Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
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Cycle de vie

 

 

 

Selon le plan suivant : durée du cycle de vie, durée de vie, nombre de générations, hivernation.

 

DUREE DU CYCLE DE VIE

 

F. SILVESTRI  fournit les durées biologiques suivantes.

Incubation des oeufs (temps pour que la larve naisse de l'oeuf) : 3 jours en période d'été et 8 jours en avril.

Développement complet de la larve (entre la naissance et l'abandon de la figue) : 6 ou 7 jours en période d'été et 24 jours en avril.

Durée de la vie à l'état de pupe : 9 à 10 jours en période d'été (confirmée par mes observations) et 16 jours en avril.

Référence : SILVESTRI F., 1917,  Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Le cycle d'évolution de la mouche noire du Figuier est donc de 18 à 20 jours en période d'été et de 48 jours en avril.

Note : les observations de F. SILVESTRI ont été réalisées dans la région de Naples - Italie. En fonction des conditions climatiques plus chaudes ou plus froides d'une autre région, les durées biologiques pourront être plus courtes ou plus longues.

J'ajoute que, selon les observations de F. SILVESTRI, la durée séparant la ponte de l'apparition des trous de sortie de larve est de 9 à 10 jours en été, et de 32 jours au mois d'avril (incubation des oeufs + développement complet de la larve).

Et, selon mes propres observations, dans la région de Toulon - France, cette durée est de 11 à 26 jours pour des pontes réalisées la première quinzaine de juin (variété unifère 'Bellone'), et de 30 à 40 jours pour des pontes réalisées en avril (figues fleurs de la variété 'Grise de la Saint-Jean').

La photographie ci-dessous montre un imago qui vient de sortir de la pupe, après un développement de 9 à 10 jours à l'intérieur de celle-ci (période d'été). La ponte a eu lieu 18 à 20 jours auparavant.
 

Silba adipata McAlpine : jeune imago venant de sortir de la pupe.

Silba adipata McAlpine : jeune imago venant de sortir de la pupe.
(non encore coloré de noir ; ailes non encore dépliées ; ptilinum non encore rétracté dans la tête)

 

DUREE DE VIE

 

J. GHESQUIERE a conservé en vie pendant six semaines des mouches adultes de Silba adipata McAlpine en laboratoire, nourries au jus de raisin.

Il assure qu'in situ la vie de l'adulte est beaucoup plus longue.

Référence : GHESQUIERE J., 1949, La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653.

Je retiens donc l'estimation d'une durée de vie de 1,5 à 2 mois pour Silba adipata McAlpine.

F. SILVESTRI indique quant à lui que la mouche noire du Figuier "doit vivre un mois et plus".

Référence : SILVESTRI F., 1917,  Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

 

NOMBRE DE GENERATIONS

 

OBSERVATIONS DE F. SILVESTRI

F. SILVESTRI décrit les enchaînements de générations comme suit.

Il a pu déterminer qu'à partir des oeufs déposés dans l'ostiole début avril, on obtient des adultes fin mai.

Les adultes de cette première génération pondent des oeufs à la fin mai ou les premiers jours de juin et ces oeufs peuvent donner des adultes d'une deuxième génération à la fin juin ou les premiers jours de juillet.

En juillet, août et septembre naissent les troisième, quatrième et cinquième générations, le développement complet de l'adulte en juillet et août ne prenant que 19 à 20 jours.

Une sixième génération naît pendant la période octobre-novembre-décembre.

Les adultes vivant plus d'un mois, ceux de la génération précédente continuent à déposer des oeufs alors que les adultes de la génération suivante commencent à pondre et il y a ainsi une intrication des générations.

Référence : SILVESTRI F., 1917,  Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Remarques.

Les premiers vols de Silba adipata McAlpine observés dans l'année sont ceux d'une génération de fin d'automne de l'année précédente, sortie d'hivernation et qui est à l'origine des premières pontes de l'année. Les six générations évoquées par F. SILVESTRI sont celles issues des pontes de l'année (la génération sortie d'hivernation n'étant pas incluse dans les générations de l'année).

F. SILVESTRI arrive à dénombrer six générations parce qu'il prend en compte les variétés de figuiers domestiques très tardives (pour lesquelles il mentionne des attaques de Silba adipata McAlpine).

 

MES OBSERVATONS

En 2019, j'ai étudié l'enchaînement des générations de Silba adipata McAlpine dans mon jardin de la région de Toulon (sur trois figuiers, dont un bifère).

Voir détails dans le chapitre "Corrélation entre les apparitions des générations et les attaques".

J'ai constaté que, malgré la diversité des variétés de figuier présentes, le nombre des générations de l'année n'a été que de trois.

Au-delà de l'enchaînement des générations, j'observe régulièrement pour chacune des variétés de figuier que les attaques de Silba adipata McAlpine connaissent une période très courte de haute intensité, puis s'atténuent fortement et disparaissent complètement alors qu'il subsiste encore sur l'arbre de nombreuses figues immatures.

Voir le modèle du comportement d'attaque en trois phases de Silba adipata McAlpine.

Pendant la phase 3 du modèle, variant de 3 à 6 semaines, Silba adipata McAlpine n'attaque plus les figues immatures encore présentes sur les figuiers (quelle que soit leur taille).

C'est l'existence de cette phase 3 qui limite le nombre de générations.

J'ai calculé qu'en l'absence de phase 3 (donc si Silba adipata McAlpine attaquait les figues immatures jusqu'à disparition de celles-ci) le nombre de générations aurait été de 5. Voir calcul dans l'étude de corrélation précitée.
 

Silba adipata McAlpine pondant sous une écaille ostiolaire d'une figue immature.

