Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
Tous droits réservés 

 

 

Piégeage de masse

Phosphate diammonique (expérimentation 2)

 

 

 

Dans les chapitres précédents, j'ai traité le principe et les modalités du piégeage de masse de Silba adipata McAlpine, ainsi que les expériences de piégeage relevées dans la littérature.

Dans le présent chapitre, je rends compte d'une expérimentation personnelle du piégeage de masse de Silba adipata McAlpine avec pour attractif alimentaire le phosphate diammonique, menée en 2019 sur les deux récoltes de mon figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'.

 

Le phosphate diammonique est un attractif alimentaire largement utilisé pour le piégeage de masse de la mouche de l'olivier (Bactrocera oleae Rossi) et de la mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann). Mais ses résultats ne sont pas complètement satisfaisants pour ces deux ravageurs.

Phosphate diammonique utilisé comme attractif alimentaire pour le piégeage de masse de Silba adipata McAlpine

Phosphate diammonique utilisé comme attractif alimentaire pour le piégeage de masse de Silba adipata McAlpine

Utilisé en œnologie comme activateur de croissance des levures, on le trouve facilement dans les coopératives agricoles en paquets de 1 kg.

 

PARTIE 1 : RELEVÉ DES CONCLUSIONS

 

Pour mon expérimentation, j'ai utilisé le phosphate diammonique en solution aqueuse à 4 % (40 g/l) dans un piège de type McPhail à partie basse jaune.

Conclusion 1 : le piège n'est pas grandement efficace contre Silba adipata McAlpine (pertes : 58 % pour les figues fleurs et 27 % pour la deuxième récolte). Mais il pourrait posséder une efficacité relative contre cette espèce et il permet la capture d'un nombre élevé d'individus de Ceratitis capitata Wiedemann. Je vais donc renouveler la pose de ce piège les prochaines années, mais en association avec un piège appâté au sulfate d'ammonium plus spécifiquement dédié à la lutte contre Silba adipata McAlpine.

Conclusion 2 : dans les vergers commerciaux, il faut préférer le sulfate d'ammonium au phosphate diammonique dans la lutte contre Silba adipata McAlpine car il permet un nombre de captures plus élevé. Le phosphate diammonique doit être utilisé contre Ceratitis capitata Wiedemann (pour laquelle il constitue un bon attractif) et il exercera aussi une action secondaire appréciable contre Silba adipata McAlpine - communication d'Alain COSTA, ingénieur agricole consultant, selon ses observations personnelles.

 

PARTIE 2 : COMPTE-RENDU DE L'EXPERIMENTATION

 

Je rapporte ci-après mon expérimentation selon le plan suivant : dates et conditions de l'expérimentation, relevés des pièges, décomptes des captures / analyses, répartition des captures, décomptes des figues / analyses, évaluation de l'efficacité du piège.

 

DATES ET CONDITIONS DE L'EXPERIMENTATION

 

DISPOSITIF INITIAL

Le 20 mars 2019,  j'ai posé un piège sur un figuier conduit en demi-tige avec ramure aérée de la variété bifère 'Grise de la Saint-Jean' âgé de 25 ans.

Ce figuier, par suite d'une transplantation à l'âge de 20 ans pour laquelle il a été rabattu, mesure 3 mètres de haut et 4 mètres de large.

Piège de type McPhail posé dans un figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'

Piège de type McPhail posé dans un figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'
(photographie prise fin juin ; deux figues mûres sont ensachées contre les pies)

Les figues fleurs portées par l'arbre n'avaient alors la taille que d'un grain de poivre, très éloignée de la taille critique pour les attaques de Silba adipata McAlpine (diamètre de 1,5 cm).

Le piège posé était de type McPhail avec partie basse de couleur jaune, chargé avec une solution aqueuse à 40 g/l de phosphate diammonique en poudre.

