Silba adipata McAlpine

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Auteur : François DROUET
Photographies : François DROUET

(sauf indications)
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Symptômes de l'attaque

 

 

 

Je présente ci-après les cinq symptômes qui permettent d'identifier avec certitude l'attaque de Silba adipata McAlpine (mouche noire du Figuier), puis j'alerte sur la confusion à éviter avec les figues relevant de la chute physiologique.

 

LES CINQ SYMPTÔMES

 

PREMIER SYMPTÔME
 

Le premier phénomène anormal observé par le propriétaire d'un figuier qui ne connaît pas la mouche de la figue (Silba adipata McAlpine) est la chute importante de petites figues immatures dures (le délai séparant la ponte de la chute au sol fait l'objet d'observations présentées dans le chapitre consacré à quatre délais associés à des stades d'évolution de la figue attaquée).

Selon mes observations, les figues immatures peuvent être attaquées dès qu'elles ont atteint un diamètre de 1,1 cm.

Mais la plupart d'entre elles sont attaquées plus tard.

J'ai pu établir que la taille des figues attaquées continue à augmenter après la ponte, pendant le délai séparant celle-ci de l'abscission. Et, selon mes mesures (pied à coulisse), pour les trois quarts des figues attaquées d'une variété unifère l'augmentation du diamètre varie de 0,5 à 0,9 cm (voir chapitre "Accroissement de la taille des figues attaquées).

Le plus souvent, le diamètre des figues attaquées que l'on ramasse sur le sol mesure entre 2,2 à 2,8 cm (parfois, il dépasse 3,5 cm).

Si l'on considère un accroissement du diamètre de la figue attaquée de 0,7 cm après la ponte, la taille de ramassage indique que les figues ont été attaquées lorsqu'elles présentaient un diamètre de 1,5 à 2,1 cm (parfois 3 cm).

 

DEUXIEME SYMPTÔME
 

En fait, pour les variétés de figues devenant foncées à maturité (noires, violettes, rouges, grises, bronze...), le tout premier symptôme que l'on peut observer est l'apparition d'une zone rouge violacé sur la figue immature verte et dure alors qu'elle est encore sur l'arbre.

Cette zone paraît plus ou moins violette selon la distance et l'incidence de la lumière.

Elle est d'importance variable : teinte légère lavant faiblement la couleur verte de la figue immature sur une partie de celle-ci (souvent le sommet de la figue), tache bien individualisée plus ou moins grande, partie importante ou totalité de la figue devenue rouge violacé.

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature
(la figue à droite est lavée de rouge violacé : elle est touchée)

 

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature

Mouche de la figue : symptôme de l'attaque sur figue immature
(noter la tache latérale rouge violacé trahissant que la figue est touchée)

En observant attentivement les figues sur l'arbre avant qu'une chute importante ne se produise, on peut détecter l'attaque très tôt et anticiper son extension par la mise en oeuvre d'un moyen de lutte contre Silba adipata McAlpine.
 

Remarque

Dans le cas de variétés de figues restant vertes à maturité, ce deuxième symptôme n'existe pas.

Les figues immatures dures attaquées restent entièrement de couleur verte et chutent sans avoir viré au rouge violacé, même très légèrement.

Voir détails au chapitre spécifique à ce type de figues.

 

TROISIEME SYMPTÔME
 

Cherchez des trous de sortie de larve sur les figues attaquées, celles sur l'arbre et celles qui ont chuté au sol.

Vous trouverez un à quatre trous par figue attaquée (le plus souvent 3).

Mouche de la figue : trois trous de sortie de larve sur figue immature ramassée au sol

Mouche de la figue : trois trous de sortie de larve sur figue immature ramassée au sol

 

Silba adipata McAlpine : détail des trous de sortie de larve

Silba adipata McAlpine : détail des trous de sortie de larve

Expliquons ces trous.

La mouche noire du Figuier dépose un à quatre œufs sous une écaille de l'ostiole. Elle ne perce donc pas de trou à travers l'épiderme de la figue.

A sa naissance, la larve se rend dans la cavité centrale de la figue à travers le conduit ostiolaire. Lorsqu'elle a atteint sa taille maximale, elle sort de la figue en forant un trou dans l'épiderme de celle-ci (le plus souvent alors que la figue est encore sur l'arbre, donc la larve tombe au sol).

Silba adipata McAlpine : larve abandonnant la figue et laissant un trou de sortie

Silba adipata McAlpine : larve abandonnant la figue et laissant un trou de sortie

Il faut noter que le nombre de trous de sortie de larve peut ne pas refléter le nombre de larves qui étaient dans la figue attaquée par Silba adipata McAlpine. En effet, il arrive que des larves empruntent un trou déjà foré par une autre larve pour abandonner la figue.

