Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
Tous droits réservés 

 

 

Comportement grégaire

 

 

 

B. I. KATSOYANNOS a étudié des populations importantes de Silba adipata McAlpine en 1981 et 1982 dans l'île de Chios (Grèce).

Référence : KATSOYANNOS B. I., 1983, Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae), and trapping experiments, Z. ang. Entomol. 95, pp. 471-476.

Il rapporte qu'il a souvent observé plusieurs mouches noires du Figuier se nourrissant au même endroit en se touchant presque, mais sans aucun comportement agressif les unes envers les autres.

Par ailleurs, B. I. KATSOYANNOS indique qu'il a pu observer une agrégation de 7 mouches de la figue autour du point d'attache d'une feuille arrachée quelques minutes auparavant, qui suintait de latex frais. Il mentionne cette observation pour illustrer l'attractivité du latex, mais le regroupement en si grand nombre sur une surface réduite montre également le comportement grégaire des mouches noires du Figuier.

J'ai observé moi aussi que Silba adipata McAlpine a un comportement grégaire.

Celui-ci se traduit par le regroupement, la recherche de la proximité, l'entremêlement des pattes et l'accolement des têtes.

Il transparaît aussi dans la cohabitation pacifique de Silba adipata McAlpine avec Ceratitis capitata Wiedemann sur la même figue, que j'ai pu souvent observer.

J'ai pu noter malgré tout quelques comportements agressifs entre des individus de Silba adipata McAlpine placés côte à côte, dont je rends compte en fin de chapitre.

 

LE REGROUPEMENT

 

J'ai observé que lorsqu'une mouche noire du Figuier est posée sur une zone de suintement de latex, elle est généralement rejointe assez rapidement par une ou plusieurs autres mouches noires qui consomment du latex simultanément, sans se repousser.

Les mouches cohabitent à proximité les unes des autres autour du point de regroupement.

Quatre mouches de la figue regroupées sur un jeune rameau de figuier

Quatre mouches de la figue regroupées sur un jeune rameau de figuier,
autour d'un point de suintement de latex 
; grossissement : x 5

Le plus souvent, les mouches noires du Figuier se regroupent sur le même point de suintement de latex, même s'il en existe d'autres à proximité sur le rameau.

Trois mouches de la figue s'étant posées sur la même zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée,
alors qu'il en existe une au-dessus et deux au-dessous suintant également de latex
; grossissement : x 2

J'ai aussi observé le regroupement de trois mouches noires du Figuier sur une figue présentant des trous de ponte de cératite par lesquels du latex avait émergé.

Elles se sont toutes trois posées sur la même figue, alors qu'il existait sur l'arbre à proximité de celle-ci de nombreuses figues présentant également des écoulements de latex en surface.

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface,
alors qu'il existe des figues similaires à proximité sur le même arbre
; grossissement : x 3,5
(noter la quatrième mouche au-dessous du bourgeon apical du rameau)

 

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface

Trois mouches noires du Figuier s'étant posées sur la même figue présentant du latex en surface,
alors qu'il existe des figues similaires à proximité sur le même arbre
; grossissement : x 4,5

 

LA RECHERCHE DE LA PROXIMITE

 

Une fois posées au même endroit, les mouches noires du Figuier recherchent la proximité au cours de leur activité de nutrition.

J'ai pu constater que lorsque l'une d'entre elles quitte un point de suintement de latex pour aller explorer le rameau de figuier, elle est souvent suivie par une ou plusieurs mouches noires s'étant posées au même endroit, dans le même sens de la marche (toutes vers le haut ou toutes vers le bas du rameau).

J'ai aussi observé que lors du parcours du rameau par plusieurs mouches de la figue, il arrive souvent que deux d'entre elles se rapprochent très près l'une de l'autre, ou s'accolent pratiquement, tout en suçant le rameau. Alors qu'elles disposent de toute la longueur du rameau et qu'elles ne sont pas contraintes à le faire.

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 2,5)

 

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 10)

 

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier

Mouches de la figue recherchant la proximité lors du parcours d'un jeune rameau de figuier
(grossissement : x 18)

D'autre part, lorsque deux ou trois mouches se regroupent sur un point de suintement de latex, elles se déplacent souvent sur celui-ci de façon à se trouver accolées alors que la superficie du point de suintement de latex ne le rend pas nécessaire.

Enfin, j'ai pu remarquer le même comportement de recherche de proximité avec trois mouches posées sur la même figue en cours de maturation, particulièrement chargée de latex en surface par suite de nombreuses attaques de cératite.

Une fois posées (successivement), elles ont commencé à se nourrir pendant quelques secondes à la surface de la figue dans des zones bien séparées.

Puis, tout en continuant à se nourrir, les trois mouches se sont progressivement rapprochées jusqu'à se toucher (deux d'entre elles partageant le latex ayant émergé du même trou de ponte de cératite), alors qu'à la surface de la figue le latex, frais ou séché, ne manquait pas sur une zone assez vaste.