Piège de type McPhail posé dans un figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'

Piège de type McPhail posé dans un figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean'

Le piège était suspendu en périphérie d'exposition sud du figuier, à 1,80 m du sol. Je n'avais pas repéré sur ce figuier de zones particulières de fréquentation habituelle par Silba adipata McAlpine.

J'ai posé le même jour un piège identique sur une touffe de la variété unifère 'Bellone', jouxtant le figuier précédent et présentant à peu près les mêmes dimensions (feuillages des deux arbres séparés de seulement 1 m, pour le passage).

L'objectif de ce second piège étant de comparer les captures de Silba adipata McAlpine effectuées sur les deux arbres jusqu'à la date d'atteinte de la taille critique d'attaque (diamètre 1,5 cm) par les figues de la touffe de variété 'Bellone'.

A partir de cette date, l'objectif était de poursuivre les observations du piège appâté au phosphate diammonique sur le seul figuier 'Grise de la Saint-Jean'.

En fin de la période de comparaison, devait débuter une autre expérimentation sur la touffe de la variété unifère 'Bellone' (celle d'un piège appâté au sulfate d'ammonium ; le compte rendu de cette expérimentation faisant l'objet d'un autre chapitre du présent site).

L'expérimentation a pris fin le 19 septembre, date du dernier relevé du piège au cours duquel j'ai ramassé les dernières figues mûres.

La durée de l'expérimentation a donc été de 183 jours (6 mois) - du 20 mars au 19 septembre 2019.

 

ADAPTATION DE L'EXPERIMENTATION

Le 13 juin, lors d'une inspection périodique incluant le mesurage des diamètres des figues au pied à coulisse, j'ai noté que quelques figues de la variété unifère 'Bellone' avaient tout juste la taille critique d'attaque de Silba adipata McAlpine (diamètre 1,5 cm).

J'ai supprimé le piège appâté au phosphate diammonique posé sur la touffe de 'Bellone', pour début sur celle-ci d'une nouvelle expérimentation avec un piège appâté au sulfate d'ammonium, indépendante de l'expérimentation menée sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean'.

A compter de cette date, au titre de l'expérimentation du phosphate diammonique, les relevés n'ont concerné que le seul piège du figuier 'Grise de la Saint-Jean'.

La veille (12 juin), lors du relevé n° 12, les plus grosses des figues de deuxième récolte de cette variété présentaient un diamètre de 1,5 à 1,8 cm, donc avaient atteint ou légèrement dépassé la taille critique d'attaque de Silba adipata McAlpine (diamètre 1,5 cm).

A cette même date, aucune figue fleur de la variété 'Grise de la Saint-Jean' n'était déjà mûre ou même au stade de véraison (début de mollissement et de changement de couleur). Les figues fleurs immatures (vertes et dures) avaient néanmoins atteint, pour la majorité d'entre elles, un diamètre de 3,8 à 4 cm.

Ainsi, à partir du 12 juin, le figuier 'Grise de la Saint-Jean' était attractif pour Silba adipata McAlpine pour la ponte tant dans les figues fleurs immatures que dans les figues de deuxième récolte immatures (en sus des activités de nutrition sur feuilles et sur rameaux de l'année).

 

RELEVÉS DES PIEGES

 

Je ne me suis fixé aucune fréquence de relevé des pièges ; j'ai nettoyé les pièges et complété ou renouvelé le liquide attractif à chaque relevé.

Le premier relevé a eu lieu le 27 mars 2019, soit 7 jours après la pose des pièges (20 mars). Le dernier relevé a été effectué le 19 septembre, soit 183 jours (6 mois) après la pose des pièges.

Les relevés ont été au nombre de 27 : 27 mars ; 7 et 27 avril ; 4, 12, 18 et 27 mai ; 1er, 5, 12, 21, 25, 28 et 30 juin ; 5, 9, 15, 19 et 24 juillet ; 3, 10, 16, 23 et 28 août ; 5, 12 et 19 septembre.

