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Auteur : François DROUET. |
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Tests de figues, fausses pontes, pontes stériles
Lorqu'une femelle Silba adipata McAlpine arrive sur un figuier en situation de ponte, elle pond immédiatement sur une première figue et enchaîne sur une série ininterrompue de pontes successives, de longueur variable et qui peut concerner jusqu'à une vingtaine de figues (voir chapitre "Séquence de pontes d'une femelle sur le même figuier). Il existe cependant des facteurs d'atténuation ou d'annihilation de la nuisance des séquences de pontes, que j'expose ci-après selon le plan suivant : tests de figues, fausses pontes, pontes stériles.
TESTS DE FIGUES
NATURE ET TYPOLOGIE Selon mes observations des séquences de pontes, entre deux figues dans lesquelles elle pond successivement, la femelle Silba adipata McAlpine visite brièvement une ou plusieurs figues sans pondre dans celles-ci, semblant tester ces figues. Ce comportement est quasi systématique (seules les séquences de pontes très courtes peuvent en être dénuées), et le nombre de figues testées entre deux pontes successives varie de 1 à 5. J'ai pu établir la typologie suivante pour ces tests de figues. Type 1 : simple rebond de la femelle sur le haut de la figue, sans qu'elle ne s'y pose. Type 2 : la femelle se pose dans la région de l'ostiole, y effectue une courte marche en s'approchant des écailles ostiolaires, parfois jusqu'à les toucher, mais s'envole brusquement au bout de 2 à 5 secondes. Type 3 : la femelle se pose dans la région de l'ostiole, y marche plus longuement, traversant parfois l'ostiole et allant même, dans certains cas, jusqu'à plaquer son abdomen sur l'ostiole en position de ponte (mais sans sortir l'ovipositeur), avant de s'envoler brusquement. La présence dans la région ostiolaire de la figue est alors de l'ordre de 10 à 20 secondes, parfois plus. La vidéo qui suit montre une femelle Silba adipata McAlpine en fin de ponte sur une figue, qui procède ensute à deux tests de figues (de type 2) en 6 secondes.
Silba adipata McAlpine : femelle réalisant deux tests de figues en 6 secondes, après une ponte.
La vidéo ci-après montre une femelle Silba adipata McAlpine réalisant un test de figue de type 3 (en 8 secondes), sachant que son temps de présence sur la figue est plus long car la vidéo ne comprend pas la pose et le début du parcours sur celle-ci.
Silba adipata McAlpine : femelle réalisant un test de figue, après une ponte.
EXPLICATIONS POSSIBLES Je ne connais pas la raison précise des tests de figues entre deux pontes successives. La femelle évalue peut-être la configuration des écailles ostiolaires, et ne retient pas les figues présentant des écailles qui ne satisfont pas aux critères de longueur et de disposition requis pour la ponte (voir chapitre). Ou elle a peut-être besoin d'un temps de récupération après l'effort d'expulsion de 1 à 5 œufs au cours de la ponte dont elle sort, et elle renonce à la ponte sur la ou les figues visitées suivantes tant qu'elle n'est pas encore prête pour la réalisation d'une nouvelle ponte. Il faut souligner qu'il ne peut pas s'agir de tests visant à écarter systématiquement des figues déjà parasitées. En effet, les observations directes des femelles pondeuses (chapitre), l'examen des tailles des larves contenues dans une figue (chapitre), et l'observation des œufs présents dans une figue (chapitre), mettent en évidence la pluralité de pontes dans une même figue et permettent d'établir que les pontes multiples dans la figue peuvent être espacées de plusieurs jours. Ces observations ne permettent pas de déterminer si la femelle pondeuse détecte l'infestation de la figue, mais établissent que, si c'est le cas, cela ne l'empêche pas de pondre dans celle-ci.