Silba adipata McAlpine pondant sous une écaille ostiolaire d'une figue immature

 

HIVERNATION

 

Je n'ai pas pu réaliser d'observations personnelles d'hivernation de Silba adipata McAlpine. J'ai trouvé très peu d'informations publiées sur ce sujet et je les rapporte ci-après.

 

INFORMATIONS DE F. SILVESTRI

Selon Fillipo SILVESTRI, l'adulte apparu en fin d'automne de l'année précédente "doit hiverner".

Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Son hypothèse d'hivernation à l'état adulte (diapause) repose sur le fait qu'il n'a jamais trouvé de larves de décembre à début avril, ni vu de pupes rester en l'état pendant une telle période.

Sans qu'il ne le formule explicitement, F. SILVESTRI a dû se demander si la mouche noire du Figuier n'hiverne pas dans les mamme des caprifiguiers.

Il s'agit des figues bien développées que l'on observe l'hiver sur les branches dépourvues de feuilles des caprifiguiers et qui abritent les larves du blastophage (Blastophaga psenes L.), leur permettant ainsi de passer l'hiver à l'abri.

F. SILVESTRI insiste sur le fait qu'il n'a jamais trouvé de larves de la mouche noire du Figuier dans les mamme qu'il a examinées en hiver, en quelque état que se soit. Il n'y a trouvé que des enveloppes d'oeuf ouvertes, en nombre important.

Il cite en exemples des observations qu'il a réalisées les 6, 7, 9 et 29 décembre 1916 à Portici, Resina, Lecce, Salemi et Cosenza (de 28 à 127 mamme examinées par journée).

Il mentionne aussi les observations qu'il a effectuées de janvier à mars 1917 sur des mamme reçues d'Algérie, d'Espagne et du Portugal, ainsi que sur des mamme de Portici.

 

INFORMATIONS DE N. SCHEWKET

Nihat SCHEWKET, qui a étudié la mouche noire du Figuier au début des années 1930 en Anatolie occidentale (Turquie), indique que "l'hivernation se fait sous forme de pupe dans la terre, très rarement sous forme de larve".

Référence : SCHEWKET N., 1934, Die Feigeninsekten und die wesentlichsten Ursachen der Feigenfruchtfaüle, Anzeiger für Schädlingskunde, 10 (10), 118-119 (achat article).

Cette affirmation contredit l'hypothèse d'une hivernation à l'état adulte avancée par F. SILVESTRI.

N. SCHEWKET ne fait référence à aucune observation personnelle et il ne fournit dans l'article aucun autre élément relatif à l'hivernation.

Mais il emploie une tournure affirmative et la teneur globale de son article montre qu'il a étudié sur le terrain la mouche noire du Figuier de façon approfondie. De plus, la précision relative à l'hivernation sous forme de larve dans de très rares cas est inédite.

On pourrait donc penser que ses indications résultent d'observations personnelles, mais, en toute rigueur, avec la simple phrase contenue dans l'article, on ne peut l'assurer.

 

INFORMATIONS DE J. GHESQUIERE

Jean GHESQUIERE, entomologiste belge, indique que "l'insecte hiberne à l'état de pupe, rarement à l'état larvaire".

Référence : GHESQUIERE J., 1949, La mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck. à la Côte d'Azur, comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 35, pp. 650-653.

J. GHESQUIERE cite N. SCHEWKET parmi ses sources pour le cycle évolutif, sans mentionner en référence l'article de cet auteur.

 

INFORMATIONS DE R. PUSSARD

Roger PUSSARD, qui était directeur de la Station de zoologie agricole et de l'Insectarium d'Antibes (Alpes-Maritimes), indique que "pour SCHEWKET, en Turquie, l'hivernation aurait lieu sous forme de pupe, très rarement de larve".

Référence : PUSSARD R., 1950, A propos de la mouche noire des figues Lonchaea aristella Beck., comptes rendus des séances de l'Académie d'agriculture de France, T. 36, pp. 144-145.

Il cite en référence le document suivant :

SCHEWKET N., 1934, Die Feigeninsekten und die wesentlichsten Ursachen der Feigenfruchtfaüle, Anzeiger für Schädlingskunde, 10 (10), 118-119, Berlin.

R. PUSSARD apporte une contribution personnelle en ajoutant que le 5 octobre 1949 et le 20 janvier 1950, il a cherché en vain des pupes dans les dix premiers centimètres de terre sous les figuiers de la région de Solliès-Pont (Var).

Ceux-ci avaient pourtant été particulièrement touchés par la mouche noire du Figuier l'été précédent, où la perte en tonnage d'expédition fut de plus de 20 % (la région de Solliès-Pont était déjà un important centre de production de figues avec 300 hectares de culture mixte et une expédition annuelle de 1500 tonnes de figues fraîches).

 

CONSULTATION DU SITE HYPPZ (INRA)

J'ai consulté le site de l'INRA recensant les ravageurs européens (encyclopédie HYPPZ).

A la date de la dernière consultation du site (9 août 2020), la mouche noire du Figuier n'y figure pas, ni en nom d'espèce, ni en nom commun.

Pour la mouche méditerranéenne des fruits (Ceratitis capitata Wiedemann), ce site indique que l'hivernation se fait sous forme de pupe mais que l'on a observé dans le sud de l'Italie des adultes ayant réussi à passer l'hiver dans des orangers tardifs.

La question reste ouverte pour la mouche noire du Figuier...

 

Je fournis dans un chapitre spécifique des observations permettant de déterminer les époques de début et de fin d'activité de Silba adipata McAlpine (sortie d'hivernation et premières pontes, dernières pontes de l'année, fin de présence dans mon jardin).

 

 

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