Entre le deuxième et le troisième relevé, il s'est écoulé 20 jours ; les autres relevés ont été effectués avec une fréquence variant de 2 à 11 jours.

Lors de chaque relevé du piège, j'ai recherché et ramassé sur l'arbre les figues attaquées par Silba adipata McAlpine (ramassage prophylactique, mais aussi examen des figues ramassées pour alimenter l'étude de la répartition des attaques dans la saison, couplée à l'expérimentation du piège).

 

DÉCOMPTES DES CAPTURES / ANALYSES

 

DECOMPTE DES CAPTURES DES DEUX PIEGES PENDANT LA PERIODE DE COMPARAISON

A la date du dernier relevé commun des deux pièges (12 juin), 84 jours après la pose des pièges (20 mars), le décompte des captures s'établissait comme suit :

- Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) : 26 individus, dont 19 femelles et 7 mâles ; se répartissant en 4 individus (femelles) pour le figuier 'Grise de la Saint-Jean' et 22 individus (15 femelles et 7 mâles) pour la touffe de 'Bellone'.

- Mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann) : 2 femelles (détectées les 1er et 5  juin sur le figuier 'Bellone').

- Autres mouches et insectes divers (hors insectes de taille de l'ordre d'un millimètre) : environ 180 individus pour le figuier 'Grise de la Saint-Jean' et 250 individus pour la touffe de la variété 'Bellone'.

Il faut souligner que pendant toute cette période de piégeage, aucune des figues de la touffe de la variété unifère 'Bellone' n'avait la taille critique d'attaque de Silba adipata McAlpine (diamètre de 1,5 cm).

Mais les mouches noires pouvaient attaquer les figues fleurs immatures portées par un figuier de la variété 'Grise de la Saint-Jean' qui jouxte la touffe de la variété 'Bellone'.

 

DECOMPTE DES CAPTURES SUR LE FIGUIER 'GRISE DE LA SAINT-JEAN'

Ce décompte est le cumul constaté pour la totalité de la durée de l'expérimentation, depuis la pose du piège (20 mars) sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean'. Il inclut donc les captures réalisées pendant la période de comparaison entre les deux pièges (qui a pris fin le 12 juin).

A la date du 19 septembre - dernier relevé, fin de l'expérimentation, soit pour une période de piégeage de 183 jours (6 mois), le décompte des captures sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean' s'établit comme suit :

- Mouche noire du Figuier (Silba adipata McAlpine) : 10 (6 femelles et 4 mâles).

- Mouche méditerranéenne des fruits (cératite, Ceratitis capitata Wiedemann) : 320 (en majorité des femelles).

- Autres mouches et insectes divers (hors insectes de taille de l'ordre d'un millimètre) : 1000.

Répartition des captures de Silba adipata McAlpine : 20 mars au 12 juin (85 jours) : 4 femelles ; du 13 juin au 24 juillet (41 jours) : aucune capture ; du 25 juillet au 3 août (10 jours) : 4 mâles ; 4 au 10 août (7 jours) : aucune capture ; 11 au 16 août (6 jours) : 1 femelle ; 17 au 28 août (12 jours) : aucune capture : 29 août au 5 septembre (8 jours) : 1 femelle ; 6 au 19 septembre (14 jours) : aucune capture.

 

APPRECIATION DU NOMBRE DE CAPTURES

A la date du dernier relevé de l'année, je note que le nombre de captures d'individus de Silba adipata McAlpine est très faible : 10 individus pour 183 jours (6 mois) de piégeage, soit 1 capture tous les 18 jours.

Mais, on peut supputer que la capture de 22 individus de Silba adipata McAlpine par le piège McPhail appâté au phosphate diammonique posé jusqu'au 12 juin sur la touffe de la variété unifère 'Bellone' a été bénéfique au figuier 'Grise de la Saint-Jean' (1 m sépare les feuillages des deux figuiers).