FAUSSES PONTES
NATURE ET TYPOLOGIE J'ai observé que, lors de la séquence de pontes d'une femelle Silba adipata McAlpine sur le même figuier, certaines des figues donnant lieu à un comportement de ponte au niveau de l'ostiole pendant une durée souvent significative ne sont pas infestées : pas de dégâts de larves, ni de larves ; pas de détection d'œufs non éclos, ni d'enveloppes d'œufs vides, sous les écailles ostiolaires ou dans le canal ostiolaire, lors de l'examen au stéréomicroscope. J'ai constaté que lors de ces fausses pontes l'ovipositeur de la femelle est sorti et inséré sous les écailles ostiolaires, ce qui les différencie des tests de figues. Mais, ne sachant pas par avance qu'il s'agissait de fausses pontes, je n'ai pas vérifié si des mouvements de poussée aiu niveau de l'ovipositeur, tels qu'observés habituellement lors d'une ponte, ont bien eu lieu. En tout état de cause, lors de la fausse ponte, le comportement de ponte ne s'accompagne pas d'expulsion d'œufs, sans que je sache si cela est volontaire ou non, et sans que j'en connaisse la raison. J'ai noté l'occurrence de deux types de fausses pontes. Type 1 : la femelle ne se positionne qu'une fois sur l'ostiole, sans effectuer de va-et-vient au dessus de celui-ci, et l'ovipositeur reste inséré sous les écailles ostiolaires pendant toute la durée de la fausse ponte. Mais la femelle peut effectuer des mouvements latéraux du corps vers la droite ou vers la gauche (sans retirer l'ovipositeur). Type 2 : la femelle effectue des va-et-vient au-dessus de l'ostiole, subdivisant la ponte en plusieurs séquences avec retrait de l'ovipositeur des écailles ostiolaires chaque fois qu'elle pivote de 180 ° pour traverser l'ostiole, puis réinsertion de celui-ci dans les écailles ostiolaires une fois l'ostiole traversé.
OBSERVATION DE 2021 (FIGUES FLEURS D'UN FIGUIER BIFÈRE) Lors d'une séquence de sept pontes du 31 mars 2021 dans des figues fleurs de mon figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean', j'ai pu marquer par un lien en plastique six des sept figues attaquées et j'ai suivi quotidiennement leur évolution. Parmi celles-ci, deux figues (notées n° 3 et n° 6) ont donné lieu à un constat de fausse ponte. La figue n° 6 s'est desséchée au cours des 21 jours suivant la séquence de pontes, car elle relevait de la chute physiologique. Le 21 avril : figue jaunie avec traces rouges, diamètre 1,4 cm (inférieur de 1 mm à celui qu'elle présentait lors de la ponte), pas de trous de sortie de larve. Après ouverture : pas de dégâts de larves, ni de larves. A l'examen au stéréomicroscope : aucun œuf, ni aucune enveloppe d'œuf vide, sous les écailles ostiolaires ou dans le canal ostiolaire. Il n'y a donc eu aucun dépôt d'œufs dans la figue n° 6 au cours du comportement de ponte de la femelle sur l'ostiole longuement observé le 31 mars. La figue était alors entièment verte, non flétrie et elle présentait un diamètre de 1,5 cm. La figue n° 5 était toujours sur l'arbre le 3 juin (64 jours après la séquence de pontes) : diamètre 3,8 cm, couleur entièrement verte, sans trous de sortie de larve. Je l'ai ramassée pour vérifier si elle était infestée par Silba adipata McAlpine. A l'ouverture de la figue : pas de dégâts de larves, ni de larves. A l'examen au stéréomicroscope : aucun œuf, ni aucune enveloppe d'œuf vide, sous les écailles ostiolaires ou dans le canal ostiolaire. Il n'y a donc eu aucun dépôt d'œufs dans la figue n° 5 au cours du comportement de ponte de la femelle sur l'ostiole longuement observé le 31 mars.