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres
alors que le latex frais ou séché ne manque pas à la surface de la figue ; grossissement : x 2,5
(noter la quatrième mouche au-dessous du bourgeon apical du rameau)

 

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres

Mouches noires du Figuier s'étant rapprochées très près les unes des autres
alors que le latex frais ou séché ne manque pas à la surface de la figue ; grossissement : x 9

 

L'ENTREMÊLEMENT DES PATTES

 

Lors de leur proximité les unes par rapport aux autres, il n'est pas rare que deux mouches, voire trois, entremêlent leurs pattes de façon plus ou moins marquée.

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 5)

 

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(grossissement : x 10)

 

Dans certains cas, deux mouches de la figue s'accolent pratiquement en entremêlant leurs pattes, alors que l'espace de nutrition ne les contraint pas à une telle proximité.

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée

Mouches de la figue entremêlant leurs pattes sur la zone d'attache d'une feuille de figuier verte arrachée
(noter que la surface de la zone suintant de latex ne les contraint pas à une telle proximité ; grossissement : x 18)

 

INTERPRETATION

L'entremêlement des pattes est difficile à observer à l'oeil nu et difficile à interpréter sur la plupart des photographies.

Toutefois, certaines photographies, telle celle qui suit, laissent penser qu'il s'agit de tentatives de repoussement mutuel.

Mouche de la figue semblant repousser de sa deuxième patte droite une autre mouche de la figue

Mouche de la figue semblant repousser de sa deuxième patte droite une autre mouche de la figue
(grossissement : x 10)

Les vidéos de comportements agressifs fournies en fin du présent chapitre permettent de confirmer cette interprétation.

 

L'ACCOLEMENT DES TÊTES

 

Dans d'autres cas, les mouches de la figue s'accolent pratiquement au niveau de la tête alors que l'espace de nutrition est vaste.

Deux mouches de la figue se nourrissant sur une coulée de latex de figuier

Deux mouches de la figue se nourrissant sur une coulée de latex de figuier ; grossissement : x 6
(les mouches se touchent presque de la tête alors que l'étendue de la zone recouverte de latex ne les y contraint pas)

 

Mouches de la figue se nourrissant sur une zone suintant de latex

Mouches de la figue se nourrissant sur une zone suintant de latex ; grossissement : x 13
(alors que la superficie de la zone suintant de latex ne les y contraint pas, les trois mouches sont regroupées
sur la moitié gauche du point d'attache de la feuille et deux d'entre elles se touchent presque de la tête)

 

OBSERVATIONS DE COMPORTEMENTS AGRESSIFS

 

Comme B. I. KATSOYANNOS, je n'ai pas décelé à l'oeil nu (ou sur des photographies) d'antagonismes entre des individus de Silba adipata McAlpine placés côte à côte.

Mais j'ai pu noter quelques comportements agressifs lorsque j'ai commencé à réaliser des vidéos, le visionnage de celles-ci permettant d'observer plus finement les comportements.

Il s'agit d'écartements mutuels avec les pattes agitées de façon très rapide ou de tentatives d'éloignement ou de blocage avec la tête.

Ces séquences agressives mettent en cause parfois plus de deux individus.

Elles peuvent durer plusieurs secondes, mais elles cessent toujours assez rapidement lorsque l'une des mouches antagonistes cède la place en s'éloignant.

Il n'est pas rare, toutefois, qu'une mouche écartée revienne à la charge après avoir contourné celle avec laquelle elle était en conflit.

Ces comportements agressifs paraissent sans danger pour les mouches concernées.

 

Exemple 1 - vidéo ci-après

 

Silba adipata McAlpine : comportement agressif de deux individus sur une coupe de rameau de figuier
(Pensez à passer en plein écran si vous souhaitez mieux observer la confrontation)

 

Dans la vidéo ci-dessus, la mouche venant de droite écarte la mouche initialement présente, puis essaie vivement avec les pattes de l'empêcher de revenir, y compris frontalement (sans que je puisse déterminer si les têtes se touchent, mais elles sont en tout état de cause très proches...)..

Puis elle rompt la confrontation en contournant la mouche qui est revenue. Mais elle la pousse latéralement avec le thorax avant de s'éloigner.

Je note aussi que lorsque la mouche venant de droite s'approche la mouche initialement présente, cette dernière tente de la tenir à distance en étendant la deuxième patte gauche.

 

Exemple 2 - vidéo ci-après

 

Silba adipata McAlpine : comportement agressif de deux individus sur la zone d'attache d'une feuille de figuier arrachée
(Pensez à passer en plein écran si vous souhaitez mieux observer la confrontation)

 

Dans la vidéo ci-dessus, la mouche à gauche (un mâle, selon l'extrémité de l'abdomen) essaie de repousser celle à droite (une femelle selon l'extrémité de l'abdomen), avec sa deuxième patte droite, puis sa patte avant droite. La femelle en fait de même avec ses deuxième et première pattes gauches.

La femelle se décale légèrement sur la droite et l'affrontement latéral se poursuit.

Le mâle effectue ensuite un contournement de la femelle sur l'avant. Au cours de celui-ci, la femelle déplace vers la gauche la partie avant de son corps et le repousse de ses deux premières pattes droites.

Le mâle, d'abord résistant par sa deuxième patte droite, rompt l'affrontement et amorce une descente le long du rameau.

 

 

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