Etant souligné que, jusqu'à cette date, les figues portées par la touffe de la variété unifère 'Bellone' n'avaient pas atteint la taille critique d'attaque par Silba adipata McAlpine (diamètre de 1,5 cm).

Si l'on considère qu'en l'absence du piège posé sur la touffe de la variété 'Bellone', c'est le piège posé sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean' qui aurait réalisé les 22 captures, la moyenne des captures sur ce figuier pour les 6 mois de l'expérimentation passe à 1 capture tous les 8 jours.

Elle s'améliore, mais reste très faible.

 

OBSERVATION CONNEXE (PERIODE DU 20 MARS AU 12 JUIN)

Pour la période du 20 mars (pose des deux pièges) au 12 juin (veille du retrait du piège au phosphate diammonique posé sur la touffe de la variété 'Bellone'), je constate que le nombre de captures de mouches noires du Figuier réalisées dans la touffe dense de 'Bellone' est 5,5 fois plus élevé que celui des captures effectuées sur l'arbre conduit sur tronc et à la ramure aérée de 'Grise de la Saint-Jean'.

Alors même que la touffe de variété unifère 'Bellone' n'a porté aucune figue de la taille critique d'attaque de Silba adipata McAlpine (diamètre de 1,5 cm) jusqu'au relevé n° 10 (12 juin). Lors de ce relevé, seulement deux figues avaient atteint la taille critique, sans la dépasser.

Cela confirme la préférence de Silba adipata McAlpine pour les figuiers conduits en touffes denses, signalée par d'autres observateurs (tel que je le rapporte au chapitre "Types de figuiers attaqués").

Je remarque que le nombre de captures d'autres insectes divers est également plus élevé sur la touffe de 'Bellone' que sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean', mais dans une proportion nettement moindre (1,4 fois).

Ce qui dénote l'attraction plus marquée de la végétation dense pour Silba adipata McAlpine.

 

REPARTITION DES CAPTURES

 

APPARITION DE LA PREMIERE GENERATION

Lors du premier relevé, le 27 mars, je n'ai trouvé aucun spécimen de Silba adipata McAlpine dans le piège posé sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean', ni dans celui posé sur le figuier 'Bellone'.

J'avais noté qu'à cette date les plus grosses figues fleurs (variété 'Grise de la Saint-Jean') présentaient un diamètre de 1,4 cm (et même 1,6 cm pour l'une d'entre elles).

Lors du second relevé, le 7 avril, le piège posé sur le figuier 'Bellone' contenait 12 mouches noires du Figuier femelles et celui posé sur le figuier 'Grise de La Saint-Jean' en contenait 1, également femelle.

Je note donc que pour la saison 2019 la première mouche noire du Figuier a été piégée entre le 28 mars et le 7 avril, à une date que je n'ai pas pu déterminer en raison de la fréquence de mes relevés.

 

REPARTITION DES CAPTURES

Pour la période de comparaison des deux pièges (du 20 mars au 12 juin, soit environ 3 mois), j'ai pris en compte les captures dans les deux pièges.

Après le retrait du piège posé sur la touffe de 'Bellone' et jusqu'à la fin de l'expérimentation (du 13 juin au 19 septembre, soit environ 3 mois), l'analyse a porté sur les captures du piège posé sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean'.

Après l'apparition de la première génération de Silba adipata McAlpine (relevé n° 2 du 7 avril - 13 captures), j'ai identifié 6 périodes de captures : faible nombre de captures, captures exclusives d'individus mâles, captures de femelles en faible nombre, absence de captures, captures exclusives d'individus mâles,  captures de femelles en faible nombre.
 

- Période de faible nombre de captures (8 avril - 27 mai ; 50 jours).

Les cinq relevés qui suivent l'émergence de la première génération montrent pendant une période de 7 semaines soit l’absence de captures dans les deux pièges, soit la présence d’un unique individu dans l’un des deux pièges (pour un total de 4 individus).

