus de l'espèce sosie à la surface de l'eau

Deux individus de l'espèce sosie à la surface de l'eau
(noter la différence de taille)
 

Selon mes observations, les individus de plus petite taille (corps de 4 mm de long) sont des mâles (photographie -ci-dessous). Mais je ne dispose pas d'un nombre d'observations suffisant pour affirmer que c'est toujours le cas.
 

Espèce sosie à identifier (individu mâle)

Espèce sosie à identifier : individu mâle
 

Les recherches que j'ai effectuées sur Internet en différentes langues ne m'ont pas permis d'identifier l'espèce sosie que je viens de présenter.

Fabian COUSINIÉ et son maître de stage (Marie SINGER, technicienne en arboriculture au CIVAMBIO 66) m'ont indiqué ne pas l'avoir identifiée non plus.

 

LAMPROLONCHAEA SMARAGDI Walker

 

Lamprolonchaea smaragdi  Walker est une espèce de la même famille que Silba adipata McAlpine (Lonchaeidae).

Selon  Eugène SÉGUY, qui la décrit sous le synonyme Lonchaea aurea Macquart 1851 : "la larve se développe surtout dans les fruits déjà attaqués par les Ceratitis ou les Carpocapses (poires, prunes, pèches, oranges, figues) : c'est un agent destructeur secondaire qui hâte leur décomposition et favorise leur invasion par les Drosophiles".

Référence : Diptères (Brachycères), Faune de France, E. SÉGUY, 1934, vol. 28, page 178, Paul LECHEVALIER et fils, Paris.

On peut donc en déduire que Lamprolonchaea smaragdi Walker pond dans les figues déjà fragilisées par une attaque de la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann).

J’ai noté qu’Eugène SÉGUY indique déjà en 1934 que l'espèce a été signalée dans le Var (à Caillan), ainsi qu'en Corse.

Pour ma part, je n’ai jamais pu en observer un individu vivant, ni sur les figuiers, ni sur d’autres fruitiers.

Je n'en ai pas identifié non plus sur les milliers de photographies de Silba adipata McAlpine que j'ai réalisées, dans lesquelles cette espèce aurait pu se glisser par non identification de visu avant photographies.

Et je n'ai pas détecté d'individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker parmi les naissances dans mon élevage de Silba adipata McAlpine ou lors de mes tests d'émergence à partir de figues attaquées.

Pourtant, cette espèce est présente dans mon verger car j’en ai capturé 5 individus entre le 12 août et le 22 septembre 2017, dans des pièges posées sur mes figuiers 'Grise de la Saint-Jean’ et ‘Col de Dame Noire’ contre la mouche noire et la cératite (pièges McPhail chargés avec une solution aqueuse à 40 g/l de phosphate diammonique).
 

Trois individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker

Trois individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker
(noter la morphologie générale, la couleur verte et la taille)
 

Les années suivantes, j'en ai capturé sur les deux figuiers précités, ainsi que sur la touffe de la variété 'Bellone'. Aussi bien dans des pièges appâtés au phosphate diammonique que dans des pièges appâtés avec du sulfate d'ammonium.

Toutefois, quel que soit le figuier et avec l'un ou l'autre des deux attractifs alimentaires précités, le nombre de captures d'individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker est très faible : au maximum trois à cinq par mois (femelles et mâles confondus), souvent moins.

En quoi l'espèce Lamprolonchaea smaragdi Walker est-elle un sosie de Silba adipata McAlpine ?

Son aspect morphologique général est identique à celui de Silba adipata McAlpine.

Et la nervation de l'aile est la même pour les deux espèces car elle est commune à toutes les espèces de la famille des Lonchaeidae (à laquelle appartiennent ces deux espèces).

Mais la couleur vert émeraude métallique du thorax et de l’abdomen permet d'identifier aisément Lamprolonchaea smaragdi Walker.
 

Lamprolonchaea smaragdi Walker : individu à la surface de l'eau dans une coupelle d'observation

Lamprolonchaea smaragdi Walker : individu à la surface de l'eau dans une coupelle d'observation
(noter les reflets verts sur le thorax)

 

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur verte ; nervation du bord antérieur de l'aile spécifique des Lonchaeidae

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur verte ; nervation du bord antérieur de l'aile spécifique des Lonchaeidae
 

J'ai remarqué qu'en plein soleil et selon l'incidence de la lumière, l'abdomen peut apparaître de couleur dorée, en partie ou en totalité.
 

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur et nervation de l'aile

Lamprolonchaea smaragdi Walker : couleur et nervation de l'aile
(noter : l'abdomen apparaît partiellement doré ; la nervation du bord antérieur de l'aile est celle des Lonchaeidae)
 

Attention : pour que la couleur verte soit visible, il faut des conditions d'intensité et d'incidence de lumière favorables sans lesquelles un individu de Lamprolonchaea smaragdi Walker apparaît de couleur noire comme les individus de Silba adipata McAlpine (à l'oeil nu et sur les photographies).

Mais souvent, même noir, il apparaît à un oeil averti plus brillant que ces derniers (notamment à la surface du liquide des pièges).

D'autre part, les individus de Lamprolonchaea smaragdi Walker sont nettement plus petits que ceux de Silba adipata McAlpine (sauf cas particulier assez rare d'un individu plus grand que le standard comparé à un individu de Silba adipata McAlpine nettement plus petit que le standard).

Je fournis d'autres observations détaillées de Lamprolonchaea smaragdi Walker dans un article traitant des mouches qui attaquent les figues.

 

 

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