Silba adipata McAlpine

Présentation      Biologie      Mode de vie      Infestation      Nuisance      Moyens de lutte

 


Accueil > Biologie > Incubation de l'œuf / Naissance de la larve.

 

Auteur : François DROUET.
Photographies et vidéos de l'auteur.
Tous droits réservés.

 

 

Incubation de l'œuf  / Naissance de la larve

 

 

 

La description de l'œuf de Silba adipata McAlpine, assortie d'exemples d'observation d'œufs non éclos et d'enveloppes d'œufs vides (chorions), fait l'objet d'un chapitre spécifique. Le présent chapitre traite de l'incubation de l'œuf et de la naissance de la larve.

 

INCUBATION DE L'ŒUF

 

L'incubation de l'œuf est la phase au cours de laquelle la larve se forme à l'intérieur de celui-ci. Elle débute immédiatement après la ponte de l'œuf, par division du noyau de fécondation situé dans le plasme de maturation. Elle se termine lorsque la larve a atteint sa taille de développement complet (0,8 mm) et quitte l'œuf pour rejoindre la cavité centrale de la figue via le canal ostiolaire.

 

DURÉE DE L'INCUBATION

F. SILVESTRI indique que l'incubation de l'œuf de Silba adipata McAlpine dure 8 jours en avril, mais seulement 3 jours en été (région de Naples). Il faut donc de 3 à 8 jours, selon la saison, pour que la larve naisse de l'œuf. Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Selon mes observations (région de Toulon), la durée de l'incubation  de l'œuf  pour le mois d'avril est de 5 ou 6 jours (selon les figues). Soit 2 ou 3 jours de moins que celle observée pour le même mois par F. SILVESTRI dans la région de Naples. L'évaluation de cette durée d'incubation est le résultat d'un test en champ réalisé au mois d'avril 2026, en utilisant des figues fleurs de la variété 'Grise de la Saint-Jean' ayant fait l'objet de pontes observées directement sur l'arbre. Voir le compte rendu détaillé du test au chapitre, dans lequel sont proposées des hypothèses pour expliquer la différence entre les deux durées précitées.

Un test en champ pour l'évaluation de la durée d'incubation de l'œuf pour les pontes de début juin dans les figues des variétés unifères est en cours, en utilisant des figues de la variété 'Bellone' ayant fait l'objet de pontes observées directement sur l'arbre. Publication des résultats en  juillet 2026.

 

EXAMEN DU CONTENU DE L'ŒUF

Selon mon expérience de l'ouverture des œufs de Silba adipata McAlpine, quatre stades d'avancement de l'incubation peuvent être décelés sous stéréomicroscope : vitellus liquide (plus ou moins compact), sans larve en formation visible ; larve en formation (plus ou moins molle, reconnaissable mais à l'aspect inachevé) ; larve bien formée, mais non mobile ; larve bien formée, mobile dès son dégagement de l'œuf (la naissance était imminente). Ces stades d'avancement sont utiles pour dénombrer les pontes dans une figue et pour déterminer leur ancienneté les unes par rapport aux autres.

Ils permettent aussi d'approcher plus précisément la date d'une ponte, sans toutefois pouvoir la déterminer exactement. Le test de la durée de l'incubation de l'œuf pour le mois d'avril (pontes dans figues fleurs) a fait apparaître que l'intérieur de l'œuf présente un vitellus liquide et sans larve visible jusqu'à J + 3 inclus après la ponte et que pour J + 4 et J + 5 après la ponte il contient une larve visible et reconnaissable, mais non mobile. Ces indications ont été intégrées dans la méthode de dénombrement des pontes dans une figue.
 

Silba adipata McAlpine : 1 larve et 3 enveloppes d'oeufs vides (chorions) sous une écaille ostiolaire.

Silba adipata McAlpine : 1 larve et 3 enveloppes d'œufs vides (chorions) sous une écaille ostiolaire.
(larve venant de naître de l'un des chorions ; taille 0,80 mm).

 

NAISSANCE DE LA LARVE

 

Lorsque l'incubation de l'œuf est terminée (larve complètement développée ; taille 0,8 mm), les fentes de déhiscence du pôle antérieur de l'œuf se distendent et l'on aperçoit même parfois l'extrémité antérieure de la larve (cette dernière n'étant pas encore mobile). Puis des frémissements de l'œuf trahissent les premiers mouvement de la larve. Mais celle-ci ne s'extrait pas directement du chorion. Dans une phase 1, la larve laisse poindre son extrémité antérieure hors du chorion, réalise quelques débuts de contorsions, puis se met au repos à l'intérieur du chorion pendant un moment plus ou moins long, disparaissant complètement de la vue de l'observateur. Ce comportement se reproduit plusieurs fois, pendant une durée variable pouvant atteindre 4 minutes.

La vidéo ci-dessous illustre une des séquences répétitives de la phase 1 de la naissance d'une larve (observation du 9 juin 2026, dans une figue immature de la variété unifère 'Bellone').

 

Silba adipata McAlpine : naissance de la larve.
(une des séquences répétitives de la phase 1).

 

Dans une phase 2, la larve essaie de s'extraire du chorion, en dégageant progressivement son corps de celui-ci par des contorsions vives. La durée de cette phase peut atteindre 2 minutes. Voir vidéo ci-après (observation du 9 juin 2026, dans une figue immature de la variété unifère 'Bellone').

 

Silba adipata McAlpine : naissance de la larve.
(phase 2 : dégagement progressif du corps par des contorsions vives).

 

Enfin, dans une phase 3, la larve quitte le chorion et, après quelques contorsions, plonge rapidement sous l'écaille ostiolaire de niveau plus bas la plus proche pour entamer son trajet vers le canal ostiolaire, par lequel elle rejoint la cavité centrale de la figue pour s'enfouir dans l'inflorescence. Il faut noter que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, la larve ne rejoint pas le centre de l'ostiole, la plongée s'effectuant au plus près du chorion.

D'autre part, si la plongée sous l'écaille ostiolaire de niveau plus bas est rapide, elle n'en est pas pour autant facile lorsque la larve se heurte à des écailles ostiolaires de niveau 1 (de texture coriace). La disparition complète de la larve sous la première écaille ostiolaire peut prendre jusqu'à 7 minutes. J'ai même observé une fois une larve qui a renoncé à essayer de se glisser sous une écaille ostiolaire et qui est revenue vers la surface de l'ostiole. Je pense que cette difficulté, ainsi que les renonciations éventuelles qu'elle engendre, expliquent pour partie la présence de larves mortes que l'on peut parfois constater sous les écailles ostiolaires. Une fois l'obstacle des écailles de niveau 1 franchie, la traversée des autres couches d'écailles horizontales et celle du canal ostiolaire sont rapides. Si je suspends l'examen du dessous des écailles de niveau 1 et 2 jusqu'à disparition de la larve sous l'écaille ostiolaire, lorsque je reprends et termine cet examen et que je passe à celui du canal ostiolaire, je ne retrouve pas la larve.

En résumé, des premiers frémissements de l'œuf à la disparition de la larve sous la première écaille ostiolare de niveau plus bas que celle sous laquelle l'œuf a été déposé, il se passe au maximum un quart d'heure.

La vidéo ci-dessous illustre la phase 3 de la naissance d'une larve (observation du 9 juin 2026, dans une figue immature de la variété unifère 'Bellone').

 

Silba adipata McAlpine : naissance de la larve.
(phase 3 : abandon du chorion et départ vers le canal ostiolaire ; taille de la larve : 0,8 mm).

 

 

 

Retour début page Début page   Retour au sommaire de l'article Sommaire