L'explication pourrait en être (hypothèse) que le type de piégeage utilisé aurait une certaine efficacité lors de l'apparition d'une nouvelle génération (individus fortement demandeurs d’aliments pour leur premier besoin et non habitués au milieu local), puis ne serait plus vraiment efficace pour des individus en recherche régulière d’aliments et habitués au milieu local.
 

 - Période avec captures exclusives d'individus mâles (28 mai - 5 juin ; 9 jours).

Lors du relevé du 1er juin, le piège posé sur le figuier 'Grise de La Saint-Jean' ne contenait aucune mouche noire du Figuier et celui posé sur le figuier 'Bellone' contenait 5 mouches noires du Figuier mâles.

Ce nombre d'individus mâles en l'absence de femelles pouvait être le premier signe de l'émergence de la seconde génération de l'année. En effet, j'ai observé lors de mes tests en boîtes d'émergence que les mâles sortent des pupes avant les femelles.

En fait, lors du relevé suivant (5 juin), j'ai constaté qu'il n'en était rien car seul un individu mâle de Silba adipata McAlpine a été détecté (dans le piège sur 'Bellone', l'autre piège ne contenant aucun individu de l'espèce). 
 

-  Période de captures de femelles en faible nombre (6 juin - 12 juin ; 7 jours).

Pendant cette semaine, le piège posé sur le figuier 'Grise de La Saint-Jean' a capturé 2 individus femelles et celui posé sur le figuier 'Bellone' en a capturé 1.
 

- Période d'absence de captures (13 juin au 24 juillet ; 41 jours).

Pendant cette période de 6 semaines, aucune capture n'a été constatée dans le seul piège restant (figuier 'Grise de la Saint-Jean').
 

 - Période avec captures exclusives d'individus mâles (25 juillet au 3 août ; 10 jours).

Pendant cette semaine et demi, capture de 4 mâles dans le seul piège restant (figuier 'Grise de la Saint-Jean').

Ce nombre d'individus mâles en l'absence de femelles aurait pu être le premier signe de l'émergence d'une nouvelle génération. Mais cela n'a pas été le cas. Les captures suivantes sont restées peu nombreuses et très espacées.
 

-  Période de captures de femelles en faible nombre (4 août - 19 septembre; 47 jours).

Lors des relevés de cette période de 7 semaines, j'ai observé l'alternance régulière de sous-périodes d'une à deux semaines sans aucune capture et de sous-périodes d'une semaine avec la capture de 1 femelle.

Je note que la dernière capture de la saison a eu lieu entre le 29 août et le 5 septembre.

 

DÉCOMPTES DES FIGUES / ANALYSES

 

DECOMPTES DES FIGUES

A la date du 19 septembre (dernier relevé, fin de l'expérimentation), les décomptes des figues 'Grise de la Saint-Jean' depuis la pose du piège (20 mars), soit pour une période de 183 jours (6 mois), s'établissent comme suit.

Figues attaquées par Silba adipata McAlpine :

- Figues fleurs immatures : 54.

- Figues fleurs décelées au stade de la véraison ou mûres : 5.

- Figues de deuxième récolte immatures : 140.

- Figues de deuxième récolte décelées au stade de la véraison ou mûres : 6.

Figues mûres saines récoltées :

- Figues fleurs : 42.

- Figues de deuxième récolte : 392.

 

ANALYSE DES DECOMPTES DE FIGUES FLEURS

Cette année (2019), la récolte de figues fleurs a été assez faible : 101 figues.

Les figues fleurs attaquées par Silba adipata McAlpine (59) représentent 58 % de la production. Parmi celles-ci, 5 ont été décelées mûres ou au stade de la véraison, soit 5 % de la production.

Les figues fleurs récoltées mûres et saines (42) représentent 42 % de la production.

Je n'ai pas constaté d'attaques de Ceratitis capitata Wiedemann sur les figues fleurs.