L'abandon des figues par les larves est rarement observable sur le figuier. Mais si l'on isole individuellement les figues attaquées dans des boîtes en plastique pour congélation lors du ramassage, on peut observer que les grosses larves (6 à 7 mm) quittent assez rapidement les figues (quelques minutes, parfois plus) et qu'elles sortent soit par un trou déjà foré (jusqu'à deux, en plus de celle qui a foré le trou), soit en forant chacune un trou de sortie (cas le plus fréquent). J'ai observé aussi le cas intermédiaire : pour la même figue, certaines larves forent un nouveau trou, d'autres utilisent un trou existant. Pour étudier le phénomène, il faut compter les trous éventuelement présents au ramassage, les trous après sortie de toutes les larves et les larves dans la boîte. Je retire de ces observations qu'une larve ne quitte pas systématiquement la figue par un trou déjà foré, même si une autre larve l'a fait.

Les trous de sortie de larve sont très petits et présentent souvent une taille variable. Selon les mesures de F. SILVESTRI, les trous font 0,5 à 0,7 mm de diamètre.

Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

Ils sont plus ou moins facilement visibles. Souvent, ils apparaissent comme une tache noirâtre contrastant avec l'épiderme vert de la figue immature ou le voile violet qui témoigne de l'attaque. Mais, pour détecter certains d'entre eux, il faut l'aide d'une loupe et un examen attentif.

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Mouche noire du Figuier : trou de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

 

Mouche de la figue : figue immature attaquée encore sur l'arbre

Mouche de la figue : figue immature attaquée encore sur l'arbre
(un oeil exercé aperçoit des trous de sortie de larve)

 

Mouche de la figue : deux trous de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre

Mouche de la figue : deux trous de sortie de larve sur figue immature encore sur l'arbre
(noter que le diamètre des trous est significativement variable)
 

Les figues attaquées ayant chuté au sol présentent toutes des trous de sortie de larve (sauf exceptions). Mais, parmi celles présentes sur l'arbre, certaines en sont dépourvues : les larves sont à l'intérieur car elles n'ont pas encore complètement terminé leur développement.

Selon les observations de F. SILVESTRI,  la durée de séjour de la larve dans la figue est de 24 jours en avril et de 7 à 8 jours en été.

Référence : SILVESTRI F., 1917, Sulla Lonchaea aristella Beck. (Diptera : Lonchaeidae) dannosa alle infiorescenze e fruttescenze del caprifico e del fico, Bollettino del Laboratorio di Zoologia Agraria in Portici, vol.12, pp. 123 -146.

 

QUATRIEME SYMPTÔME
 

En ouvrant les figues immatures attaquées (tombées ou encore sur l'arbre), vous observerez des zones brunâtres au centre et des gros trous dans le parenchyme situé entre l'épiderme et l'inflorescence (placenta).

Silba adipata McAlpine  : dégâts dans figues immatures

Silba adipata McAlpine : dégâts dans figues immatures

La zone brunâtre centrale résulte de l'action des jeunes larves (de petite taille), qui consomment les fleurs dans la cavité centrale. Les gros trous dans le parenchyme correspondent aux galeries creusées par les larves lorsqu'elles sont plus âgées (donc de plus grosse taille) et qu'elles ont quitté la cavité centrale.

Mouche de la figue : les deux types de dégâts internes (zone brunâtre centrale et trou de galerie dans le parenchyme)

Mouche de la figue : les deux types de dégâts internes (zone brunâtre centrale et trou de galerie dans le parenchyme)

La plupart des figues attaquées ouvertes présentent plusieurs trous dans le parenchyme car les grosses larves creusent plusieurs galeries dans celui-ci, et le diamètre des galeries est souvent variable au sein de la même figue (photographies ci-après).

Silba adipata McAlpine : intérieur d'une petite figue immature infestée

Silba adipata McAlpine : intérieur d'une petite figue immature infestée

 

Silba adipata McAlpine : intérieur d'une figue immature infestée

Silba adipata McAlpine : intérieur d'une figue immature infestée
(noter la présence de 3 trous de galerie dans le parenchyme, de diamètre différent)

Mais, selon le délai qui sépare la ponte de Silba adipata McAlpine du ramassage de la figue, il se peut que les dégâts internes ne comportent pas de trous dans le parenchyme car les larves ne se déplacent vers celui-ci pour y creuser des galeries que lorsqu'elles ont atteint une certaine taille.