OBSERVATION DE 2021 (FIGUIER UNIFÈRE) Lors d'une séquence de 3 pontes du 23 juin 2021 sur mon figuier de la variété unifère 'Bellone', j'ai repéré par une étiquette rouge chacune des figues visitées. Dès la fin de la séquence, j'ai ensaché les trois figues pour vérifier le temps d'incubation des œufs à cette période de la saison. Après désensachage des figues, 3 jours plus tard, deux d'entre elles (figues n° 2 et n° 3 de la séquence) se sont révélées non infestées. A l'ouverture : pas de dégâts de larves, ni de larves. A l'examen au stéréomicroscope : aucun œuf, ni aucune enveloppe d'œuf vide, sous les écailles ostiolaires ou dans le canal ostiolaire. J'avais chronométré de façon très précise les comportements de ponte de la femelle sur les 3 figues : va-et-vient sur l'ostiole d'une durée de 2 minutes et 5 secondes pour la figue n° 2, et de 1 minute et 26 secondes pour la figue n° 3. Pour la figue n° 1, non affectée par une fausse ponte car j'ai trouvé une enveloppe d'œuf vide sous une de ses écailles ostiolaires, le temps de ponte a été de 3 minutes et 54 secondes.
OBSERVATIONS DE 2026 En 2026, j'ai procédé à des tests en champ de la durée de l'incubation de l'œuf et du délai d'apparition des trous de sortie de larve, concernant Silba adipata McAlpine. Ces expérimentations ont porté en avril sur les figues fleurs d'un figuier bifère (variété 'Grise de la Saint-Jean') et en juin sur les figues d'un figuier unifère (variété 'Bellone'). Au titre des précautions méthodologiques à respecter pour ne pas fausser les résultats des tests, j'ai essayé de minimiser l'inclusion dans ceux-ci de figues pouvant avoir fait l'objet de fausses pontes lors de l'observation directe de la femelle pondeuse sur l'abre. Cela m'a conduit à écarter certaines pontes, trop courtes ou pas assez franches, et à prélever immédiatement la figue concernée afin d'analyser la zone ostiolaire pour vérifier l'absence présumée de dépôt d'œufs. L'ensemble des observations relatives aux fausses pontes recueillies au cours de ces tests en champ fera l'objet d'une publication dans le présent sous-chapitre au cours du dernier trimestre de 2026.
ATTÉNUATION DE LA NUISANCE DES SÉQUENCES DE PONTES Il faut noter que les fausses pontes constituent un facteur d'atténuation de la nuisance d'une séquence de pontes d'une femelle sur un même figuier, au même titre que la pluralité de pontes dans une même figue (pour celle-ci, voir chapitre).
PONTES STÉRILES
NATURE Les pontes stériles sont des dépôts d'œufs non fécondés, réalisés par des femelles qui ne se sont pas accouplées (donc, dont les spermathèques sont vides). Les œufs déposés sous les écailles ostiolaires de la figue ne donneront pas naissance à des larves. J'ignore le taux de pontes stériles qui existe chez Silba adipata McAlpine dans la nature (je n'ai pas réalisé d'observations personnelles et je n'ai pas trouvé d'informations à ce sujet dans la littérature spécialisée). L'existence des pontes stériles est attestée par B. I. KATSOYANNOS, qui a étudié en 1981 et 1982 des populations importantes de mouches noires du Figuier dans l'île de Chios (Grèce). Référence : KATSOYANNOS B. I., 1983, Field observations on the biology and behavior of the black fig fly Silba adipata McAlpine (Diptera, Lonchaeidae), and trapping experiments, Z. ang. Entomol. 95, pp. 471-476. L'auteur rapporte qu'il n'a pas observé d'accouplements parmi les mouches d'élevage obtenues à partir de larves contenues dans des figues infestées par Silba adipata McAlpine. Il indique que plus de 2000 œufs ont été déposés par les femelles dans les figues immatures mises à leur disposition, mais qu'aucun de ceux-ci n'a donné naissance à une larve. Ce qui est interprété par l'auteur comme la conséquence d'une absence d'accouplements.
EFFET SUR LA NUISANCE DES SÉQUENCES DE PONTES Je ne sais pas si le simple dépôt d'œufs dans la figue immature suffit à provoquer la chute de celle-ci, ou si c'est l'activité larvaire à l'intérieur de la figue qui seule peut en être la cause. Si le dépôt d'œufs sans naissance de larves ne provoque pas le dépérissement de la figue immature, une séquence de pontes stériles réalisée par une femelle sur un figuier serait dépourvue de toute nuisance pour la récolte de figues.
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