 

ANALYSE DES DECOMPTES DE FIGUES DE DEUXIEME RECOLTE

Cette année (2019), le nombre de figues de deuxième récolte a été assez important : 538 figues.

Les figues de deuxième récolte attaquées par Silba adipata McAlpine (146) représentent 27 % de la production. Parmi celles-ci, 6 ont été décelées mûres ou au stade de la véraison, soit 1,12 % de la production.

Les figues de deuxième récolte mûres et saines (392) représentent 73 % de la production.

Remarque : j'ai constaté peu d'attaques de Ceratitis capitata Wiedemann sur les figues de deuxième récolte (mais le nombre d'individus de l'espèce capturés dans le piège a été important pendant certaines périodes).

 

ANALYSE DE LA PRODUCTION GLOBALE DE L'ANNEE

Cette année (2019), le nombre total des figues produites par les deux récoltes du figuier 'Grise de la Saint-Jean' a été moyen et s'élève à 639 (101 figues fleurs et 538 figues de deuxième récolte).

Je remarque que, par rapport aux productions annuelles que j'ai pu constater pour cet arbre, la production de figues fleurs a été faible et celle des figues de deuxième récolte assez importante.

Les figues attaquées par Silba adipata McAlpine (205) représentent 32 % de la production de l'année et sont inégalement réparties entre les deux récoltes : 58 % des figues fleurs et 27 % des figues de deuxième récolte.

Je note que les figues fleurs ont été attaquées 2 fois plus que les figues de deuxième récolte.

Les figues attaquées décelées mûres ou au stade de la véraison (11) représentent 2 % de la production de l'année (5 % de la production des figues fleurs et 1,12 % de celle des figues de deuxième récolte).

Ainsi, les figues infestées décelées mûres ou au stade de la véraison sont presque 5 fois plus nombreuses pour les figues fleurs que pour les figues de deuxième récolte.

Les figues récoltées mûres et saines (434) représentent 68 % de la production de l'année, se répartissant en 42 % de la production des figues fleurs et 73 % de la production des figues de deuxième récolte.

 

EVALUATION DE L'EFFICACITE DU PIEGE

 

EFFICACITE RELATIVE

Les pertes de figues dues aux attaques de Silba adipata McAlpine sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean' sont importantes : 32% (soit pratiquement le tiers) du cumul de la production des figues de l'année (deux récoltes).

La pose d'un piège vraiment efficace aurait dû éviter pratiquement toute perte de figues et non pas aboutir à ce qu'une figue sur trois soit perdue...

Le piège pourrait quand même s'avérer utile s'il permettait de sauvegarder plus de figues que récoltées en l'absence de piège.

Mais, j'ai constaté cette année sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean' une perte de figues engendrée par les attaques de Silba adipata McAlpine significativement plus importante que lors des années précédentes (au cours desquelles je n'ai pas posé le piège).

Néanmoins, en toute rigueur, on ne peut exclure que, même si les pertes sont plus importantes cette année que l'année précédente, elles auraient été encore plus importantes sans la pose du piège.

Conclusion : le piège de type McPhail appâté avec une solution aqueuse (40 g/l) de phosphate diammonique n'est pas grandement efficace contre Silba adipata McAlpine, mais il pourrait posséder une efficacité relative.

 

UTILITÉ DU PIEGE TESTÉ

Je note que le piège posé sur le figuier 'Grise de la Saint-Jean' a capturé environ 320 cératites (Ceratitis capitata Wiedemann) pendant les 6 mois de pose.

Les deux premiers individus de l'espèce ont été capturés dans mon jardin les 1er et 5  juin (sur le figuier 'Bellone').

Mais le premier groupe d'individus n'a été capturé qu'à la mi-juin (figuier 'Grise de la Saint-Jean'). Il convient donc de rapporter le nombre de captures à une période de 3 mois, soit environ 90 jours.