 

CINQUIEME SYMPTÔME

Il s'agit de larves visibles à l'intérieur des figues attaquées qui ne présentent pas de trous de sortie de larve.

La larve responsable des dégâts à l'intérieur de la figue est un petit asticot blanchâtre, généralement difficilement visible à l'intérieur des figues touchées que l'on ouvre. 

Dans la plupart des cas, elle a déjà quitté la figue et, si elle s'y trouve encore (absence de trous de sortie de larve), sa petite taille la rend difficile à repérer.

Mouche de la figue : la larve est un asticot de petite taille

Mouche de la figue : la larve est un asticot de petite taille (ci-dessus, vers le pédoncule)
(0,8 mm à la naissance, 7 mm à complet développement)
 

Dans certains cas, on peut voir plus facilement une ou plusieurs larves en coupant la figue attaquée en deux dans le sens de la largeur. Cela se produit notamment si la figue, même de petite taille, présente une cavité centrale importante.

Mouche de la figue : figue attaquée avec début de coloration dans la zone de l'ostiole et sans trou de sortie de larve

Mouche de la figue : figue attaquée avec début de coloration dans la zone de l'ostiole et sans trou de sortie de larve

 

Mouche de la figue : détection de larves dans la cavité centrale de la figue (après coupe transversale)

Mouche de la figue : détection de larves dans la cavité centrale de la figue (après coupe transversale)
(intérieur de la cavité centrale brun roux, avec larves blanchâtres)

Dans d'autres cas, les larves n'apparaissent que si l'on fragmente la petite figue immature attaquée.

Mouche de la figue : détection de larves après fragmentation d'une figue attaquée

Mouche de la figue : détection de larves après fragmentation d'une figue attaquée

 

Silba adipata McAlpine : détection de larve après fragmentation d'une figue attaquée

Silba adipata McAlpine : détection de larve après fragmentation d'une figue attaquée
 

Remarque

Dans certains cas, les larves sont minuscules (1 à 1,5 mm de longueur) car peu âgées et il est impossible de les détecter alors que la figue présente des dégâts internes et ne porte pas de trous de sortie de larve. Même en fragmentant la petite figue immature en de très nombreux morceaux et en s'aidant d'une forte loupe.

Ce qui semble difficile à croire pour qui ne l'a jamais vécu...

Selon mes observations, cela procède d'une particularité de comportement de la larve de Silba adipata McAlpine très peu âgée : elle ne sort pas d'elle même de la figue lorsque l'on fragmente cette dernière et y reste tapie. On ne détecte pas de mouvements.

Et, lorsque la fragmentation de la figue est telle que la larve est elle-même fragmentée, les morceaux de larve restent indétectables (taille minuscule, couleur identique à celle de l'inflorescence et du parenchyme, absence de mouvements).

Au cours de mes recherches de larves dans plusieurs milliers de figues immatures rougies, je n'ai capturé que 5 larves de longueur inférieure ou égale à 2 mm.

Même si, à plusieurs reprises, j'ai pu en apercevoir brièvement dans la cavité centrale à l'ouverture de la figue. Je les ai vues alors plonger rapidement dans l'inflorescence et je ne suis pas parvenu à les retrouver, malgré une recherche méthodique.

 

Nous venons de voir les cinq clefs d'identification de l'attaque de Silba adipata McAlpine.

Des observations complémentaires permettent d'affiner l'appréhension des symptômes précités, ainsi que d'apprécier des cas particuliers d'attaques (voir chapitre spécifique).

Et, pour une meilleure lisibilité, je traite dans des chapitres séparés les cas des symptômes de l'attaque pour les figues restant vertes à maturité, les figues mûres, les figues sèches et les caprifigues.

 

NE PAS CONFONDRE AVEC LA CHUTE PHYSIOLOGIQUE

 

Selon mes observations sur plusieurs variétés de Figuier (diamètres des figues attaquées mesurés au pied à coulisse), la taille minimale à partir de laquelle la mouche noire du Figuier attaque les figues immatures (taille critique) est de 1,1 cm de diamètre.

Voir détails et exemples photographiques au chapitre "Taille des figues attaquées".

Mais, il n'est pas rare de trouver sur un rameau une ou plusieurs toutes petites figues qui ont viré tout ou partie au rouge et dont la taille est inférieure à la taille critique d'attaque par Silba adipata McAlpine.

Elles relèvent généralement de la chute physiologique, parfois d'attaques de la chenille de la teigne du Figuier. Il ne faut pas les confondre avec les figues rougies attaquées par Silba adipata McAlpine.

Voir détails et exemples photographiques au chapitre "Figues rougies non attaquées".

 

 

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