La moyenne quotidienne des captures de cératites s'établit donc à 3,6. Cependant, j'ai dénombré certaines semaines 70 cératites capturées, soit 10 cératites par jour pendant la semaine considérée.

Je suppute que cela constitue l'un des facteurs expliquant mon constat d'un très faible nombre de figues 'Grise de la Saint-Jean' infestées par la cératite.

Cette utilisation dans la lutte contre Ceratitis capitata Wiedemann me paraît constituer la raison principale pour continuer à poser dans les années à venir le piège de type McPhail à partie basse jaune appâté avec une solution aqueuse de phosphate diammonique (40 g/l).

Sa pose pour la lutte contre Ceratitis capitata Wiedemann permettra aussi de bénéficier de façon secondaire de son action relative éventuelle contre Silba adipata McAlpine.

En ce qui concerne l'action spécifique contre Silba adipata McAlpine, je lui préfère le piège appâté au sulfate d'ammonium, pour lequel l'expérimentation que j'ai menée en 2019 sur le figuier de la variété 'Berllone' a révélé une efficacité relative appréciable, même si elle est limitée. Voir chapitre relatif à cette expérimentation.

Conclusion : je vais renouveler la pose du piège appâté au sulfate diammonique les prochaines années mais en association avec un piège appâté au sulfate d'ammonium, plus spécifiquement dédié à la lutte contre Silba adipata McAlpine.

 

EFFICACITE DU PHOSPHATE DIAMMONIQUE EN VERGERS COMMERCIAUX

Selon Alain COSTA, ingénieur agricole qui conseille les producteurs de figues de la région d'Albatera (Espagne), où se trouvent 216 ha de vergers commerciaux plantés de la variété bifère précoce 'Colar de Albatera', il faut préférer le sulfate d'ammonium au phosphate diammonique pour le piégeage de masse de Silba adipata McAlpine car il permet un nombre de captures plus élevé.

Référence : COSTA A., 2019, El cultivo de la Higuera en el campo de Albatera, Newton publicaciones, 183 pages (ISBN 978-84-943430-3-2).

Alain COSTA m'a fourni les indications complémentaires suivantes.

Selon son expérience, il n' existe aucun piège complètement efficace pour le piégeage de masse.

Mais il souligne que pour le producteur de figues, les captures d'individus de Silba adipata McAlpine et de Ceratitis capitata Wiedemann, même en nombre parfois moins important que souhaité, s'avèrent une aide très appréciable, compte tenu qu'il n'existe aucun insecticide autorisé et que le coût du piégeage de masse est très faible.

En 2019, le coût de 1 kg de phosphate diammonique est de 56 centimes d'euro. Avec une dose de 40 g/l on prépare 25 litres de solution, ce qui permet de remplir 50 pièges de type OLIPE ou McPhail dosés à 500 ml de solution. Le coût de renouvellement de la solution s'établissant à 1,12 centime par piège.

Alain COSTA pense que ces très faibles coûts permettent de poser un piège (ou plus) par figuier et que, quelle que soit l'efficacité relative des pièges, la valeur commerciale du gain de récolte engendré est supérieure au coût des pièges.

Il indique aussi qu'il a observé que l'utilisation de pièges dans les vergers commerciaux démultiplie l'efficacité sur chacun des figuiers par rapport au résultat constaté sur un figuier unique pourvu d'un seul piège. Cet effet de masse démultiplicateur étant d'autant plus grand que le nombre de pièges posés à l'hectare est plus élevé.

 

L'étude de la répartition des attaques de Silba adipata McAlpine au fil de la saison, que j'ai couplée à la présente expérimentation, se répartit entre un chapitre relatif aux figues fleurs et un chapitre concernant la deuxième récolte.

L'analyse des tailles des figues attaquées (réalisée au cours de l'expérimentation) a été intégrée dans le chapitre "Taille et position des figues attaquées".

 

 

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